Pline le Jeune : Littérature itinérante (Lettre à Maecilius Nepos)


Qui est Pline le Jeune ?


Mes opuscules que tu t’es empressé d’acquérir, tu me demandes de les faire relire et corriger. Je vais le faire. Est-il rien que je doive entreprendre de meilleur gré – surtout quand c’est toi qui m’y pousses ? Car lorsque un homme comme toi, des plus graves, des plus savants, des plus diserts, de surcroît des plus occupés, bientôt gouverneur d’une grande province, accorde tant de valeur à mes écrits que de les emporter partout, combien dois-je veiller à ce que, dans ses bagages, cette part, comme inutile, ne l’embarrasse ! Je vais donc m’employer : d’abord à te faire trouver le plus grand charme à tes accompagnateurs ; ensuite à te fournir à ton retour ceux que tu voudrais leur adjoindre. Car je ne prends pas à la légère qu’un lecteur de ta qualité ne m’exhorte à de nouveaux ouvrages. Bien à toi !


Petis ut libellos meos, quos studiosissime comparasti, recognoscendos emendandosque curem. Faciam. Quid enim suscipere libentius debeo, te praesertim exigente? Nam cum vir gravissimus doctissimus disertissimus, super haec occupatissimus, maximae provinciae praefuturus, tanti putes scripta nostra circumferre tecum, quanto opere mihi providendum est, ne te haec pars sarcinarum tamquam supervacua offendat! Adnitar ergo, primum ut comites istos quam commodissimos habeas, deinde ut reversus invenias, quos istis addere velis. Neque enim mediocriter me ad nova opera tu lector hortaris. Vale.

in Lettres, livre IV, 26


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Pline le Jeune : Le rapport d’une maison de campagne (Lettre à Julius Naso)


Qui est Pline le Jeune ?


Toscane fouaillée de grêle, en région transpadane abondance extrême mais bas prix à l’avenant, voilà les nouvelles : seule ma propriété de Laurentum me rapporte. Je n’y possède rien, c’est vrai, qu’une demeure avec un parc (après, tout de suite des sables), mais elle seule me rapporte, car j’y écris beaucoup, cultive non pas des terres que je n’ai pas mais moi-même par le travail intellectuel ; et déjà, de pleine, je puis te montrer, comme ailleurs une grange, ici une écritoire. Par conséquent : si toi aussi tu guignes un domaine fertile et d’un sûr rapport, achète quelque chose sur cette côte. Bien à toi !

NB : Je prends cette lettre pour ce qu’elle me semble être : une sorte de poème en prose à la Max Jacob (raison pour laquelle je la traduis), sous l’apparence d’une démonstration logique.


Tusci grandine excussi, in regione Transpadana summa abundantia, sed par vilitas nuntiatur: solum mihi Laurentinum meum in reditu. Nihil quidem ibi possideo praeter tectum et hortum statimque harenas, solum tamen mihi in reditu. Ibi enim plurimum scribo, nec agrum quem non habeo sed ipsum me studiis excolo; ac iam possum tibi ut aliis in locis horreum plenum, sic ibi scrinium ostendere. Igitur tu quoque, si certa et fructuosa praedia concupiscis, aliquid in hoc litore para. Vale.

in Lettres, livre IV, 6


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

%d blogueurs aiment cette page :