Georg Trakl : Délire / Delirium

La neige noire qui des toits s’écoule.
Un doigt rouge s’enfonce dans ton front
Dans la chambre nue des névés bleus sombrent,
Qui d’amoureux sont les miroirs défunts.
En lourds morceaux se rompt la tête et pense
Aux ombres miroitées en névés bleus,
Au froid sourire d’une fille morte.
Senteurs d’œillet, où le vent du soir pleure.

***

Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

***

Der schwarze Schnee, der von den Dächern rinnt;
Ein roter Finger taucht in deine Stirne
Ins kahle Zimmer sinken blaue Firne,
Die Liebender erstorbene Spiegel sind.
In schwere Stücke bricht das Haupt und sinnt
Den Schatten nach im Spiegel blauer Firne,
Dem kahlen Lächeln einer toten Dirne.
In Nelkendüften weint der Abendwind.

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