Georg Trakl : Le Soir (dans ses deux versions) / Am Abend (beide Fassungen)

1ère version

Encore est jaune l’herbe, et l’arbre gris et noir,
Mais d’un pas verdissant tu longes la forêt,
Petit, qui de tes grands yeux guignes le soleil.
Oh qu’ils sont beaux, les cris radieux des oiselets !

La rivière descend des monts, froide et limpide,
Et sonne en sa verte cachette ; ainsi tes jambes
Sonnent, quand ivre tu les meus. Marche sauvage

Dans le bleu ; esprit sortant des arbres, des herbes amères,
Vois ta forme. Ô folie ! l’amour se penche sur du féminin,
Sur de bleuâtres eaux. Ô calme et pureté !

Le bourgeon garde beaucoup, Vert ! déjà très sombre,
Le front, rachète-le avec l’humide ramée du soir,
Pas et mélancolie sonnent en concert dans du soleil pourpre.

2ème version

Encore est jaune l’herbe, et l’arbre gris et noir,
Mais dans le soir un Vert se lève, crépuscule.
La rivière descend des monts, froide et limpide,
Et sonne, cachée dans le roc ; ainsi tes jambes
Sonnent quand ivre tu les meus. Marche sauvage
Dans le bleu ; et les cris radieux des oiselets.
Déjà très sombre, plus profondément s’incline
Le front sur de l’eau bleuâtre et du féminin ;
Se couchant de nouveau dans la verte ramée du soir.
Pas et mélancolie sonnent en concert dans du soleil pourpre.

***

Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

***

1. Fassung

Noch ist gelb das Gras, grau und schwarz der Baum
Aber mit ergrünendem Schritt gehst du am Wald hin,
Knabe, der mit großen Augen in die Sonne schaut.
O wie schön sind die entzückten Schreie der Vögelchen.

Der Fluß kommt von den Bergen kalt und klar
Tönt im grünen Versteck; also tönt es,
Wenn du trunken die Beine bewegst. Wilder Spaziergang

Im Blau; Geist der aus Bäumen tritt und bittrem Kraut
Siehe deine Gestalt. O Rasendes! Liebe neigt sich zu Weiblichem,
Bläulichen Wassern. Ruh und Reinheit!

Knospe vieles bewahrt, Grünes! Die schon sehr dunkel
Entsühne die Stirne mit dem feuchten Abendgezweig,
Schritt und Schwermut tönt einträchtig in purpurner Sonne.

2. Fassung

Noch ist gelb das Gras, grau und schwarz der Wald;
Aber am Abend dämmert ein Grün auf.
Der Fluß kommt von den Bergen kalt und klar,
Tönt im Felsen versteck; also tönt es,
Wenn du trunken die Beine bewegst; wilder Spaziergang
Im Blau; und die entzückten Schreie der Vögelchen.
Die schon sehr dunkel, tiefer neigt
Die Stirne sich über bläuliche Wasser, Weibliches;
Untergehend wieder in grünem Abendgezweig.
Schritt und Schwermut tönt einträchtig in purpurner Sonne.

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