Henriette Hardenberg (1894-1993) : Jeune fille morte / Totes Mädchen

Qui est Henriette Hardenberg ?

Le mince est tout ce que je peux sentir,
Et minces sont tes mots qui heurtent mes contours.
Qu’était beau mon visage,
Désormais je m’élève au travers d’air limpide
Dans un rêve sans fin.

Allonge-moi, oui, sur mon lit,
L’herbe fraîche me porte légère,
Et les fleurs sont chaudes.
Chambre de jeune fille avec tant de parfums
Où hèle encor le pas de mon ami,
Dont j’ai pris congé.


Ich kann nur dünn fühlen,
Und dünn stoßen deine Worte an meinen Rand.
Wie schön war mein Gesicht,
Nun steige ich durch helle Luft
In endlosen Traum.

Ja, lege du mich auf mein Bett,
Das frische Gras trägt mich leicht,
Und die Blumen sind warm.
Mädchenzimmer mit dem vielen Duft,
In dem noch Schritt meines Freundes ruft,
Von dem ich Abschied nahm.

(in Neigungen, 1917)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Henriette Hardenberg (1894-1993) : Requiem

Qui est Henriette Hardenberg ?

Il neige des pétales sur ma mère assise,
Dans ses cheveux ruisselant rouges, les oiseaux jouent au printemps.
Caresses d’ailes sur sa mer rouge.
Laquelle roule autour d’elle,
Secoue son corps infime
Et remplit les yeux vieux.
Toi, mon sang rouge sur la neige,
Je ne peux pas venir à toi,
Ni t’aider à déposer ta charge.
Tu ris, couleur —
Ma mère s’est noyée.
Pétales, embrassez son cadavre de colombe,
Oiseaux, posez-vous sur elle,
Buvez-la toute, recouvrez-la :
Tous, vous deviendrez rouges, d’un brun de crépuscule,
Terre-amour.


Meine Mutter sitzt im Blütenschnee,
Vögel in ihren roten Haarbächen spielen Frühling.
Sie läßt sich kosen von Flügeln auf ihrem roten Meere.
Es fließt um sie,
Schüttelt ihren winzigen Körper
Und füllt die alten Augen.
Du, mein rotes Blut im Schnee,
Ich kann nicht zu dir,
Dir nicht helfen aus deinen Lasten.
Du lachst so, Farbe —
Meine Mutter ertrank.
Blüten, küßt ihren Taubenleib,
Vögel, legt euch an sie heran,
Trinkt sie aus, deckt sie zu:
Ihr werdet alle rot, schimmrig braun,
Liebeserde.

(in Neigungen, 1917)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Attila József (1905-1937) : Carte postale de Paris / Párizsi anzix

Qui est Attila József ?


Très tard les patrons sont encore au lit,
La Berthe à Paris s’appelle Jeannette.
Chez le coupe-tif on peut faire emplette
De mèche allumée et d’épinards cuits.

Le long du Boul’ Mich’, quand on le descend,
Chantent vers le ciel, nues, soixante femmes.
On pèle de froid dedans Notre Dame,
Monter m’y toiser, ça coûte cinq francs.

Et la Tour Eiffel nuitamment s’abat,
Dans un édredon de brume se vrille.
Les flics font la bise, est-on jeune fille,
Et dans les vécés : de siège on n’a pas.


NB : Je ne sais pas le hongrois, c’est d’évidence un handicap. Pour cette traduction (ou, plus exactement, pour cette transposition, au sens musical du terme), j’ai eu recours au traducteur automatique de Google, dont j’ai varié les langues de destination, privilégiant celles que je maîtrise (français, anglais, allemand, espagnol). Je me suis aussi aidé d’un dictionnaire en ligne hongrois-français, ainsi que des traductions (en français, anglais, allemand, espagnol) disponibles sur Internet. Cette manière de procéder est celle, avec les outils de notre temps, de Georges-Emmanuel Clancier, Guillevic, Jean Rousselot, Pierre Seghers et d’autres poètes encore, traduisant Attila József (pour le compte des éditions Phébus) sans connaître le hongrois mais disposant de traductions brutes, charge à eux de les mettre en forme.


A patron sosem kelt föl reggel,
Párizsban Jeanettek a Berták
s borbélynál is vehet az ember
főtt spenótot vagy égő gyertyát.

A Saint Michelen végig hatvan
meztelen nő dalol az éghez
s a Notre Dame: belül hideg van,
felül öt frankért rám lenézhetsz.

