La noria (inédit)


Celui chargé de puiser l’eau des nappes
anime avec son âne la noria :
les tréfonds souffrent, geignent,
l’animal brait, lui barytonne & couvre
les pleurs de la fontaine –

rentrant quelquefois de l’école
à l’heure méridienne, à l’ombre
du platane un marmot s’attarde
à regarder tourner la bête :

écoutant le chant sombre de l’homme
sortir de terre avec les seaux de toile
humectés de cette chose froide
pressentie dans le ventre du père
& les statues tendres d’albâtre.

(© LEM 07/08/2019)

Maria Luise Weissmann (1899-1929) : Cactus rond / Mammillaria Pusilla


Se tenant étrangers dans le pur sein d’un rond,
Drapés en leurs tréfonds comme dans un plumage,
Suivant de haut en bas un suave cintrage,
Ils dissimulent leur tendresse dans leur fond

Qui est sans fond : saillants dans la proximité,
Éloignés, protégés de magique manière,
Ils troquent tout-à-coup leur distance étrangère
Pour croit-on plus d’approche et plus d’intimité,

Appelant un désir doucement sporadique
De gâteries où ils se sont ouvertement
Ouverts. Ils sont pourtant l’impensable réplique

D’un splendide animal en leur muette pause
N’ayant d’utilité, n’ayant de mouvement,
Et comme toi se refusant en toute chose.


Sie stehen fremd in einem reinen Rund,
Tief in sich eingehüllt wie in Gefieder.
Sie gehn in sanfter Wölbung auf und nieder,
Sie bergen Zärtlichkeit in ihrem Grund,

Der unergründlich ist: sie ragen nah
Und sind Entfernte, zauberisch bewehrt.
Dann plötzlich, so entfremdet abgekehrt,
Scheinen sie näher und vertrauter da,

Rufen sie eine sanft verwehte Gier
Nach Liebkosungen, darin sie erschlossen
Sich öffneten. Doch einem schönen Tier

Unfaßbar gleich in ihrer stummen Ruh
Stehen sie unbewegt und ungenossen
Und sie versagen sich so tief wie Du.

(in Mit einer kleinen Sammlung von Kakteen,
Avec une petite collection de cactées, 1926)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Maria Luise Weissmann (1899-1929) : Apparition dans un cactus


Tu te hissais aussi parmi ces cheveux blancs¹
Sans que l’on y pût croire : une obscure figure.
Vers quoi je m’inclinais, toute d’empressement
Pour sa lumière étrange à mainte dentelure

Et je t’y vis marcher, cheminant longuement,
Changeant avec aisance en fortune changeante
Et je te vis entrer dans l’invécu des temps.
La vue expédiée était évanescente 

Quelquefois : tu tremblais comme le fait sur l’eau
S’y perdant à demi le reflet d’un nuage.
Je dessillai mes yeux, les ouvrant de nouveau

Afin d’accommoder. Et me vis te suivant
Lointaine : en quelque lieu que fût ton arrivage
S’y tenait mon amour, immense et attendant.

¹ : Il s’agit, comme l’indiquent le titre du poème et celui du recueil, des poils blancs du cactus cephalocereus senilis, dit en français « barbe de vieillard ».

Auch diesem weißen Haar entstiegest Du
Unfaßbar, ein verhangenes Gesicht.
Ich beugte mich ganz überstürzt ihm zu
Von einem fremden vielgespaltnen Licht

Und sah darin Dich lange Wege schreiten,
Wechselnd gewandt in wechselndes Geschick,
Und sah Dich in die ungelebten Zeiten
Eingehn. Es losch mir der gesenkte Blick

Zuweilen so, daß Du wie in den Weihern
Ein Wolkenbild, ein fast verlornes, schwanktest.
Ich schlug das Auge auf aus seinen Schleiern

In das Bestimmte wieder. Und ich sah
Dir folgend ferne: Wohin Du gelangtest,
Stand meine Liebe groß und wartend da.

(in Mit einer kleinen Sammlung von Kakteen,
Avec une petite collection de cactées, 1926)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Gottfried Benn (1886-1956) : Express / D-Zug

Qui est Gottfried Benn ?

Brun de cognac. Brun de feuillage. Brun rouge. Jaune malais.
Express Berlin-Trelleborg et les bains de la Baltique.

