Rainer Maria Rilke (1875-1926) : Les Parcs III / Die Parke III

parc-avec-bassin


Les bassins, les étangs qu’entourent des bordures
on leur cache toujours que les rois sont l’objet
d’un interrogatoire. Ils attendent, voilés,
et il n’est de minute où Monseigneur ne puisse

passer en les longeant ; ce qu’ils veulent alors,
c’est adoucir l’humeur ou la peine du roi,
et laisser de nouveau, sur les pourtours de marbre,
retomber les tapis aux moirures anciennes

comme autour d’une place : avec, sur le sol brun,
de l’argenté, du rose et du gris, la blancheur
qui leur fut accordée, et un doux remuement
de bleu, ainsi qu’avec un roi et une femme,
avec aussi des fleurs sur l’onduleuse ganse.


Den Teichen und den eingerahmten Weihern
verheimlicht man noch immer das Verhör
der Könige. Sie warten unter Schleiern,
und jeden Augenblick kann Monseigneur

vorüberkommen; und dann wollen sie
des Königs Laune oder Trauer mildern
und von den Marmorrändern wieder die
Teppiche mit alten Spiegelbildern

hinunterhängen, wie um einen Platz:
auf grünem Grund, mit Silber, Rosa, Grau,
gewährtem Weiß und leicht gerührtem Blau
und einem Könige und einer Frau
und Blumen in dem wellenden Besatz.

(in Der neuen Gedichte anderer Teil, 1908)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

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