Catulle (84-54 av. J.-C.) : Victius pue du bec (poème 98)

odeurs


Puant de Victius, c’est bien de toi qu’on peut
Dire ce que l’on dit des fats et des verbeux :
« On peut, si nécessaire, avec sa langue sale,
Torcher des troufignons ou du cuir de sandale. »
Si tu veux, Victius, nous faire tous mourir,
Bée du bec : tu verras ton souhait s’accomplir.


In te, si in quemquam, dici pote, putide Victi,
id quod verbosis dicitur et fatuis.
ista cum lingua, si usus veniat tibi, possis
culos et crepidas lingere carpatinas.
si nos omnino vis omnes perdere, Victi,
hiscas: omnino quod cupis efficies.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Catulle (84-54 av. J.-C.) : Lesbie est revenue (poème 107)

L'homme qu'on aimait trop (André Téchiné)


Pas sans rapport, peut-être, avec la Mathilde de Jacques Brel,
qui elle aussi est revenue.

Est-il plus grand bonheur que s’il vient une chose
Que l’on désire, espère, et que l’on n’attend plus ?
Mon bonheur vaut mieux qu’or : c’était là mon désir,
Tu me reviens, Lesbie ! C’était là mon désir,
T’offrant, tu me reviens ‒ je ne t’attendais plus !
Ah, ce jour à marquer de la plus blanche pierre !
Qui, plus que je ne suis, est heureux, qui dirait
Que l’on pût espérer rien de mieux que ma vie ?


Si quicquam cupido optantique optigit umquam
insperanti, hoc est gratum animo proprie.
quare hoc est gratum nobis quoque carius auro
quod te restituis, Lesbia, mi cupido.
restituis cupido, atque insperanti ipsa refers te
nobis. o lucem candidiore nota!
quis me uno vivit felicior aut magis hac est
optandum vita dicere quis poterit?


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Catulle (84-54 av. J.-C.) : Un qui mettait des H partout (poème 84)

H


Arius prononçait c’hommode pour commode,
Et au lieu d’incendie, il disait hincendie*.
Il espérait alors parler pour notre épate,
Et disait chaque fois qu’il pouvait hincendie
‒ Sans doute ainsi disaient sa mère et son tonton,
Ses grands-parents aussi du côté de sa mère.

Envoyé en Syrie : repos de nos oreilles !
On percevait ces mots sans aspiration,
On ne redoutait plus d’avoir à les entendre
‒ Quand nous vint tout-à-coup cette horrible nouvelle
Que la mer ionienne, où Arius passa,
D’ionienne à présent se nommait hionienne.

* : Dans le texte latin, c’est insidias ( = embûches) qu’Arius prononce mal. Le sens du terme important peu, j’ai préféré traduire par incendie, et assurer une proximité phonétique entre les deux mots.

Chommoda dicebat, si quando commoda vellet
dicere, et insidias Arrius hinsidias,
et tum mirifice sperabat se esse locutum,
cum quantum poterat dixerat hinsidias.
credo, sic mater, sic liber avunculus eius.
sic maternus auus dixerat atque avia.
hoc misso in Syriam requierant omnibus aures
audibant eadem haec leniter et leviter,
nec sibi postilla metuebant talia verba,
cum subito affertur nuntius horribilis,
Ionios fluctus, postquam illuc Arrius isset,
iam non Ionios esse sed Hionios.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Catulle (84-54 av. J.-C.) : Supplique aux dieux pour qu’ils l’aident à rompre (poème 76)

oeuf brisé


S’il est quelque plaisir à se remémorer
Ses bienfaits d’autrefois, quand on croit être bon,
S’être montré fidèle à ses serments sacrés,
N’avoir trompé personne en mal usant des dieux,
Tu auras bien des joies, Catulle, en ton grand âge,
Du fait de cet amour si mal récompensé !

Car tout ce que de bien l’on peut, quand on est homme,
Dire ou faire à autrui, tu l’as dit, tu l’as fait
‒ Ce tout qui, confié à une ingrate, est mort.
Pourquoi vouloir porter plus loin ta croix, pourquoi
Ne pas durcir ton cœur, n’en pas finir et mettre
‒ Comme veulent les dieux ‒, un terme à ton malheur ?

Difficile de rompre un long amour, d’un coup ?
‒ Difficile, il est vrai, mais il te faut le faire,
C’est là ton seul salut, c’est là qu’est ta victoire.
Fais-le, sans le pouvoir autant qu’en le pouvant.

Ô dieux, si le malheur vous touche, si jamais
Vous nous portez secours au moment de la mort,
Observez mon malheur, et, si ma vie fut pure,
Arrachez de mon corps ce fléau, cette peste,
Qui s’est insinuée, torpeur ! en mes entrailles,
Délogeant toute joie de ma fibre sensible.

Je ne demande plus qu’elle m’aime en retour,
Ni ‒ elle ne peut pas ‒ qu’elle soit vertueuse :
Mais la santé, guérir de ce mal qui me ronge.
‒ Ô dieux, guérissez-moi, du fait de ma bonté !


Siqua recordanti benefacta priora voluptas
est homini, cum se cogitat esse pium,
nec sanctam violasse fidem, nec foedere nullo
divum ad fallendos numine abusum homines,
multa parata manent in longa aetate, Catulle,
ex hoc ingrato gaudia amore tibi.
nam quaecumque homines bene cuiquam aut dicere possunt
aut facere, haec a te dictaque factaque sunt.
omnia quae ingratae perierunt credita menti.
quare iam te cur amplius excrucies?
quin tu animo offirmas atque istinc teque reducis,
et dis invitis desinis esse miser?
difficile est longum subito deponere amorem,
difficile est, verum hoc qua lubet efficias:
una salus haec est. hoc est tibi pervincendum,
hoc facias, sive id non pote sive pote.
o di, si vestrum est misereri, aut si quibus umquam
extrema iam ipsa in morte tulistis opem,
me miserum aspicite et, si vitam puriter egi,
eripite hanc pestem perniciemque mihi,
quae mihi subrepens imos ut torpor in artus
expulit ex omni pectore laetitias.
non iam illud quaero, contra ut me diligat illa,
aut, quod non potis est, esse pudica velit:
ipse valere opto et taetrum hunc deponere morbum.
o di, reddite mi hoc pro pietate mea.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Catulle (84-54 av. J.-C.) : Promesse d’amour (poème 109)

Psyché ranimée par le baiser de l'Amour (Antonio Canova, 1777)


« Voici ce ce que sera cet amour qui nous lie :
Un délice sans fin ! », me promets-tu, ma vie.
Ô faites, dieux du ciel, que ce soit vérité,
Qu’ainsi parlent son cœur et sa sincérité,
Pour que nous puissions vivre avec persévérance
Dans le pacte éternel d’une sainte alliance !


Iucundum, mea vita, mihi proponis amorem
hunc nostrum inter nos perpetuumque fore.
di magni, facite ut vere promittere possit,
atque id sincere dicat et ex animo,
ut liceat nobis tota perducere vita
aeternum hoc sanctae foedus amicitiae.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Catulle (84-54 av. J.-C.) : Entre mecs (poème 50)

entre hommes


Licinius, hier, comme on avait le temps,
On s’est bien amusé, noircissant mes tablettes
‒ C’est ce qui convenait aux tendres que nous sommes.
Écrivant tour à tour des vers de mirliton,
On jouait sur tel mètre et tantôt sur tel autre,
En se faisant écho, plaisantant, chopinant.
Et puis je t’ai quitté, ravi de ta finesse
D’esprit, Lucinius, et de tes clowneries :
Je n’ai, pauvre de moi, pas eu goût de souper,
Ni n’ai pu fermer l’œil et dormir coitement,
Me brassant dans mon lit, çà, là, ensauvagé
De fureur, désireux de voir poindre le jour
Afin de te parler, d’être en ta compagnie.
Mais après ‒ quasi mort et recru de fatigue ‒
Avoir pu m’assoupir sur ma petite couche,
J’ai rédigé, mon beau, ce poème pour toi,
Qui te remontrera la peine que j’endure.
Maintenant, garde-toi d’être dur, garde-toi,
S’il te plaît, mon craquant, de snober mes requêtes,
Ou crains que Némésis n’en vienne à te punir :
Ne lui fais pas d’outrage, elle est vite en colère.


Hesterno, Licini, die otiosi
multum lusimus in meis tabellis,
ut convenerat esse delicatos:
scribens versiculos uterque nostrum
ludebat numero modo hoc modo illoc,
reddens mutua per iocum atque vinum.
atque illinc abii tuo lepore
incensus, Licini, facetiisque,
ut nec me miserum cibus iuvaret
nec somnus tegeret quiete ocellos,
sed toto indomitus furore lecto
versarer, cupiens videre lucem,
ut tecum loquerer, simulque ut essem.
at defessa labore membra postquam
semimortua lectulo iacebant,
hoc, iucunde, tibi poema feci,
ex quo perspiceres meum dolorem.
nunc audax cave sis, precesque nostras,
oramus, cave despuas, ocelle,
ne poenas Nemesis reposcat a te.
est vehemens dea: laedere hanc caveto.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Catulle (84-54 av. J.-C.) : Les mauvais livres font les bons rhumes (poème 44)

