Jean de Santeul (1630-1697) : La bulle de savon / Bulla (vers 49-64)


[…] Absorbé par le chaume à petite aperture,
informe tout d’abord, le liquide s’y moule,
attendant qu’on y souffle une haleine féconde.
Coule, coule ce souffle, enfant : bulle poussée
dans le tube imbibé (l’eau se meut sous l’haleine)
fais-la naître, réglant ton expiration
pour préserver ton œuvre – et pousse avec mesure :
dans l’orbe de la bulle un air ténu pénètre
peu à peu, distendant la bulle qui l’enferme
et qui prend en son croît d’innombrables couleurs
qu’en sa volte elle perd et recouvre à nouveau
pour toujours être neuve ; et mue en sa poussée,
elle change sans cesse, est tantôt rouge feu,
affichant sous ses eaux de doux feux sans vigueur,
tantôt froide, augurant sa ruine future,
calquant en sa pâleur l’apparence du fer. […]


[…] Aspicis ut parco calamus bibit ore liquorem,
ut liquor informis primum, componitur intus,
exspectatque animam, et genitales postulat auras.
Hanc puer, hanc infunde animam, si Bulla madenti
trudatur tubulo (nam flatu ductilis humor)
nascentem foveas, e pectore prome modestos
pro tutela operis, flatus, et parcius urge :
nam tenuis ventus se Bullae infundit in orbem
paulatim, hinc clauso distenditur aere Bulla,
hinc capit innumeros magis ac magis aucta colores,
quos motu amittit, reparatque volubilis uno ;
nam nova sit semper, quotiesque agitata movetur,
mutatur toties, mox ignea tota rubescit,
et monstrat sub aquis blandos sine viribus ignes ;
frigida mox, casus veluti praesaga futuri
pallescit, ferrugineos imitata colores. […]

(in Joannis Baptistae Santolei Victorini […] opera poetica [Paris, 1695] pp. 67-68)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Jean de Santeul (1630-1697) : Contre les sonneurs de cloches


Vous qui d’horribles bruits nous fracassez l’oreille
Quand le bronze résonne, encordé longuement :
Ces cordes qu’en vos mains vous tenez fréquemment,
Passées à votre cou vous iraient à merveille !


Qui, sonitu horrendo nostras obtunditis aures,
__Pendula dum longis funibus aera sonant ; –
Hi vestro funes, manibus quos saepe tenetis,
__Aptati collo quam bene conveniant !

(in Joannis Baptistae Santolei Victorini […] opera poetica [Paris, 1695] p. 318)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Jean de Santeul (1630-1697) : La pompe du pont Notre-Dame


Il a existé à Paris, entre 1676 et 1853, un système de pompage installé sur le Pont-Neuf et destiné à alimenter en eau de Seine diverses fontaines de la capitale. Le poète néolatin Jean de Santeul est l’auteur de l’épigramme qui suit, gravée sur le frontispice de l’établissement. Pierre Corneille et d’autres poètes de l’poque en ont versifié des traductions assez libres (ou plus exactement des imitations), que j’indique à la suite de la mienne. Il n’est pas sans importance de préciser que Santeul se défend de s’être lui-même inspiré d’une épigramme sur le même sujet due au père jésuite François Vavasseur (1605-1681) – cette dernière, qui me semble moins bonne que celle de Santeul, est aussi donnée (avec sa traduction par mes soins) ci-dessous en appendice.


Sitôt que parvenant dedans la ville-reine,
La Seine en l’étreignant ralentit son courant ;
Éprise de l’endroit, s’arrêtant, ne sachant
Où couler, par la ville à plaisir se promène :
Et gorgeant de son flux remontant maints canaux,
Jouit d’être fontaine, étant fleuve tantôt.


Traduction de Pierre Corneille (1606-1684) :

Que le Dieu de la Seine a d’amour pour Paris !
Dès qu’il en peut baiser les rivages chéris,
De ses flots suspendus la descente plus douce
Laisse douter aux yeux s’il avance ou rebrousse.
Lui-même à son canal il dérobe ses eaux
Qu’il y fait rejaillir par de secrètes veines ;
Et le plaisir qu’il prend à voir des lieux si beaux,
De grand fleuve qu’il est le transforme en fontaines.


Traduction de Charles Du Périer (1622-1692)

___Éprise d’un lieu si charmant,
___Je coule bien plus lentement,
Je m’arrête partout, et mon onde incertaine
___Semble même oublier son cours :
Ainsi ces longs canaux, où je coule sans peine,
___Font qu’après mille détours,
De fleuve que j’étais, je me change en fontaine.


Traduction de François Charpentier (1620-1702)

Aussitôt que la Seine en sa course tranquille,
Joint les superbes murs de la royale ville,
Pour ces lieux fortunés elle brûle d’amour :
Elle arrête ses flots, elle avance avec peine,
Et par mille canaux se transforme en fontaine,
Pour ne sortir jamais d’un si charmant séjour.


Sequana cùm primùm reginae allabitur urbi,
__Tardat praecipites ambitiosus aquas ;
Captus amore loci, cursum obliviscitus, anceps
__Quò fluat, et dulces nectit in urbe moras.
Hinc varios implens fluctu subeunte canales,
__Fons fieri gaudet, qui modò flumen erat.

(in Joannis Baptistae Santolei Victorini […] opera poetica [Paris, 1695] pp. 283-284)


Appendice :

Épigramme de François Vavasseur (1605-1681)

La Seine entrant naguère en la ville des rois,
Baignait d’eaux empressées les pompeux domiciles.
Heureuse en son méandre, éprise de l’endroit,
Elle ne demandait qu’à s’attarder en ville.
Et suivant longuement le plomb creux de tuyaux,
De fleuve elle se fit fontaine aux closes eaux.


Sequana nuper, ubi regalem ingressus in urbem,
__Magnificas avido lamberet amne domos
Circuitu gaudens, et captus amore locorum
__Quaerebat longas ducere in urbe moras.
Ergo cavum subiit per longa foramima plumbum;
__Flumen erat, clausis fons quoque factus aquis.


Ces traductions originales, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Anonyme (Antiquité latine) : Cupidon amoureux / Cupido amans


« Mais quelle ardeur me pousse… ? Inédits, ces soupirs…
Un dieu a-t-il un arc plus puissant que le mien ?
Quel frère m’a conçu, me bernant, ma déesse
De mère ? Mes dards traits sur l’univers ont-ils
Par trop pressé le ciel, est-ce là la revanche
Du monde outragé ? – Non : je connais mes blessures,
C’est là mon feu, mon feu, qui n’épargne personne.
Je suis pris de furies et de feux ! – Cache-toi,
Jupiter, dans les cieux, toi, dans les flots, Neptune,
Au secret, toi Pluton, des tourments infernaux :
Je vais lever le faix qu’on m’impose et voler
Par la terre et le ciel, la mer tempétueuse,
Et par l’ombreux Chaos ; que les règnes bleus s’ouvrent !
Que cède à mon poison la farouche Bellone !
Peine aimable à chacun : stupeur des dieux ! » L’Amour
Cruel inspire, et cherche en son mal à piper…


Quis me fervor agit ? Nova sunt suspiria menti.
Anne aliquis deus est nostro vehementior arcu ?
Quem mihi germanum fato fraudante creavit
diva parens ? Satis an mea spicula fusa per orbem
vexavere polum laesusque in tempore mundus
invenit poenam ? Sed si mea vulnera novi,
hic meus est ignis : meus est, qui parcere nescit.
In furias ignesque trahor ! Licet orbe superno,
Juppiter, et salsis undis, Neptune, tegaris,
abdita poenarum te cingant Tartara, Pluton,
impositum rumpemus onus ! Volitabo per axem
mundigerum caelique plagas pontique procellas
umbriferumque Chaos ; pateant adamantina regna,
torva venenatis cedat Bellona flagellis
Poenam mundus amet : stupeat vis major ! Anhelat
in se saevus Amor fraudemque in vulnere quaerit !

(in Anthologia veterum latinorum epigrammatum et poëmatum)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Horace (65-8 av. J.-C.) : à Chloé (Odes, I 23)

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Tu m’évites, Chloé, à la façon du faon
qui sur les monts sans laies, en quête de sa mère
___craintive, s’épeure de vent
___et de présence forestière :

car que se déchevèle au retour du printemps
la mouvante ramure – ou qu’aille en la broussaille
___le lézard vert en l’agitant :
___sa jambe tremble et le cœur lui défaille. 

Je ne suis point tes pas, tel le tigre méchant
ou le lion gétule, à des fins de ravage :
___allons, renonce à ta maman,
___c’est temps pour toi du mariage.

On peut entendre ici une mise en voix contemporaine du poème, 
due au compositeur basque Josu Elberdin.

Vitas inuleo me similis, Chloe,
quaerenti pavidam montibus aviis
__matrem non sine vano
__aurarum et silvae metu.

Nam seu mobilibus veris inhorruit
adventus folliis, seu virides rubum
__dimovere lacertae,
__et corde et genibus tremit.

