Ange Politien : Déjà vieux mais encore amoureux…


Qui est Ange Politien ?



Les traductions originales de ce blog, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Ange Politien : Épigrammes contre Mobilius, mauvais poète


Qui est Ange Politien ?



Ore tibi pauci, sed nulli in carmine dentes
Cum sint atque illi sint putridi et veteres,
Allatras, ut cum nequeas mordere, Mabili,
Latratu ostendas te tamen esse canem.

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Martial : Contre Gellie, qui se parfume trop


Qui est Martial ?



Quod quacumque venis, Cosmum migrare putamus
Et fluere excusso cinnama fusa vitro,
Nolo peregrinis placeas tibi, Gellia, nugis.
Scis, puto, posse meum sic bene olere canem.

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Martial : Il y a vice et vice…


Qui est Martial ?



¹ : Il s’agit soit de Caton l’ancien, soit de Caton d’Utique, tous deux réputés s’adonner à la boisson, comme aussi Antoine, connu pour avoir maintes fois vomi son ivresse en public.


(in Epigrammes, II, 87)

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Epitaphe romaine : « Profitons de la vie »

Mes amis, venez vite et prenons du bon temps,
Banquetons dans la joie en cette courte vie,
Buvons jusqu’à plus soif en riante harmonie.
C’est là ce que ces morts ont fait de leur vivant :
Donner, prendre et jouir avant de disparaître.
Imitons, nous aussi, le temps de nos ancêtres.
Vis tandis que tu vis et ne refuse rien
D’agréable à ton cœur : car un dieu l’a fait tien.  


Adeste amici, fruamur tempus bonum,
epulemur laeti, vita dum parva manet,
Baccho madentes, hilaris sit concordia.
eadem fecerunt hi cuncti dum viverent,
dederunt acceperunt, dum essent, fruniti sunt.
et nos antiquorum emitemur tempora.
vive dum vivis, nec quidquam denegaveris
animo indulgere, quem commodavit deus

(in Carmina Latina epigraphica, fasciculus I, p. 92)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Martial (40-104 ap. J.-C.) : Actif /vs/ passif

Qui est Martial ?

Tu emproses, l’huis clos, Amillus, de grands gars,
Et veux être surpris t’employant à cela,
Par crainte d’affranchis, d’esclaves de ton père,
De clients cancanant à langue de vipère.
Qui prouve à des témoins qu’il n’est point l’enculé,
C’est souvent, Amillus, que sans témoins il l’est.

NB : Pour comprendre pleinement cette épigramme, il faut avoir à l’esprit les représentations sociales des Romains en matière de sexualité : si l’homosexuel passif (cinaedus) est méprisé, son partenaire actif (paedicator) ne l’est pas.

Reclusis foribus grandes percidis, Amille,
    et te deprendi, cum facis ista, cupis,
ne quid liberti narrent seruique paterni
    et niger obliqua garrulitate cliens.
Non pedicari se qui testatur, Amille, 
    illud saepe facit quod sine teste facit.

(in Epigrammaton liber VII, 62)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Martial (40-104 ap. J.-C.) : Diarrhée, constipation ?

Qui est Martial ?

D’où vient que Vacerra consume sa journée
Dans les vécés publics ? ‒ C’est qu’ayant pour idée
De se faire inviter, le soir, à banqueter,
Il y vient caqueter, et non pas cacater¹.

¹ : Le troisième vers est une glose qu’il me semble indispensable d’introduire pour préciser le sens. Je prends sur moi de transformer un peu la chute (le latin dit : « Vacerra y vient pour dîner, pas pour y ch*er ») au profit de ce qui me semble essentiel : le jeu sur les sonorités (paronomase), que j’essaie de transposer, et la création verbale, les deux verbes employés par Martial (cenaturio et cacaturio) semblant de son invention (autant qu’est, de la mienne, le verbe cacater).

In omnibus Vacerra quod conclavibus
consumit horas et die toto sedet,
cenaturit Vacerra, non cacaturit.

(in Epigrammaton liber XI, 77)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Martial (40-104 ap. J.-C.) : Merle moqueur

Qui est Martial ?

____Fabianus, moqueur d’hernies,
Dont tout couillu craignait naguère les sorties
____Sur hydrocèle, gonflement,
Catulle, même à deux, n’en eût pu dire autant ‒
____Aux bains se mire, involontaire :
Le malheureux garçon, depuis lors, de se taire.


Derisor Fabianus herniarum,
Omnes quem modo colei timebant
Dicentem tumidas in hydrocelas,
Quantum nec duo dicerent Catulli,
In thermis subito Neronianis
Vidit se miser, et tacere coepit.

(in Epigrammaton liber XII, 83)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Martial (40-104 ap. J.-C.) : L’édentée

Qui est Martial ?

Si j’ai bon souvenir, te restaient quatre dents :
Deux, Élie, en toussant, puis deux, te sont tombées.
Tu peux tousser, tousser, sans crainte, maintenant :
Tout autre accès de toux sera sans retombées¹.

¹ : Je tente, dans ce dernier vers, de reproduire les allitérations en [t] et en [s] du vers original ; et profite du hasard de la rime pour ajouter un jeu de mots (double sens de « retombées ») qui n’est pas chez Martial.

La même épigramme, traduite par Constant Dubos (1841) :


Si memini, fuerant tibi quattuor, Aelia, dentes:
____expulit una duos tussis et una duos.
Jam secura potes totis tussire diebus:
____nil istic quod agat tertia tussis habet.

(in Epigrammaton liber I, 19)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Martial (40-104 ap. J.-C.) : Embrasser les garçons rend barbu

Qui est Martial ?

Ta jeune barbe est souple, elle pousse si vague
Qu’une haleine, un soleil, qu’un vent léger l’élague.
Sous un même coton, le coing vert, voilé, luit
Quand un doigt virginal vient à frotter le fruit.
T’embrassé-je, Dindyme, en un surcroît de fièvre,
J’en ressors moustachu du duvet de tes lèvres.

NB : Je trouve sur le Net cette traduction récente (2012), qui me semble un peu fausse :
Si flou est ton duvet, si tendre, qu’une haleine,
Une brise impalpable, ou du soleil le trousse.
Il ressemble au coing mûr voilé d’un peu de laine,
Qui luit lorsqu’une enfant le pèle avec son pouce.
Quand j’appuie cinq baisers sur ta bouche avec fièvre,
Je deviens, Dindymus, barbu grâce à tes lèvres.
Tero, au sens de « frotter pour enlever, émonder, ébarber » (et non de « trousser ») : la jeune barbe de Dindyme n’est encore guère vaillante, un coup de vent suffit à la peler (comme on monde, par exemple, l’orge par friction). C’est ce qui amène la chute, que l’on comprend difficilement sinon. De même le « pouce virginal » (pollice virgineo) ne pèle-t-il pas le coing (rien n’est plus dur qu’une peau de coing, vert de surcroît [exactement : « allant à maturité »], et non pas « mûr) : il le frotte, enlevant la partie cotonneuse qui le recouvre. Ici encore, c’est cette comparaison, et cette isotopie thématique, qui annoncent les derniers vers.

Tam dubia est lanugo tibi, tam mollis, ut illam
__Halitus et soles et levis aura terat.
Celantur simili ventura Cydonea lana,
__Pollice virgineo quae spoliata nitent.
Fortius inpressi quotiens tibi basia quinque,
__Barbatus labris, Dindyme, fio tuis.

(in Epigrammaton liber X, 42)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.