Az Eiffel-torony éjjel eldől,
bebúvik paplanos ködökbe,
ha lány vagy, megcsókol a rendőr
s az illemhelyen nincs ülőke.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Johannes Robert Becher (1891-1958) : Chant d’amour / Liebeslied

Qui est Johannes Robert Becher ?

Les rues courent parmi les pâtés de maisons :
Ciment colosse. Éclats de mercure pour tresses.
Des veines sous la peau, c’est leur comparaison.
Des nuées sont tirées par un soir sombre, épaisses.

Te voici maintenant qui coules sur des pentes
De lumière et de pierre. Es soudain visible. Oui,
Les trams font ton portrait sur alarme bruyante,
Les roues glissent. Dedans, tout à coup, plus de nuit,

Te voici ceint par le courant, place soignée
Par lui de ses rumeurs, douchée de firmament.
La poitrine au zénith en brillant s’est scindée,
Fusante hostie. Incendiant espace et vent.


Die Straßen rinnen zwischen Häuserquadern:
Koloß Zement. Quecksilberner Glast verflicht.
So scheinen sie wie unter Häuten Adern.
Ein brauner Abend zieht die Wolken dicht.

Jetzt spülest du heraus aus den Gefällen
Von Licht und Stein. Bist plötzlich deutlich. Ja,
Es schildern dich die Trams in einem gellen
Signal mit Räderrutsch. Bis steigend jäh umfah

Dich Strom aus Nacht, der von Geräuschen heilte
Den Platz, beduscht mit Sternenfirmament.
Der Schoß sich strahlend am Zenith entteilte,
Raketenhostie. Windigen Raum durchbrennt.

(in An Europa, 1916)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Attila József (1905-1937) : Maman / Mama

Qui est Attila József ?


Depuis huit jours, j’ai constamment
en tête, par à-coups, maman,
de son panier grinçant couverte,
allant dans le grenier, alerte.

J’étais encore un être entier,
je tempêtais, tapais du pied.
« À d’autres, ces paquets de hardes,
emmène-moi dans les mansardes. »

Elle montait, vite étendait,
ne me grondait ni regardait
et froufroutaient, ailes brillantes,
les vêtements dans les soupentes.

Il n’est plus l’heure pour des pleurs,
mais je confesse ta grandeur –
tes cheveux gris dans le ciel fluent,
ton bleu¹, ses vagues le diluent.

¹ : Il s’agit vraisemblablement du bleu des blanchisseuses.

NB : Je ne sais pas le hongrois, c’est d’évidence un handicap. Pour cette traduction (ou, plus exactement, pour cette transposition, au sens musical du terme), j’ai eu recours au traducteur automatique de Google, dont j’ai varié les langues de destination, privilégiant celles que je maîtrise (français, anglais, allemand, espagnol). Je me suis aussi aidé d’un dictionnaire en ligne hongrois-français, ainsi que des traductions (en français, anglais, allemand, espagnol) disponibles sur Internet. Cette manière de procéder est celle, avec les outils de notre temps, de Georges-Emmanuel Clancier, Guillevic, Jean Rousselot, Pierre Seghers et d’autres poètes encore, traduisant Attila József (pour le compte des éditions Phébus) sans connaître le hongrois mais disposant de traductions brutes, charge à eux de les mettre en forme.
On trouve d’autres traductions du même poème (un des plus connus d’Attila József) sur Argitato, Esprits nomades, Babel matrix, Linda et Tebinfea, et ailleurs encore.


Már egy hete csak a mamára
gondolok mindig, meg-megállva.
Nyikorgó kosárral ölében,
ment a padlásra, ment serényen.

én még őszinte ember voltam,
ordítottam, toporzékoltam.
Hagyja a dagadt ruhát másra.
Engem vigyen föl a padlásra.

Csak ment és teregetett némán,
nem szidott, nem is nézett énrám
s a ruhák fényesen, suhogva,
keringtek, szálltak a magosba.

Nem nyafognék, de most már késő,
most látom, milyen óriás ő –
szürke haja lebben az égen,
kékítőt old az ég vizében.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Georg Heym (1887-1912) : L’hiver / Der Winter

Qui est Georg Heym ?


Le plat pays est recouvert de neige bleue,
L’hiver s’étale. Et les panneaux indicateurs
Se montrent l’un à l’autre en étendant la main
Le violet silencieux de l’horizon.

Quatre routes ici progressant vers le vide
Se joignent. Dénudés, les arbres bas se dressent
Comme des mendiants. Le rouge de la sorbe
Brille trouble, semblable à leur œil. Les chemins

Font une courte halte et parlent sous les branches
Avant de repartir vers leur isolement,
Vers le nord et le sud et vers l’est et vers l’ouest
Où pâlit le jour bas de la saison d’hiver.

Un panier à haut bord au cannage éventré
Est depuis la moisson demeuré dans le champ.
Barbe blanche, un soldat, qui après la bataille
Et la chaude journée est de garde des morts.

La neige s’appâlit et le jour se consume.
L’haleine du soleil sur le firmament fume,
Avec pour résultat que la glace des flaques
Brûle au bas du chemin, rouge comme du feu.


Der blaue Schnee liegt auf dem ebenen Land,
Das Winter dehnt. Und die Wegweiser zeigen
Einander mit der ausgestreckten Hand
Der Horizonte violettes Schweigen.

Hier treffen sich auf ihrem Weg ins Leere
Vier Straßen an. Die niedren Bäume stehen
Wie Bettler kahl. Das Rot der Vogelbeere
Glänzt wie ihr Auge trübe. Die Chausseen

Verweilen kurz und sprechen aus den Ästen.
Dann ziehn sie weiter in die Einsamkeit
Gen Nord und Süden und nach Ost und Westen,
Wo bleicht der niedere Tag der Winterzeit.

Ein hoher Korb mit rissigem Geflecht
Blieb von der Ernte noch im Ackerfeld.
Weißbärtig, ein Soldat, der nach Gefecht
Und heißem Tag der Toten Wache hält.

Der Schnee wird bleicher, und der Tag vergeht.
Der Sonne Atem dampft am Firmament,
Davon das Eis, das in den Lachen steht
Hinab die Straße rot wie Feuer brennt.

(in Umbra vitae [1912])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Maria Luise Weissmann (1899-1929) : Comme le roi Midas…


Comme ce roi Midas, qui s’était tellement
Entiché sur la fin de l’éclat des dorures
Que ce qu’il saisissait en jaune nitiscent
Se solidifiait, boissons et nourritures,  

Et que le sol où fuir sa malédiction
Était d’or sous ses pas. De même en feu se change
Ce qui me touche. Ainsi, de fatale façon,
L’amour sort-il soudain de sa tutelle étrange, 

Ainsi fatalement de moi t’approches-tu
Venant du ciel lointain, comme cible imposée
Où déjà tout chemin va depuis son début. 

Et m’appliquant, fuyante, à croire vainement
Que dans un nouveau jeu je te fusse échappée,
Je t’y ai retrouvé, encore plus présent.


Wie jenem König Midas: Er vernarrte
Zuletzt dem Schein von Goldenem sich so,
Daß was er griff zu gelbem Glanz erstarrte,
Speise und Trank; die Erde, drauf er floh

Vor seinem Fluch, glänzte ihm unterm Schritt
Vergoldet auf. So wandelt sich in Glut
Was mich berührt. So unentrinnbar tritt
Geliebtes plötzlich aus der fremden Hut,

So unausweichlich nahst mir Du aus allen
Weiten des Himmels, das verhängte Ziel,
Dem jeder Weg schon zu Beginn verfallen.

Und auf dem abgewandten, fliehnden, leer
Geglaubten, sieh, in einem neuen Spiel
Dir zu entgehen, fand ich Dich noch mehr.

(in Mit einer kleinen Sammlung von Kakteen, 1926)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Maria Luise Weissmann (1899-1929) : La bouche amoureuse


Je m’approchai, pareille au dévot que convie
Le pain béni, ma bouche exhalant le désir.
Plaie ouverte à tes yeux ! et toi de la bannir
Sans rien pour apaiser le croît de son envie :

Et de te gausser d’elle, assumant abondance
De suc et de provende, ô plus amer des fruits,
Amer entièrement ! La bouche, qui t’a pris
Une fois dans sa flamme aspire à ton outrance

De miel et d’amertume ; et prête à se livrer
À toute expérience, elle vient, assoiffée,
S’aboucher à ton être, et prendre et s’abreuver,

Te quitter et souffrant d’un si complet tourment,
Que, brûlant, d’elle-même, ainsi que possédée,
Nouvelle, elle y revient, perpétuellement.


Ich nahte mich, wie einem frommen Brot
Ein Pilger naht, mit sehnsuchtvollem Munde.
Du stießest ihn, Dir aufgetane Wunde,
In eine tiefre nie gestillte Not:

Du höhntest ihn mit übernommner Hülle
Von Saft und Speisung, bitter bis zum Rand,
O bittre Frucht! Der Mund, der Dich im Brand
Einmal empfing, sieh, er verlangt die Fülle

Von Bitterkeit wie Süße; widersteht
Keiner Erfahrung mehr: Er kommt und mündet
Dürstend in Dich und nimmt und trinkt und geht

Von Dir und ist so ganz mit Schmerz versehrt,
Daß er wie ein Beseßner sich entzündet
Neu aus sich selbst und endlos wiederkehrt.

(in Mit einer kleinen Sammlung von Kakteen, 1926)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Paul Mayer (1889-1970) : Hiver / Winter

Qui est Paul Mayer ?


Toutes les routes sont
Recouvertes de neige,
Seul y marche un aveugle
Grelottant dans le vent.

Et les arbres en rangs
Sont pareils à des nonnes
Implorant le pardon
Dans leur haire de crin.

Sur la croix de l’étang
Le Rédempteur pend, nu,
Du bec, une corneille
Le blesse dans sa chair.


Alle Wege sind
Vom Schnee verweht,
Nur ein Blinder geht
Frostzitternd im Wind.

Und die Baume stehn
Wie Nonnen gereiht,
Die im Büßerkleid
Vergebung erflehn .

Auf dem Kreuz am Teich
Hängt der Heiland nackt,
Eine Krähe hackt
Ihm Wunden ins Fleisch.

(in Rudolf Kayser (éditeur): Verkündigung [1921])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Georg Heym (1887-1912) : L’hôpital des fièvres I / Das Fieberspital I

Qui est Georg Heym ?


Le pâle drap de lin couvrant les lits nombreux
Se fond sur le mur nu dans la salle commune.
Toutes les maladies, frêles marionnettes,
Marchent, s’y promenant, dans les allées. Sa part

En a chaque malade. Et à la blanche craie
Est proprement noté le mal qui le tourmente.
La fièvre bruit comme un tonnerre. Leurs entrailles
Brûlent comme des monts. Leur œil hagard regarde

La couverture, où quelques grosses araignées
Extirpent de longs fils hors de leur abdomen.
Ils se tiennent assis dans la froideur du lin
Et leur sueur, genoux repliés vers le haut.

Ils creusent en mordant les ongles de leurs mains.
Les rides à leur front, qui est rougeâtre et brûle,
Paraissent un labour à sillons de grisaille
Sur quoi fleurit la grande aurore de la mort.

Ils tendent vers avant la blancheur de leurs bras,
Le froid les fait trembler, l’horreur les rend muets.
Déjà, leur cerveau, noir, va d’une oreille à l’autre,
Roulant vite en tous sens et monstrueux remous.

Alors, derrière eux, noire, une fissure bâille,
Et, ressortant du mur badigeonné de blanc,
Un bras se tend. Autour de leur gosier se serre
Une main, lentement, qui est dure et osseuse.


Die bleiche Leinwand in den vielen Betten
Verschwimmt in kahler Wand im Krankensaal.
Die Krankheiten alle, dünne Marionetten,
Spazieren in den Gängen. Eine Zahl

Hat jeder Kranke. Und mit weißer Kreide
Sind seine Qualen sauber aufnotiert.
Das Fieber donnert. Ihre Eingeweide
Brennen wie Berge. Und ihr Auge stiert

Zur Decke auf, wo ein paar große Spinnen
Aus ihrem Bauche lange Fäden ziehn.
Sie sitzen auf in ihrem kalten Linnen
Und ihrem Schweiß mit hochgezognen Knien.

Sie beißen auf die Nägel ihrer Hand.
Die Falten ihrer Stirn, die rötlich glüht,
Sind wie ein graugefurchtes Ackerland,
Auf dem des Todes großes Frührot blüht.

Sie strecken ihre weißen Arme vor,
Vor Kälte zitternd und vor Grauen stumm.
Schon wälzt ihr Hirn sich schwarz von Ohr zu Ohr
In ungeheurem Wirbel schnell herum.

Dann gähnt in ihrem Rücken schwarz ein Spalt,
Und aus der weißgetünchten Mauerwand
Streckt sich ein Arm. Um ihre Kehle ballt
Sich langsam eine harte Knochenhand.

(in Der ewige Tag [1911])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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