Atqui non ego te, tigris ut aspera
Gaetulusve leo, frangere persequor:
__tandem desine matrem
__tempestiva sequi viro.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

La noria (inédit)


Celui chargé de puiser l’eau des nappes
anime avec son âne la noria :
les tréfonds souffrent, geignent,
l’animal brait, lui barytonne & couvre
les pleurs de la fontaine –

rentrant quelquefois de l’école
à l’heure méridienne, à l’ombre
du platane un marmot s’attarde
à regarder tourner la bête :

écoutant le chant sombre de l’homme
sortir de terre avec les seaux de toile
humectés de cette chose froide
pressentie dans le ventre du père
& les statues tendres d’albâtre.

(© LEM 07/08/2019)

Maria Luise Weissmann (1899-1929) : Cactus rond / Mammillaria Pusilla


Se tenant étrangers dans le pur sein d’un rond,
Drapés en leurs tréfonds comme dans un plumage,
Suivant de haut en bas un suave cintrage,
Ils dissimulent leur tendresse dans leur fond

Qui est sans fond : saillants dans la proximité,
Éloignés, protégés de magique manière,
Ils troquent tout-à-coup leur distance étrangère
Pour croit-on plus d’approche et plus d’intimité,

Appelant un désir doucement sporadique
De gâteries où ils se sont ouvertement
Ouverts. Ils sont pourtant l’impensable réplique

D’un splendide animal en leur muette pause
N’ayant d’utilité, n’ayant de mouvement,
Et comme toi se refusant en toute chose.


Sie stehen fremd in einem reinen Rund,
Tief in sich eingehüllt wie in Gefieder.
Sie gehn in sanfter Wölbung auf und nieder,
Sie bergen Zärtlichkeit in ihrem Grund,

Der unergründlich ist: sie ragen nah
Und sind Entfernte, zauberisch bewehrt.
Dann plötzlich, so entfremdet abgekehrt,
Scheinen sie näher und vertrauter da,

Rufen sie eine sanft verwehte Gier
Nach Liebkosungen, darin sie erschlossen
Sich öffneten. Doch einem schönen Tier

Unfaßbar gleich in ihrer stummen Ruh
Stehen sie unbewegt und ungenossen
Und sie versagen sich so tief wie Du.

(in Mit einer kleinen Sammlung von Kakteen,
Avec une petite collection de cactées, 1926)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Maria Luise Weissmann (1899-1929) : Apparition dans un cactus


Tu te hissais aussi parmi ces cheveux blancs¹
Sans que l’on y pût croire : une obscure figure.
Vers quoi je m’inclinais, toute d’empressement
Pour sa lumière étrange à mainte dentelure

Et je t’y vis marcher, cheminant longuement,
Changeant avec aisance en fortune changeante
Et je te vis entrer dans l’invécu des temps.
La vue expédiée était évanescente 

Quelquefois : tu tremblais comme le fait sur l’eau
S’y perdant à demi le reflet d’un nuage.
Je dessillai mes yeux, les ouvrant de nouveau

Afin d’accommoder. Et me vis te suivant
Lointaine : en quelque lieu que fût ton arrivage
S’y tenait mon amour, immense et attendant.

¹ : Il s’agit, comme l’indiquent le titre du poème et celui du recueil, des poils blancs du cactus cephalocereus senilis, dit en français « barbe de vieillard ».

Auch diesem weißen Haar entstiegest Du
Unfaßbar, ein verhangenes Gesicht.
Ich beugte mich ganz überstürzt ihm zu
Von einem fremden vielgespaltnen Licht

Und sah darin Dich lange Wege schreiten,
Wechselnd gewandt in wechselndes Geschick,
Und sah Dich in die ungelebten Zeiten
Eingehn. Es losch mir der gesenkte Blick

Zuweilen so, daß Du wie in den Weihern
Ein Wolkenbild, ein fast verlornes, schwanktest.
Ich schlug das Auge auf aus seinen Schleiern

In das Bestimmte wieder. Und ich sah
Dir folgend ferne: Wohin Du gelangtest,
Stand meine Liebe groß und wartend da.

(in Mit einer kleinen Sammlung von Kakteen,
Avec une petite collection de cactées, 1926)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Gottfried Benn (1886-1956) : Express / D-Zug

Qui est Gottfried Benn ?

Brun de cognac. Brun de feuillage. Brun rouge. Jaune malais.
Express Berlin-Trelleborg et les bains de la Baltique.

Chair qui allait nue.
Brunie par la mer jusque dans la bouche.
Mûrement inclinée. Vers le bonheur grec.
Nostalgie des faucilles : qu’il est vaste, l’été !
Jour pénultième du neuvième mois, déjà ! –

Éteules et dernières gerbes en nous pantellent.
Déploiements, le sang, les fatigues,
les proches dahlias nous troublent. –

Brun-d’hommes se rue sur brun-de-femmes :

Une femme est quelque chose pour une nuit.
Et si c’était bien, va pour la prochaine !
Oh ! puis se retrouver tout seul avec soi-même !
Ces mutismes ! Ces poussées qu’on vous inflige !
Une femme est quelque chose avec odeur.
D’indicible ! Agonise ! Réséda.
Dedans sud, pâtre et mer.
Un bonheur s’appuie contre tout versant. –

Brun-clair-de-femmes trébuche contre brun-foncé-d’hommes :

Retiens-moi ! Eh, je tombe !
J’ai la nuque si lasse.
Ô cette douce fiévreuse
dernière odeur des jardins. –


Braun wie Kognak. Braun wie Laub. Rotbraun. Malaiengelb.
D-Zug Berlin-Trelleborg und die Ostseebäder.-

Fleisch, das nackt ging.
Bis in den Mund gebräunt von Meer.
Reif gesenkt. Zu griechischem Glück.
In Sichel-Sehnsucht: wie weit der Sommer ist!
Vorletzter Tag des neunten Monats schon!-

Stoppel und letzte Mandel lechzt in uns.
Entfaltungen, das Blut, die Müdigkeiten,
die Georgiennähe macht uns wirr.-

Männerbraun stürzt sich auf Frauenbraun:

Eine Frau ist etwas für eine Nacht.
Und wenn es schön war, noch für die nächste!
Oh! Und dann wieder dies Bei-sich -selbst-sein!
Diese Stummheiten! Dies Getriebenwerden!
Eine Frau ist etwas mit Geruch.
Unsägliches! Stirb hin! Resede.
Darin ist Süden, Hirt und Meer.
An jedem Abhang lehnt ein Glück.-

Frauenhellbraun taumelt an Männerdunkelbraun:

Halte mich! Du, ich falle!
Ich bin im Nacken so müde.
O dieser fiebernde süße
letzte Geruch aus den Gärten.-

(in Fleisch. Gesammelte Lyrik, 1917)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Gottfried Benn (1886-1956) : Le médecin 3 : Avec peau boutonneuse / Der Arzt 3 : Mit Pickeln in der Haut

Qui est Gottfried Benn ?

Avec peau boutonneuse et pourriture aux dents
Cela s’accouple sur un lit et ça se presse
Et sème sa semence en sillons de barbaque
Et ça se sent un dieu auprès de sa déesse.
Et le fruit – ? – : très souvent ça naît déjà bancroche :
Avec cloques au dos et fentes au larynx,
Louche, manquant de couille, escampette de tripes
En étroites hernies – ; mais même ce qui, sain,
Enfin parvient à la lumière est peu de chose,
Et à travers les trous la terre est là qui goutte :
Promenade – : fœtus, racaille de l’espèce – :
Il est flâné. Posé –
Doigts reniflés.
Raisins secs retirés des dents.
Les petits poissons rouges – !!! – !
Élévation ! Debout ! Le chant de la Weser !
On effleure l’universel. Dieu comme cloche
à fromage plaqué sur les parties honteuses – :
Le bon pasteur – !! – le sentiment universel !
Et le soir le bélier bondit sur l’agnelette.


Mit Pickeln in der Haut und faulen Zähnen
Paart das sich in ein Bett und drängt zusammen
Und säet Samen in des Fleisches Furchen
Und fühlt sich Gott bei Göttin. Und die Frucht – ? -:
Das wird sehr häufig schon verquiemt geboren:
Mit Beuteln auf dem Rücken, Rachenspalten,
Schieläugig, hodenlos, in breite Brüche
Entschlüpft die Därme -; aber selbst was heil
Endlich ans Licht quillt ist nicht eben viel,
Und durch die Löcher tropft die Erde:
Spaziergang -: Föten, Gattungspack -:
Ergangen wird sich. Hingesetzt. –
Finger wird berochen.
Rosine aus dem Zahn geholt.
Die Goldfischchen – !!! – !
Erhebung! Aufstieg! Weserlied!
Das Allgemeine wird gestreift. Gott
Als Käseglocke auf die Scham gestülpt -:
Der gute Hirte – !! – Allgemeingefühl!
Und abends springt der Bock die Zibbe an.

(in Fleisch. Gesammelte Lyrik, 1917)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

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