_______ Lydie, réponds, par tous les dieux je t’en supplie : pourquoi hâter,_par ton amour,de Sybaris _______ la perte ? – Pourquoi son horreur pour la chaleur du Champ de Mars_lui qui bravait soleil, poussière ; _______Pourquoi ne chevauche-t-il plus parmi les jeunes de sa classe_ et ne dompte-t-il plus de bouche _______ gauloise¹ à coups de mors denté ? D’où vient qu’il craint le Tibre jaune_et d’y toucher, et que de l’huile² _______ plus que du sang de la vipère il a grand soin de s’écarter ?_qu’il ne se bleuit plus, joutant,__ _______ les bras – quand il était connu pour, lançant disque et javelot,_fréquemment dépasser le but ? _______ – qu’il se tapit, comme dit-on______ le fils de Thétis l’océane,_avant le temps que Troie pleura _______ ses deuils, de peur qu’un habit d’homme ne l’entraînât vers le carnage_ et vers les troupes de Lycie ?
¹ : Il s’agit d’une synecdoque (le tout pour la partie). La « bouche » désigne ici le cheval, d’origine gauloise, que Sybaris cherche à dompter au moyen d’un mors spécial, le frenum lupinum, équipé de « dents de loups ».
² : Il s’agit de l’huile d’olive dont s’oignaient les athlètes.
________Lydia, dic, per omnis te deos oro, Sybarin cur properes amando ________perdere, cur apricum oderit Campum, patiens pulveris atque solis, ________cur neque militaris inter aequalis equitet, Gallica nec lupatis ________temperet ora frenis. Cur timet flavum Tiberim tangere? Cur olivum ________sanguine viperino cautius vitat neque jam livida gestat armis ________bracchia, saepe disco saepe trans finem jaculo nobilis expedito? ________quid latet, ut marinae filium dicunt Thetidis sub lacrimosa Troiae ________funera, ne virilis cultus in caedem et Lycias proriperet catervas?
Les traductions originales de ce blog, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.
Ne le dis qu’aux sages d’esprit — Prompt à moquer est le vulgaire : Je veux au Vivant donner prix, Épris de flamme mortifère.
Après l’ardeur des nuits d’ébats Où tu pris et donnas la vie, Un trouble étrange en toi s’abat Quand brille calme la bougie.
Tu ne demeures plus enceint Par l’occultante obscurité, Et un désir, nouveau, t’étreint D’œuvre de chair plus élevée.
Nulle distance ne t’obère, Tu viens, tu voles, captivé, Pour enfin, guignant la lumière, Papillon, t’y brûler.
Et tant que tu n’as pas cela, Ce : « Meurs et puis deviens », Tu n’es qu’un hôte sans éclat Parmi ce monde éteint.
Sagt es niemand, nur den Weisen, Weil die Menge gleich verhöhnet: Das Lebend’ge will ich preisen, Das nach Flammentod sich sehnet.
In der Liebesnächte Kühlung, Die dich zeugte, wo du zeugtest, Überfällt dich fremde Fühlung, Wenn die stille Kerze leuchtet.
Nicht mehr bleibest du umfangen In der Finsternis Beschattung, Und dich reißet neu Verlangen Auf zu höherer Begattung.
Keine Ferne macht dich schwierig, Kommst geflogen und gebannt, Und zuletzt, des Lichts begierig, Bist du Schmetterling verbrannt.
Und so lang du das nicht hast, Dieses: Stirb und Werde! Bist du nur ein trüber Gast Auf der dunklen Erde.
(in West-östlichen Divan)
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Je veux être un jardin près des sources duquel les rêves abondants cueillent des fleurs nouvelles, les unes se tenant retirées et songeuses, d’autres unies en causeries silencieuses.
Et marchent-ils, je veux, au-dessus de leurs têtes par des paroles bruire à la façon de faîtes et se reposent-ils, je veux, par mon silence, les entendre, engourdis, entrer en somnolence
Ich will ein Garten sein, an dessen Bronnen die vielen Träume neue Blumen brächen, die einen abgesondert und versonnen, und die geeint in schweigsamen Gesprächen.
Und wo sie schreiten, über ihren Häupten will ich mit Worten wie mit Wipfeln rauschen, und wo sie ruhen, will ich den Betäubten mit meinem Schweigen in den Schlummer lauschen.
(in Frühe Gedichte)
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Je suis si jeune. Je voudrais, à chaque son qui bruit en me frôlant, m’offrir en un frisson, et, asservi au vent qui plaisamment contraint, tel la treille en surplomb de l’allée du jardin mon désir enflammé veut mouvoir ses scions.
Et sans équipement je veux me rengorger tant que je sentirai ma gorge se renfler. Car il est temps de s’équiper pour les voyages lorsque le jour, du prime froid de ces rivages vers l’arrière-pays me fait me diriger.
Ich bin so jung. Ich möchte jedem Klange, der mir vorüberrauscht, mich schaudernd schenken, und willig in des Windes liebem Zwange, wie Windendes über dem Gartengange, will meine Sehnsucht ihre Ranken schwenken,
Und jeder Rüstung bar will ich mich brüsten, solang ich fühle, wie die Brust sich breitet. Denn es ist Zeit, sich reisig auszurüsten, wenn aus der frühen Kühle dieser Küsten der Tag mich in die Binnenlande leitet.
(in Frühe Gedichte)
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Les fastes d’Orient, mon garçon, je les hais Et boude le tilleul que l’on tresse en couronne. Cesse de t’enquérir en quels endroits pourrait ___S’attarder quelque rose d’automne.
Le myrte naturel, ne lui ajoute rien Par zèle, je le veux : il n’est, le myrte, indigne Ni de toi qui me sers ni de moi qui me tiens ___–Y buvant– sous le dais de ma vigne¹.
¹ : Dans l’Antiquité, la vigne se cultivait « en hautain » : on l’unissait à certains arbres, dans les branches desquels on la laissait se développer. L’ensemble, après taille, formait une tonnelle, comme dans l’illustration ci-dessus.
Persicos odi, puer, apparatus, displicent nexae philyra coronae, mitte sectari, rosa quo locorum _____sera moretur.
Simplici myrto nihil adlabores sedulus, curo: neque te ministrum dedecet myrtus neque me sub arta _____vite bibentem.
(in Odes, I, 38)
Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.
Douce Ipsitille, invite-moi, ma savoureuse au beau minois, chez toi pour une méridienne. Si tu acceptes que je vienne, veille à ce que je puisse entrer et garde-toi de t’éloigner : reste à demeure et te dispose à neuf saillies, cela sans pause. Si c’est d’accord, dis-le sitôt : là, ventre plein, je me repose et je défonce… mon manteau.
Note sur cette traduction :
1. Cette traduction versifiée et rimée prend quelques licences par rapport à l’original. Celle en prose de Maurice Rat (éditions Garnier, 1931, pp. 49-51) est sans aucun doute plus fidèle (ne serait-elle pas aussi plus plate ?) : « Au nom de l’amour, ma douce Ipsithille, mes délices, charme de ma vie, invite-moi à venir chez toi l’après-midi. Y consens-tu ? Une grâce encore ! que ta porte ne soit pas fermée d’un verrou ; et ne va pas t’aviser de sortir : reste au logis, et prépare-toi à faire l’amour neuf fois de suite. Mais si tu dis oui, invite-moi aussitôt, car, étendu sur mon lit, après un bon dîner et couché sur le dos, je transperce et ma tunique et mon manteau. » Celle de Charles Héguin de Guerle, pudiquement édulcorée, prête quant à elle à sourire.
2. Il n’est pas certain qu’Ipsitille soit, comme le pensent certains commentateurs, une prude jeune fille dont Catulle se fût épris. Il s’agit plutôt semble-t-il d’une courtisane, d’une « beauté complaisante », selon l’expression de l’excellent François Noël, fréquentée à l’occasion par le poète, le vocabulaire très cru employé vers la fin du poème (fututiones, pertundo) n’étant guère de mise à l’adresse d’une amoureuse tendrement chérie…
Amabo, mea dulcis Ipsitilla, meae deliciae, mei lepores, jube ad te veniam meridiatum. et si jusseris, illud adjuvato, ne quis liminis obseret tabellam, neu tibi lubeat foras abire, sed domi maneas paresque nobis novem continuas fututiones. verum si quid ages, statim jubeto: nam pransus jaceo et satur supinus pertundo tunicamque palliumque.
Les traductions originales de ce blog, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.
Mais quoi ? Après m’avoir, mes yeux, Conduit de force en ce brasier, D’où vient que là, vous arrosiez Mes joues d’un flux torrentueux ?
Les pleurs n’apaisent point la flamme Chez qui le feu d’amour fait rage : Ils lui embrasent le visage Et lui réduisent en eau l’âme.
Note sur cette traduction :
Cette épigramme a été retrouvée à Pompéi, sur un des murs du « Petit théâtre ». Son auteur, qui la signe d’un « Tiburtinus epoese ( = ἐποίησε) », ne nous est pas autrement connu. Les premières syllabes de la partie gauche du texte sont partiellement effacées et ont été diversement reconstituées par les érudits. J’en ai gardé ce qui me semble le plus vraisemblable dans la logique poétique de l’opposition eau (larmes) / feu (amour).
qui fit vi me oculi postquam deduxistis in ignem tum aquam vestris largificatis genis usto non possunt lacrimae restinguere flammam huic os incendunt tabificantque animum
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Dans le droit fil thématique de son très remarquable Cristina dont j’ai rendu compte en son temps (et qui fait l’objet, aux éditions du Réalgar, d’une réédition préfacée par Alain Borer), Paloma Hermine Hidalgo livre un second recueil, peut-être encore plus mûr, encore mieux composé que le précédent, où se retrouvent toutes les qualités, toutes les beautés de cette voix aussi singulière que discordante dans le concert de la poésie contemporaine.
De nouveau, la forme empruntée est celle du court poème en prose d’une écriture toujours aussi exigeante et richement baroque, parfois précieuse (on pense à Mandiargues), quelquefois rythmée par l’alexandrin :
Pourquoi le ciel est-il si noir, ébloui d’astres ?
Maïs cillant l’écran – croquer, bruissant, le pop
mais le plus souvent, comme il sied à la prose classique, savamment orchestrée d’une alternance de cadences paires et impaires, comme ici :
Nos ombres coulent sur le bois. Tu pourrais, ce soir, t’attendrir à mon flanc, mais cingles à plaisir d’une cravache rosie. Nerfs blonds enlacés – leurs tresses veinent mon flanc. Tu mets à dormir ton alliance dans la terre.
C’est toutefois autre chose que ces aspects stylistiques je souhaite ici mettre en exergue : si le plaisir d’un texte peut nicher dans sa surface, là où les mots se lient ou s’entrechoquent pour en former la trame la plus perceptible, il se renforce si on discerne sous cette strate, la scrutant avec ce qui demeure d’une mémoire pétrie par les anciennes humanités, cet autre texte / ces autres textes que les paléographes nomment palimpseste(s).
Il y a dans ce type de lecture quelque chose d’éminemment proustien : comme si buter sur une phrase pourtant simple à comprendre mais qui semble résister pour quelque obscure raison (de même que « buter malgré soi contre les pavés assez mal équarris » de la cour de l’hôtel des Guermantes) vous obligeait à interroger vos souvenirs littéraires, à les creuser pour en extraire ce qui résiste et qui, surgissant tout à coup, vous projette dans un autre univers, dans une autre époque (Venise quelques décennies plus tôt, pour le Narrateur de La Recherche).
Cette expérience de la reconnaissance, gratifiante du fait qu’elle enrichit subtilement le texte d’une substance étrangère (et toute légère, puisque immatérielle, dépendant de la seule mémoire), je l’ai faite à la lecture de Rien, le ciel peut-être. Tandis que je parcourais ce texte magnifique, ce sont d’autres textes qu’il convoquait régulièrement, et non des moindres – de ceux qu’on ne lit plus guère, de nos jours où les humanités d’antan ont cédé à d’autres disciplines. Il y a, autant que du moderne, de l’antique, dans ce recueil, et cela transparaît dès les premières lignes où se trouve évoqué le sacrifice païen :
je te sacrifierai colombe, pur agneau, te ferai l’offrande d’os de seiches, de corne de narval – s’il s’en échoue sur la côte
On croirait lire Horace et son Fons Bandusiae (cras donaberis haedo). Ailleurs, c’est Sappho qui est nommément citée, dans un alexandrin quasi racinien
c’est Virgile et son carmina vel possunt caelo deducere lunam que l’on reconnaît, sous-jacent à
à la lune, dès l’aube, tu ordonnes, et elle obtempère.
Catulle non plus n’est pas loin (nobis cum semel occidit brevis lux / nox est perpetua una domienda) sous
Et quand on meurt, dis, c’est pour toute la nuit ?
On lit en filigrane Ausone et sa Naissance des roses (De rosis nascentibus) sous ces phrases (aussi si malherbiennes) :
Grâce des fleurs si brève ; elle offre ses appas pour sitôt les ravir ; calice ne dure point – point ne durera ton faste ; la rose, née de tourbe, lui paie redevance, si féroce est le rapt des minutes fugaces.
Ces quelques extraits sont la preuve, s’il le fallait, que si on lit avec une culture, on n’écrit pas moins non plus avec une culture. Gageons que celle de Paloma Hermine Hidalgo, dans la puissante modernité des thématiques abordées, est toute classique, ce qui ajoute au plaisir que procure Rien, le ciel peut-être : et que ses mots les plus contemporains, les plus transgressifs, véhiculent sous couvert ceux de très vieux morts, auxquels ils reprêtent vie. Eros, on le sait, n’est jamais bien éloigné de Thanatos.
Paloma Hermine Hidalgo grandit en milieu rural, marquée par la violence, la pédophilie à l’initiative d’amants de sa mère et la mort de celle-ci, qui conditionnent son goût pour les œuvres de la « rupture ». Elle poursuit notamment sa formation en philosophie, littérature et linguistique à l’Ecole normale supérieure d’Ulm-Paris et en commerce à HEC Paris, puis, lors d’un échange, à La Femis.
Modèle, comédienne et critique d’art autodidacte sous divers pseudonymes depuis ses dix-sept ans, elle a aussi signé des centaines de chroniques, en anglais et en français, sur la littérature, la philosophie, le théâtre pour Le Monde, Le Monde diplomatique, France Culture, Esprit, Europe, The Times Literary Supplement… Elle enseigne à Science Po Paris, tout en travaillant pour l’INA, l’Institut français, le Centre Wallonie-Bruxelles, l’UNESCO, etc.
Michel Deguy, le premier, la publie. « Subversifs », ses premiers livres, « autobiographies féeriques », mêlent cruauté, baroque, conte et mystique. Son premier livre, le récit poétique Cristina, tenu pour « inouï de grâce, unique et bouleversant » (Les Lettres Françaises) ou « remarquable d’équilibre » (Le Monde diplomatique), est salué par le monde littéraire : « Cristina constitue un Portique par lequel entrer en Littérature et directement dans ses régions vitales. Il n’est donné qu’à de rares foudroyés de faire pénétrer la lumière du langage dans la nuit du crime » (Alain Borer, préface). Son deuxième recueil, Rien, le ciel peut-être, lauréat Chenouard de la Société des Gens de Lettres et actuellement finaliste de l’Apollinaire Découverte, conte l’inceste mère-fille.
Son premier roman, Matériau Maman, paraîtra début 2024 aux Éditions de Corlevour.
Rabouillant dru pour l’écrevisse au débouché de l’abattoir – la buse abouche à la rivière le sang des bêtes qu’on égorge –
appréhendant non loin des berges les creux profonds gobeurs de cuisses :
pour la proie maigre au bout du compte que l’on relâche : & l’orteil fixe on scrute un vol de choucas gris qu’on sait nicher au clocher proche qu’un glas chahute.
Ce poème original, dû à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de le diffuser, à la condition expresse que le nom de l’auteur soit clairement indiqué.
Il n’est guère d’homme qui sache ce qu’il chantera, venue la fin, Regardant, le navire s’éloignant, la jetée ni comment cela sera Quand il sera tenu par la mer rugissante, immobile, là-bas, venue la fin, Ni ce qu’il espèrera face à la certitude du retour impossible.
Quand est passé le temps de la taille des rosiers ou des caresses au chat, Quand le couchant incendiant la pelouse, la pleine lune qui la givre, Ont cessé de paraître, il n’est guère d’homme qui sache ce qu’à leur place il va trouver. Quand le poids du passé ne prend appui sur rien, que le ciel
N’est plus qu’une lumière que l’on se remémore, que les histoires de cirrus Et cumulus touchent à leur terme et que tous les oiseaux sont suspendus en vol, Il n’est guère d’homme qui sache ce qui l’attend ni ce qu’il chantera Quand le navire où il sera glissera parmi l’obscurité, là-bas, venue la fin.
Not every man knows what he shall sing at the end, Watching the pier as the ship sails away, or what it will seem like When he’s held by the sea’s roar, motionless, there at the end, Or what he shall hope for once it is clear that he’ll never go back.
When the time has passed to prune the rose or caress the cat, When the sunset torching the lawn and the full moon icing it down No longer appear, not every man knows what he’ll discover instead. When the weight of the past leans against nothing, and the sky
Is no more than remembered light, and the stories of cirrus And cumulus come to a close, and all the birds are suspended in flight, Not every man knows what is waiting for him, or what he shall sing When the ship he is on slips into darkness, there at the end.
(in The Continuous Life: Poems [Alfred A. Knopf, 1990])
Les traductions originales de ce blog, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.