Rainer Maria Rilke (1875-1926) : Clair de lune / Mondnacht

hans-thomas-le-violon


Très vaste nuit d’octobre au sud de l’Allemagne
et douce comme est doux le retour de tous contes.
Il tombe lourdement du clocher beaucoup d’heures
parmi leur profondeur ainsi que dans la mer, ‒
et puis un grondement, et le cri de la ronde,
et le silence quelque temps demeure vide :
et puis un violon (Dieu sait d’où il provient)
se réveillant, très lentement dit :
_____________________« Une blonde… »


Süddeutsche Nacht, ganz breit im reifen Monde,
und mild wie aller Märchen Wiederkehr.
Vom Turme fallen viele Stunden schwer
in ihre Tiefen nieder wie ins Meer, –
und dann ein Rauschen und ein Ruf der Ronde,
und eine Weile bleibt das Schweigen leer;
und eine Geige dann (Gott weiß woher)
erwacht und sagt ganz langsam:
______________________Eine Blonde …

(in Das Buch der Bilder, 1902)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :