Rainer Maria Rilke (1875-1926) : La Convalescente / Die Genesende

la-convalescente-rodin-1907


Comme un chant qui va, vient par les ruelles,
et s’approche et recule de nouveau,
bat de l’aile ‒ parfois presque on le touche
et de nouveau il se disperse au loin :

la vie joue avec la convalescente,
quand affaiblie et rompue de repos,
trop malhabile pour s’abandonner,
elle fait un geste inhabituel.

Et elle sent la séduction proche
lorsque sa main, devenue dure et que
les fièvres emplissaient d’extravagance
vient de loin, comme en un toucher fleuri,
flatter la dureté de son menton.


Wie ein Singen kommt und geht in Gassen
und sich nähert und sich wieder scheut,
flügelschlagend, manchmal fast zu fassen
und dann wieder weit hinausgestreut:

spielt mit der Genesenden das Leben;
während sie, geschwächt und ausgeruht,
unbeholfen, um sich hinzugeben,
eine ungewohnte Geste tut.

Und sie fühlt es beinah wie Verführung,
wenn die hartgewordne Hand, darin
Fieber waren voller Widersinn,
fernher, wie mit blühender Berührung,
zu liebkosen kommt ihr hartes Kinn.

(in Neue Gedichte, 1907)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :