Ingrid Glienke (née en 1951) : Pleins phares / Fernlicht

SONS DE LA VOITURE LA NUIT -🎧🚗🌙 Saint Denis/Le Port - 100% bruit blanc- - YouTube


derrière le fiord emmagasine
encore de la lumière près de la route
les tiges terre de sienne des buissons
ouatinent dans le couchant s’estompe
grisé le tracé des murs
brille une fenêtre en ses tréfonds
pas un chat sur le passage
à voir une offre sur carton
bois de chauffe besoin de chaleur tout près
passaient ici les morts
sur charrette à chevaux souvenir encore
déco de Noël faîte en travers
une maison de poupées unidimensionnelle
puis un chien tout le long de la clôture aboie
phares les réflecteurs du
balisage éclairent crûment
l’asphalte quand l’auto passant bruisse
au portillon une ombre immobile


im rücken speichert der fjord
noch licht neben der straße
das umbra der äcker buschruten
wattiert in dämmerung verwischt
im grau die konturen der mauern
leuchtet ein fenster tiefinnen
kein mensch an der zuwegung
zu sehen ein pappschild angebot
brennholz bedarf an wärme nah
fuhren die toten hier vorbei
auf pferdewagen noch erinnert
weihnachtsdeko querüber first
ein spielzeughaus eindimensional
bis ein hund zaunlängs bellt
scheinwerfer die reflektoren der
leitpfosten entzünden den asphalt
grell als das auto vorbeirauscht
am zauntor ein regloser schatten
Das ist alles was wir wollen.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


 

Kristin Höller (née en 1996) : Après la grosse chaleur / Nach der Hitze

Stockbrot grillen - so geht es richtig - Rezept: Stockbrotteig


Les années précédentes il y avait aussi
Un dernier jour
Chaque fois
Les gens retournaient aux étangs des gravières ils
Mangeaient une dernière glace et essuyaient la bouche de leurs enfants comme
Les mois précédents. Mais cette année personne
N’est sorti le dernier jour qu’il a fait chaud
Et le premier jour qu’il a fait froid ils se sont retrouvés dans les champs et ont
Brûlé les draps de plage
Brûlé les maillots de bain
Les moustiquaires et transformé sans plus attendre
Ces flammes en un feu de fortune, enroulé la pâte à pain sur de longs bâtons
Et cela en septembre.
Ils se tenaient debout dans le noir dans le vent, bras et jambes tendus et criaient
De l’air frais
De l’air frais
C’est tout ce que nous voulons.


In den Jahren davor gab es auch
Einen letzten Tag
Jedes Mal
Die Menschen gingen nochmal an die Baggerseen sie
Aßen ein letztes Eis und wischten ihren Kindern die Reste von den Mündern wie
Die Monate zuvor. Aber dieses Jahr ging
Niemand raus am letzten warmen Tag
Und am ersten kalten Tag trafen sie sich auf den Feldern und
Verbrannten die Strandlaken
Verbrannten die Badeanzüge
Die Moskitonetze und aus den Flammen machten sie
Direkt ein Kartoffelfeuer und hielten Teig an langen Stöcken hinein
Und das im September.
Sie standen im Dunkeln im Wind, die Arme und Beine gestreckt und riefen
Frischluft
Frischluft
Das ist alles was wir wollen.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


 

Kerstin Becker (née en 1969) : Duvet / Flaum

Accouchement prématuré et couveuse pour bébé - mpedia.fr


Le thorax se soulevait et s’affaissait dans une rapidité fébrile comme si
le diable l’eût coursée, sonde de biais
sur le visage, sur la tête pharaonique un goutte-à-goutte, piqûre
sur piqûre au talon gros comme mon doigt, devant la fenêtre des soins intensifs :
activités terrestres, industrielles ; tremblantes peu nombreuses dans la pièce
des mères nouveau-nées devant leur couveuse dans le gazouillis
de tous les progrès de l’époque, regardaient autour d’elles timides, voûtées,
avec leurs suites de couches tendant les mains, les doigts, pompaient
et repompaient, personne ne savait qui s’en tirerait ni comment, la chair de ma chair avait du duvet, depuis le début
les infirmières la portaient en fredonnant tant elle était belle.


der Brustkorb hob und senkte sich fiebernd schnell als
wär der Leibhaftige hinter ihr her, die Sonde quer
übers Gesicht, am Pharaonenkopf ein Tropf, Einstich
an Einstich an fingerkuppenkleinen Fersen, vorm Fenster der Intensiv:
Irdisches, Industrie; im Raum einzeln zitternde
neugeborene Mütter vor ihren Brutkästen im Zwitschern
all der Errungenschaften der Zeit, sie sahen sich scheu, gewölbt,
mit Wochenfluss um und streckten die Hände, die Finger aus, pumpten
immerzu ab, niemand wusste, wer und wie durchkäme, mein Fleisch und Blut
hatte Flaum, von Anfang an
trugen die Schwestern es wegen der Schönheit summend umher.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


 

Irena Habalik (née en 1955) : Rapport de nuit / Nachtbericht

Qui est Irena Habalik ?

Ouverture De La Porte Blanche Dans La Chambre Noire Avec Brillant De La  Lumière Du Soleil - L'image Concept Banque D'Images Et Photos Libres De  Droits. Image 65596778.


Je donne forme à la nuit jusqu’à la parfaire
je jette une gerbe de mots dedans regarde
elle prend d’une secousse je repousse
l’obscurité tu viens sans qu’on t’appelle
tu dis de ta fièvre je prends mesure
au plat de ma main non sans chic ni truc
des asters nichent dans des cheveux de femmes
nous farfouillons dans le nid de la nuit picorons
l’écho sur les branches gazouillant de smartphones
posés les oiseaux pique-niquent un randonneur à
casquette et charrette débarque dans la vallée et
attend plus légers que rires de merle volettent
des restes de plis terrestres nu comme un ver
tu quittes ta peau roules direct dans la mienne
éperdu de sommeil tu grommelles trop jeune
je ne sais rien encore du cocon du bonheur
mais je prends à ton corps la mesure du jour
à la lumière derrière la serrure au poème

Ich knete forme die Nacht bis sie taugt
ich werfe ein Wortgeflecht in die Mitte und sieh
es gedeiht mit einem Ruck schiebe ich
die Dunkelheit hinüber du kommst ungerufen
du sagst dein Fieber messe ich
an meiner flachen Hand mit Schick und Trick
nisten Astern in Frauenhaaren
wir wühlen im Nest der Nacht und picken
aus den Ästen das Echo von Handygezwitscher
die Vögel picknicken im Sitzen ein Wanderer mit
Mütze und Karren bricht ins Tal ein und
wartet leichter als das Amsellachen flattern
Reste aus den Erdenfalten splitternackt
fährst du aus der Haut direkt in die meine
schlafverloren murmelst du zu jung
noch weiß ich nichts vom Glücksgespinst
aber den Tag messe ich an deinem Leib
an dem Licht hinter dem Riegel am Gedicht


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


 

Kathrin Bach (née en 1988) : 8.3.

Qui est Kathrin Bach ?

Allaitement maternel


l’enfant sur mon sein droit, rêvé,
comment tout contre moi je l’ai lié, serré,
sur mon sein droit et nu
c’est mon enfant, je rêve, et c’est mon sein, je rêve
c’est un enfant qui ne crie pas, jamais, je rêve
je l’ai constamment contre moi, rêvé,
comme un deuxième sein lié à mon sein droit
et en soirée, je rêve, j’enlève couche à couche
l’étoffe qui à mon sein relie l’enfant,
il ne crie pas, jamais, devenu minuscule, l’enfant,
guère plus gros que mon sein droit,
rabougri sur mon sein, je rêve, il s’est flétri,
une couche de peau, mon enfant, vide, comme dégonflé.


das Kind an meiner rechten Brust, im Traum,
wie ich es mir umgebunden habe, ganz fest,
an meine rechte nackte Brust
es ist mein Kind, träume ich, ist meine Brust, träume ich
es ist ein Kind, das nicht schreit, nie, träume ich
ich habe es immer bei mir, im Traum,
wie eine zweite Brust auf meine Brust gebunden, rechts
und am Abend, träume ich, löse ich Schicht für Schicht
den Stoff, der das Kind an meine Brust bindet,
es schreit nicht, nie, ist winzig geworden, das Kind,
kaum größer als meine Brust, rechts,
ist an meiner Brust verschrumpelt, träume ich, verdörrt,
eine Hautschicht, mein Kind, leer, als wär die Luft raus


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


 

Dagmara Kraus (née en 1983) : cyclope mort / toter zyklop

Pansement oculaire en coton pur pour lunettes, traite l'amblyopie ou œil  paresseux et le strabisme, pansement oculaire pour enfants, taille  ordinaire, rose à pois blancs: Amazon.fr: HygiÚne et Soins du corps


du temps que côté gauche à ses lunettes était collé
du sparadrap rose, le monde semblait encore intact :

tout le rugueux paraissait lisse à l’œil unique
comme poudré. La terre était un disque – tout

sein demeurait plat. la vache portait au pâturage
l’atlas mondial (les pôles s’affaissaient, glissaient sur le veau

pour ça qu’à l’animal le nez coulait sans cesse.)
on faisait collection de stickers de Dingo et

de petites mines durant l’échange de nos sangs ;
fanfares après fanfares l’orchestre bête des chasseurs,

d’abord rire aux éclats, dans la foulée l’ivresse.
à la fin vint le jour qu’on dessilla Schieli :

en août, il voyait droit. celle qu’on nommait pou
courut devant l’auto, radek tomba du poteau électrique.


als sein linkes brillenauge pink verklebt war
mit dem hansaplast, schien die welt noch heile

 alles rauhe wirkte glatt und eile durch das eine
wie gepudert. die erde war eine scheibe – alle

 busen blieben flach. die kuh trug den diercke
grasen (die pole verrutschten aufs kälbchen

 dem fasel lief deshalb wohl dauernd die nase)
man sammelte sticker mit goofygesichtern und

 tauschte mit mienchen sein fingerblut aus
tusch um tusch die blöde kapelle der schützen

 es barst erst gelächter, dann folgte rausch
endlich kam jener tag, schielis scheuklappe ab

 im august guckte er gerade. die sie laus nannten
rannte vors auto, vom strommast fiel radek.