Tibur Villa Hadriana


Ô ma terre sabine, à moins que de Tibur
(Car tu es de Tibur pour ceux qui ont à cœur
De ne pas me blesser ; mais ceux qui à cœur l’ont
Parient n’importe quoi que tu es bien sabine),
Sabine ou de Tibur (c’est le plus vraisemblable),
J’ai fait, dans ta maison voisine de la ville,
Bon séjour, expulsant une mauvaise toux
Certes bien méritée, cadeau de mon bedon
Que j’avais engagé dans de riches ripailles.
En effet, j’ai voulu que Sestius* m’invite,
Et j’ai lu son discours Contre le candidat
Antius ‒ regorgeant de peste et de venin.
De là qu’ayant pris froid, et qu’une toux fréquente
Me secouant, j’ai pris la tangente vers toi
Pour guérir, me soignant au repos, à l’ortie.
Me revoici sur pied ‒ merci du fond du cœur
De n’avoir pas tiré vengeance de ma faute.
Si j’accueille à nouveau les écrits maléfiques
De Sestius : je veux que prenne froid, que tousse
Enrhumé, Sestius, Sestius, et pas moi !
Qui me fait, m’invitant, lire un livre assassin.

* On ignore tout de ce riche Romain qui se piquait de littérature.

O Funde noster seu Sabine seu Tiburs
(nam te esse Tiburtem autumant, quibus non est
cordi Catullum laedere; at quibus cordi est,
quovis Sabinum pignore esse contendunt),
sed seu Sabine sive verius Tiburs,
fui libenter in tua suburbana
villa, malamque pectore expuli tussim,
non inmerenti quam mihi meus venter,
dum sumptuosas appeto, dedit, cenas.
nam, Sestianus dum volo esse conviva,
orationem in Antium petitorem
plenam veneni et pestilentiae legi.
hic me gravedo frigida et frequens tussis
quassavit usque, dum in tuum sinum fugi,
et me recuravi otioque et urtica.
quare refectus maximas tibi grates
ago, meum quod non es ulta peccatum.
nec deprecor iam, si nefaria scripta
Sesti recepso, quin gravedinem et tussim
non mihi, sed ipsi Sestio ferat frigus,
qui tunc vocat me, cum malum librum legi.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Catulle (84-54 av. J.-C.) : Haro sur la morue ! (poème 42)

tablettes de cire


Accourez de partout, les hendécasyllabes,
Tant que vous êtes tous, tous tant que vous êtes !
Une horreur de morue pensant m’amuser
Refuse de me rendre, à moi, mes tablettes,
Et vous pourriez de ça vous accommoder ?
Vite, au harcèlement, réclamez mon bien !

« C’est qui ? » demandez-vous. ‒ Voyez-la qui vient,
Moche, et que je te mime ! et que je t’affecte !
Que je te rie d’un air de roquet des Gaules !
À vous de l’assiéger, réclamez mon bien :

Dis, pourrie de morue, tu rends les papiers,
Tu les rends, dis, morue pourrie, les papiers ? 

Ah, tu t’en fiches, bouse, ô claque à putains
Ou s’il est rien de pis dont te désigner !
‒ Mais autant le prévoir : ça n’y peut suffire.
Faute de faire mieux, tâchons d’imprimer
Quelque rouge à son front ferré de roquet.
Criez tous derechef en haussant le ton :

Dis, pourrie de morue, tu rends les papiers,
Tu les rends, dis, morue pourrie, les papiers ? 

Mais ça ne sert à rien, rien ne l’impressionne,
Changeons de stratégie comme de registre
Et peut-être aurons-nous plus de réussite :

Dis, Pudeur, Probité, tu rends les papiers ?


Adeste, hendecasyllabi, quot estis
omnes undique, quotquot estis omnes.
iocum me putat esse moecha turpis,
et negat mihi nostra reddituram
pugillaria, si pati potestis.
persequamur eam et reflagitemus.
quae sit, quaeritis? illa, quam videtis
turpe incedere, mimice ac moleste
ridentem catuli ore Gallicani.
circumsistite eam, et reflagitate,
‘moecha putida, redde codicillos,
redde putida moecha, codicillos!’
non assis facis? o lutum, lupanar,
aut si perditius potes quid esse.
sed non est tamen hoc satis putandum.
quod si non aliud potest ruborem
ferreo canis exprimamus ore.
conclamate iterum altiore voce.
‘moecha putida, redde codicillos,
redde, putida moecha, codicillos!’
sed nil proficimus, nihil movetur.
mutanda est ratio modusque vobis,
siquid proficere amplius potestis:
‘pudica et proba, redde codicillos.’


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Catulle (84-54 av. J.-C.) : Retour au bercail (poème 31)

sirmione1


Ô perle, Sirmio, des îles, des presqu’îles,
Toutes, qui sont portées sur les lacs translucides
Et sur la vaste mer par Neptune le double*,
Mais que j’ai de plaisir, de joie, à te revoir
Osant à peine croire avoir quitté Thynie
Et champs bithyniens et te voir sans péril !
Est-il plus grand bonheur que libre de soucis,
De décharger son âme, et de revenir, las
De périples lointains, où l’on a sa demeure,
D’y prendre du repos sur un lit désiré ?
C’est là ce qui seul compte après tant de périples,
Charmante Sirmio, salut, fête ton maître ;
Vous aussi fêtez-le, eaux du lac lydien**,
Et qu’à la maison rie tout ce qu’il est de rires !

* : la mer adriatique et la mer tyrrhénienne ; autre interprétation possible : la Méditerranée et l’océan.
** : il s’agit du lac de Garde : Fr. Noël donne ces deux interprétations de l’épithète : « parce que […] le lac de Garde  roulait des sables d’or, comme le Pactole, fleuve de Lydie ; ou , parce qu’il avait été soumis à la domination des Étruriens ( = Étrusques), originaires de Lydie. »

Paene insularum, Sirmio, insularumque
ocelle, quascumque in liquentibus stagnis
marique vasto fert uterque Neptunus,
quam te libenter quamque laetus inviso,
vix mi ipse credens Thuniam atque Bithunos
liquisse campos et videre te in tuto.
o quid solutis est beatius curis,
cum mens onus reponit, ac peregrino
labore fessi venimus larem ad nostrum,
desideratoque acquiescimus lecto?
hoc est quod unum est pro laboribus tantis.
salve, o venusta Sirmio, atque ero gaude,
gaudete vosque, o Lydiae lacus undae,
ridete quidquid est domi cachinnorum.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Catulle (84-54 av. J.-C.) : Homme du monde et poète exécrable (poème 22)

bissac 1


Ce Suffenus, Varus, que tu connais fort bien,
Est un homme charmant, verveux et distingué,
Et il écrit des vers, en très, en très grand nombre,
Il en a bien dix mille ou plus, comme je pense,
À son actif ; et pas transcrits sur du papier
Recyclé : sur vélin, avec jaquettes neuves,
Des dos neufs, des étuis à fermeture rouge,
Massicotés bien droit, et parés à la pierre*.
Ces vers, quand tu les lis, ce beau, ce distingué
De Suffenus : bonjour le chevrier, le plouc !
Ce n’est plus le même homme, il y a désaccord.
Que faut-il en penser ? Tenu pour bel esprit
Tout à l’heure ‒ ou bien mieux : pour expert en finesses ‒,
Le voici plus grossier que grossier péquenaud
Dès qu’il touche au poème ‒ et le même jamais
Ne se sent plus heureux qu’écrivant des poèmes :
Plein de béatitude, il s’admire lui-même.
‒ On est sa propre dupe, et il n’y a personne
En qui l’on ne remarque un peu de Suffenus.
On a chacun sa part d’illusion, sans voir
La poche du bissac qui pend sur notre dos.

* J’ai adapté à nos livres actuels la description de Catulle, qui est celle du volumen.

Suffenus iste, Vare, quem probe nosti,
homo est venustus et dicax et urbanus,
idemque longe plurimos facit versus.
puto esse ego illi milia aut decem aut plura
perscripta, nec sic ut fit in palimpsesto
relata: cartae regiae, novi libri,
novi umbilici, lora rubra membranae,
derecta plumbo et pumice omnia aequata.
haec cum legas tu, bellus ille et urbanus
Suffenus unus caprimulgus aut fossor
rursus videtur: tantum abhorret ac mutat.
hoc quid putemus esse? qui modo scurra
aut si quid hac re tritius videbatur,
idem infaceto est infacetior rure,
simul poemata attigit, neque idem umquam
aeque est beatus ac poema cum scribit:
tam gaudet in se tamque se ipse miratur.
nimirum idem omnes fallimur, neque est quisquam
quem non in aliqua re videre Suffenum
possis. suus cuique attributus est error;
sed non videmus manticae quod in tergo est.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

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