Chair qui allait nue.
Brunie par la mer jusque dans la bouche.
Mûrement inclinée. Vers le bonheur grec.
Nostalgie des faucilles : qu’il est vaste, l’été !
Jour pénultième du neuvième mois, déjà ! –

Éteules et dernières gerbes en nous pantellent.
Déploiements, le sang, les fatigues,
les proches dahlias nous troublent. –

Brun-d’hommes se rue sur brun-de-femmes :

Une femme est quelque chose pour une nuit.
Et si c’était bien, va pour la prochaine !
Oh ! puis se retrouver tout seul avec soi-même !
Ces mutismes ! Ces poussées qu’on vous inflige !
Une femme est quelque chose avec odeur.
D’indicible ! Agonise ! Réséda.
Dedans sud, pâtre et mer.
Un bonheur s’appuie contre tout versant. –

Brun-clair-de-femmes trébuche contre brun-foncé-d’hommes :

Retiens-moi ! Eh, je tombe !
J’ai la nuque si lasse.
Ô cette douce fiévreuse
dernière odeur des jardins. –


Braun wie Kognak. Braun wie Laub. Rotbraun. Malaiengelb.
D-Zug Berlin-Trelleborg und die Ostseebäder.-

Fleisch, das nackt ging.
Bis in den Mund gebräunt von Meer.
Reif gesenkt. Zu griechischem Glück.
In Sichel-Sehnsucht: wie weit der Sommer ist!
Vorletzter Tag des neunten Monats schon!-

Stoppel und letzte Mandel lechzt in uns.
Entfaltungen, das Blut, die Müdigkeiten,
die Georgiennähe macht uns wirr.-

Männerbraun stürzt sich auf Frauenbraun:

Eine Frau ist etwas für eine Nacht.
Und wenn es schön war, noch für die nächste!
Oh! Und dann wieder dies Bei-sich -selbst-sein!
Diese Stummheiten! Dies Getriebenwerden!
Eine Frau ist etwas mit Geruch.
Unsägliches! Stirb hin! Resede.
Darin ist Süden, Hirt und Meer.
An jedem Abhang lehnt ein Glück.-

Frauenhellbraun taumelt an Männerdunkelbraun:

Halte mich! Du, ich falle!
Ich bin im Nacken so müde.
O dieser fiebernde süße
letzte Geruch aus den Gärten.-

(in Fleisch. Gesammelte Lyrik, 1917)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Gottfried Benn (1886-1956) : Le médecin 3 : Avec peau boutonneuse / Der Arzt 3 : Mit Pickeln in der Haut

Qui est Gottfried Benn ?

Avec peau boutonneuse et pourriture aux dents
Cela s’accouple sur un lit et ça se presse
Et sème sa semence en sillons de barbaque
Et ça se sent un dieu auprès de sa déesse.
Et le fruit – ? – : très souvent ça naît déjà bancroche :
Avec cloques au dos et fentes au larynx,
Louche, manquant de couille, escampette de tripes
En étroites hernies – ; mais même ce qui, sain,
Enfin parvient à la lumière est peu de chose,
Et à travers les trous la terre est là qui goutte :
Promenade – : fœtus, racaille de l’espèce – :
Il est flâné. Posé –
Doigts reniflés.
Raisins secs retirés des dents.
Les petits poissons rouges – !!! – !
Élévation ! Debout ! Le chant de la Weser !
On effleure l’universel. Dieu comme cloche
à fromage plaqué sur les parties honteuses – :
Le bon pasteur – !! – le sentiment universel !
Et le soir le bélier bondit sur l’agnelette.


Mit Pickeln in der Haut und faulen Zähnen
Paart das sich in ein Bett und drängt zusammen
Und säet Samen in des Fleisches Furchen
Und fühlt sich Gott bei Göttin. Und die Frucht – ? -:
Das wird sehr häufig schon verquiemt geboren:
Mit Beuteln auf dem Rücken, Rachenspalten,
Schieläugig, hodenlos, in breite Brüche
Entschlüpft die Därme -; aber selbst was heil
Endlich ans Licht quillt ist nicht eben viel,
Und durch die Löcher tropft die Erde:
Spaziergang -: Föten, Gattungspack -:
Ergangen wird sich. Hingesetzt. –
Finger wird berochen.
Rosine aus dem Zahn geholt.
Die Goldfischchen – !!! – !
Erhebung! Aufstieg! Weserlied!
Das Allgemeine wird gestreift. Gott
Als Käseglocke auf die Scham gestülpt -:
Der gute Hirte – !! – Allgemeingefühl!
Und abends springt der Bock die Zibbe an.

(in Fleisch. Gesammelte Lyrik, 1917)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Gottfried Benn (1886-1956) : Le médecin 1 : La douceur corporelle / Der Arzt 1 : Die süße Leiblichkeit

Qui est Gottfried Benn ?

Elle me colle, la douceur corporelle,
Comme une plaque sur les bords du palais.
Ce qui tremblait de sucs et de chair blette
Autour des os calcaires,
Mitonne avec sueur et lait dans mes narines.
Je sais l’odeur de putains et madones
Après la selle et au matin à leur éveil
Et pendant les marées de leur sang –
Et des messieurs viennent me consulter
Dont le sexe est envahi :
La femme pense être fécondée,
Élevée en colline de dieu,
Mais l’homme a sa cicatrice.
Son cerveau braconne sur une steppe de brume
Et sans bruit son sperme tombe.
Je vis devant le corps : et au milieu
Partout les parties honteuses collent. De là le crâne
Qui sent aussi. Je gage : un jour
Iront la fente et le gourdin
Bâiller au ciel sortant du front.


Mir klebt die süße Leiblichkeit
Wie ein Belag am Gaumensaum.
Was je an Saft und mürbem Fleisch
Um Kalkknochen schlotterte,
Dünstet mit Milch und Schweiss in meine Nase.
Ich weiss, wie Huren und Madonnen riechen
Nach einem Gang und morgens beim Erwachen
Und zu Gezeiten ihres Bluts –
Und Herren kommen in mein Sprechzimmer
Denen ist das Geschlecht zugewachsen:
Die Frau denkt, sie wird befruchtet
Und aufgeworfen zu einem Gotteshügel,
Aber der Mann ist vernarbt.
Sein Gehirn wildert über einer Nebelsteppe
Und lautlos fällt sein Samen ein.
Ich lebe vor dem Leib: und in der Mitte
Klebt überall die Scham. Dahin wittert
Der Schädel auch. Ich ahne: einst
Werden die Spalte und der Stoß
Zum Himmel klaffen von der Stirn.

(in Fleisch. Gesammelte Lyrik, 1917)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Gottfried Benn (1886-1956) : Le médecin 2 : Le couronnement de la création / Der Arzt 2 : Die Krone der Schöpfung

Qui est Gottfried Benn ?

Le couronnement de la création, le cochon, l’homme — :
occupez-vous donc d’autres animaux !
À dix-sept ans morpions
allant venant parmi mufles sales,
maladies d’intestins, pensions alimentaires,
pépées et infusoires,
à quarante ans la vessie commence à fuir — :
c’est autour, croyez-vous, de pareils bulbes que la terre a crû
de soleil à la lune — ? C’est quoi donc, vos cris ?
Vous parlez d’âme — C’est quoi, votre âme ?
La vieille conchie nuit après nuit son lit —
le vieux s’oint des cuisses blettes,
et vous tendez de la boustifaille à vautrer dans les tripes,
les astres, croyez-vous, spermeraient de bonheur… ?
Eh ! — d’un boyau refroidissant
la terre a craché haut, comme du feu par d’autres trous,
une muflée de sang — :
ça flageole
en retombant courbé
suffisant parmi les ombres.


Die Krone der Schöpfung, das Schwein, der Mensch —:
geht doch mit anderen Tieren um!
Mit siebzehn Jahren Filzläuse,
zwischen üblen Schnauzen hin und her,
Darmkrankheiten und Alimente,
Weiber und Infusorien,
mit vierzig fängt die Blase an zu laufen —:
meint ihr, um solch Geknolle wuchs die Erde
von Sonne bis zum Mond —? Was kläfft ihr denn?
Ihr sprecht von Seele — Was ist eure Seele?
Verkackt die Greisin Nacht für Nacht ihr Bett —
schmiert sich der Greis die mürben Schenkel zu,
und ihr reicht Fraß, es in den Darm zu lümmeln,
meint ihr, die Sterne samten ab vor Glück…?
Äh! — Aus erkaltendem Gedärm
spie Erde wie aus anderen Löchern Feuer,
eine Schnauze Blut empor —:
das torkelt
den Abwärtsbogen
selbstgefällig in den Schatten.

(in Fleisch. Gesammelte Lyrik, 1917)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Gottfried Benn (1886-1956) : Mère / Mutter

Qui est Gottfried Benn ?

Je te porte à mon front ainsi qu’une blessure
qui ne se ferme pas
ni ne fait toujours mal. Et le cœur
ne s’en épanche pas jusqu’à mourir.
Je suis juste parfois subitement aveugle, un goût
de sang dedans la bouche.


Ich trage dich wie eine Wunde
auf meiner Stirn, die sich nicht schließt.
Sie schmerzt nicht immer. Und es fließt
das Herz sich nicht draus tot.
Nur manchmal plotzlich bin ich blind und spüre
Blut im Munde.

(in Fleisch. Gesammelte Lyrik, 1917)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Gottfried Benn (1886-1956) : Petit aster / Kleine Aster

Qui est Gottfried Benn ?

Bouillon bu, un livreur de bière fut campé sur la table.
Savoir qui lui avait entre les dents fiché
un aster mauve sombre-clair ?
Quand, parti du thorax
et passant sous la peau
avec un long couteau
je lui levai langue et palais,
je lui donnai sans doute un coup, car il glissa
près du cerveau tout près.
Je le lui enfermai dans le creux thoracique
parmi la bourre de copeaux
comme on le recousait.
Bois ton saoul dans ton vase !
Repose en paix,
petit aster !


Ein ersoffener Bierfahrer wurde auf den Tisch gestemmt.
lrgendeiner hatte ihm eine dunkelhelllila Aster
zwischen die Zähne geklemmt.
Als ich von der Brust aus
unter der Haut
mit einem langen Messer
Zunge und Gaumen herausschnitt,
muß ich sie angestoßen haben, denn sie glitt
in das nebenliegende Gehirn.
Ich packte sie ihm in die Brusthöhle
zwischen die Holzwolle,
als man zunähte.
Trinke dich satt in deiner Vase!
Ruhe sanft,
kleine Aster!

(in Fleisch. Gesammelte Lyrik, 1917)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Gottfried Benn (1886-1956) : Cariatide / Karyatide

Qui est Gottfried Benn ?

Retire à ton dos la pierre ! Dévaste
La grotte où tu es esclave ! Fais rage
Dans les champs ouverts ! Fi des chapiteaux –
Vois le Silène ivre : À travers sa barbe,
Tiré de son sang toujours frénétique
Pur inégalé parcouru d’échos,
S’écoule du vin jusqu’en ses parties !

Vomis tout désir d’atlantes : des mains
Séniles, usées, les ont fait trembler
Dans les cieux couverts. Mets à bas les temples
Devant tes genoux combles de langueur
Où la danse appelle !

Distends-toi, éclos en force, ensanglante
Ton souple terrain de larges blessures :
Vénus aux pigeons, vois, se ceint les hanches,
La porte d’amour, en usant de roses –
Vois ce souffle bleu, dernier de l’été,
Passer sur les mers d’asters pour gagner
La côte lointaine aux arbres bruns : point,
Vois, la dernière heure à menteuse joie
De notre midi
Hautement voûté.

NB : On trouve ici (en anglais) d'intéressants commentaires 
sur diverses traductions en anglais de ce même texte.

Entrücke dich dem Stein! Zerbirst
Die Höhle, die dich knechtet! Rausche
Doch in die Flur! Verhöhne die Gesimse-
Sieh: Durch den Bart des trunkenen Silen
Aus seinem ewig überrauschten
Lauten einmaligen durchdröhnten Blut
Träuft Wein in seine Scham!

Bespei die Säulensucht: toderschlagene
Greisige Hände bebten sie
Verhangenen Himmeln zu. Stürze
Die Tempel vor die Sehnsucht deines Knies,
In dem der Tanz begehrt!

Breite dich hin, zerblühe dich, oh, blute
Dein weiches Beet aus großen Wunden hin:
Sieh, Venus mit den Tauben gürtet
Sich Rosen um der Hüften Liebestor-
Sieh dieses Sommers letzten blauen Hauch
Auf Astermeeren an die fernen
Baumbraunen Ufer treiben; tagen
Sieh diese letzte Glücklügenstunde
Unserer Südlichkeit
Hochgewölbt.

(in Fleisch. Gesammelte Lyrik, 1917)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

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