(in liedvoll, deutschyzno, kookbooks 2020)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


 

Alexandra Regiert (née en 1995) : La Loreley de la maison donnant sur rue / Die Loreley vom Vorderhaus


Mes poumons pompent de l’air.
En pompent bien plus haut que les traînées d’avions.
En pompent dans des poumons de porc.
Rose et quasi nouveau-né
l’organe-heuchère forcit
comme une plante carnivore.
Je m’allonge enjôleuse sur l’appui de fenêtre
pour les mouches,
je m’étire les membres, joue avec mes cheveux
et chante.
C’est un chant plein de force, une source de braise,
qu’un bruit de mur du son ne saurait couvrir.
Comme celui de la Loreley de la maison donnant sur rue,
qui devant sa fenêtre a des hortensias bleus
où les pompiers régulièrement
doivent tendre un chiffon blanc.


Meine Lunge pumpt Luft.
Pumpt sie weit über die Kondensstreifen hinaus.
Pumpt sie in Schweinelungen.
Rosa und fast neugeboren
festigt sich das Rosenkelch-Organ
wie eine fleischfressende Pflanze.
Betörend recke ich mich am Fensterbrett
für die Fliegen,
strecke meine Glieder, spiele mit den Haaren
und singe.
Es ist ein lauter, Glut gebärender Gesang,
den eine Schallmauer nicht abwehren könnte.
Wie der, der Loreley vom Vorderhaus,
vor deren Fenster blaue Hortensien wachsen
und die Feuerwehr regelmäßig
ein weißes Tuch spannen muss.

Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


 

Jürgen Brôcan (né en 1965) : Soir, décoloré / Abend, farbgelöscht


La pleine lune passe le mur
du garage au blanc-spectre.
N’aie pas peur !

Le théâtre d’ombres
du pommier n’y montre
pas de contorsion grotesque.

La haute résolution de ton téléviseur
t’a conservé des yeux
pour l’arrière-cour.

Pas un cil ne te tremble
face aux vers qui grouillent
dans la charogne de prunes.

Les crocus sont sortis
silencieux de la crypte
du gazon.

Parfois
on rate bien peu de choses
en noir et blanc.


Der Vollmond tüncht die Mauer
der Garage gespensterbleich.
Fürchte dich nicht!

Das Schattentheater
des Apfelbaums darauf
zeigt keine groteske Verrenkung.

Der hochauflösende Fernseher,
hat dich nicht blind
für den Hinterhof gemacht.

Du zuckst mit keiner Wimper
beim Madengewimmel
im Pflaumenaas.

Die Krokusse sind leise
aus der Gruft
des Rasens gestiegen.

Manchmal
entgeht einem am wenigsten
in Schwarzweiß.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


 

Melitta Roth (née en 1970) : Little Abyss


Je porte mon propre abîme
toujours sur moi
Il tient dans presque toutes les poches et
y est si
joliment
sans fond

J’aime bien l’avoir
à ma portée
Il me faut peu de temps
pour y jeter un œil
et déjà
je perçois le hurlement
du vent
dans les tréfonds
Ça fait de si jolies chatouilles
dans les synapses

Pour éviter chaque
fois
d’y
tomber
c’est simple, je m’agriffe
des orteils aux pavés –
bien stable


Ich trage meinen eigenen Abgrund
immer bei mir
Er passt praktisch in jede Tasche und
ist dabei so
schön
bodenlos
 
Ich habe ihn gern
in meiner Reichweite
So brauche ich nur kurz
hineinzublicken
und schon
spüre ich das Heulen
des Windes
in der Tiefe
Das kitzelt so schön
an den Synapsen

Um nicht jedes Mal
hinein
zu
fallen
kralle ich meine Zehen
einfach in die Pflastersteine –
ganz fest


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


 

Sonja Crone (née en 1982) : Une fin / Ein Ende


Je cherche une fin
une fin
où des mots
se touchent

au-delà
du taire
au-delà d’une trêve

une fin
où ce ne soient pas
des pierres qui dans ma gorge
constituent le poids du monde.


Ich suche ein Ende
ein Ende
an dem Worte
sich berühren

jenseits
des Schweigens
jenseits eines Stillstands

ein Ende
an dem nicht
Steine in meiner Kehle
das Gewicht der Welt ausmachen.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


 

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