Martial (40-104 ap. J.-C.) : Boire ou … ?

Qui est Martial ?

Tu ne cesses, Rufus, de couper d’eau ton vin,
Tout juste avales-tu, par quelque ami contraint,
De falerne¹ une larme ‒ et encore : trempée.
T’es-tu donc vu promettre une heureuse nuitée
Par Nævie, et veux-tu, restant sobre en loisir,
T’assurer de pouvoir la baiser sans faillir ?
‒ Soupirs, silence, plainte : elle s’est refusée !
Preuve que tu peux boire, et à pleine gorgée,
Et juguler de vin ton cruel déplaisir :
Pourquoi te ménager ? Tu n’as plus qu’à dormir !

¹ : Avec le cécube, un des meilleurs crûs de l’Antiquité romaine.

Interponis aquam subinde, Rufe,
et si cogeris a sodale, raram
diluti bibis unciam Falerni.
Numquid pollicita est tibi beatam
noctem Naevia sobriasque mavis
certae nequitias fututionis?
Suspiras, retices, gemis: negavit.
Crebros ergo licet bibas trientes
et durum jugules mero dolorem.
Quid parcis tibi, Rufe? dormiendum est.

(in Epigrammaton liber I, 107)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :