Ange Politien : Déjà vieux mais encore amoureux…


Qui est Ange Politien ?



Les traductions originales de ce blog, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Ange Politien : Épigrammes contre Mobilius, mauvais poète


Qui est Ange Politien ?



Ore tibi pauci, sed nulli in carmine dentes
Cum sint atque illi sint putridi et veteres,
Allatras, ut cum nequeas mordere, Mabili,
Latratu ostendas te tamen esse canem.

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Martial : Contre Gellie, qui se parfume trop


Qui est Martial ?



Quod quacumque venis, Cosmum migrare putamus
Et fluere excusso cinnama fusa vitro,
Nolo peregrinis placeas tibi, Gellia, nugis.
Scis, puto, posse meum sic bene olere canem.

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Martial : Il y a vice et vice…


Qui est Martial ?



¹ : Il s’agit soit de Caton l’ancien, soit de Caton d’Utique, tous deux réputés s’adonner à la boisson, comme aussi Antoine, connu pour avoir maintes fois vomi son ivresse en public.


(in Epigrammes, II, 87)

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Horace : À un navire (O navis, referent in mare te novi fluctus, in Odes, I, 14)






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Horace : A Lydie (Lydia, dic, per omnis te deos oro, in Odes, I, 8)

Qui est Horace ?



¹ : Il s’agit d’une synecdoque (le tout pour la partie). La « bouche » désigne ici le cheval, d’origine gauloise, que Sybaris cherche à dompter au moyen d’un mors spécial, le frenum lupinum, équipé de « dents de loups ».

² : Il s’agit de l’huile d’olive dont s’oignaient les athlètes.


________Lydia, dic, per omnis
te deos oro, Sybarin cur properes amando
________perdere, cur apricum
oderit Campum, patiens pulveris atque solis,
________cur neque militaris
inter aequalis equitet, Gallica nec lupatis
________temperet ora frenis.
Cur timet flavum Tiberim tangere? Cur olivum
________sanguine viperino
cautius vitat neque jam livida gestat armis
________bracchia, saepe disco
saepe trans finem jaculo nobilis expedito?
________quid latet, ut marinae
filium dicunt Thetidis sub lacrimosa Troiae
________funera, ne virilis
cultus in caedem et Lycias proriperet catervas?


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Horace : Aimer la vie simple (Persicos odi puer)


Qui est Horace ?

L’ode en latin :

Les fastes d’Orient, mon garçon, je les hais
Et boude le tilleul que l’on tresse en couronne.
Cesse de t’enquérir en quels endroits pourrait
___S’attarder quelque rose d’automne.

Le myrte naturel, ne lui ajoute rien
Par zèle, je le veux : il n’est, le myrte, indigne
Ni de toi qui me sers ni de moi qui me tiens
___– Y buvant – sous le dais de ma vigne¹.

¹ : Dans l’Antiquité, la vigne se cultivait « en hautain » : on l’unissait à certains arbres, dans les branches desquels on la laissait se développer. L’ensemble, après taille, formait une tonnelle, comme dans l’illustration ci-dessus.

Persicos odi, puer, apparatus,
displicent nexae philyra coronae,
mitte sectari, rosa quo locorum
_____sera moretur.

Simplici myrto nihil adlabores
sedulus, curo: neque te ministrum
dedecet myrtus neque me sub arta
_____vite bibentem.

(in Odes, I, 38)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Catulle (84 av. J.-C. – vers 54 av. J.-C.) : Poème pour Ipsitille


Note sur cette traduction :

1. Cette traduction versifiée et rimée prend quelques licences par rapport à l’original. Celle en prose de Maurice Rat (éditions Garnier, 1931, pp. 49-51) est sans aucun doute plus fidèle (ne serait-elle pas aussi plus plate ?) : « Au nom de l’amour, ma douce Ipsithille, mes délices, charme de ma vie, invite-moi à venir chez toi l’après-midi. Y consens-tu ? Une grâce encore ! que ta porte ne soit pas fermée d’un verrou ; et ne va pas t’aviser de sortir : reste au logis, et prépare-toi à faire l’amour neuf fois de suite. Mais si tu dis oui, invite-moi aussitôt, car, étendu sur mon lit, après un bon dîner et couché sur le dos, je transperce et ma tunique et mon manteau. » Celle de  Charles Héguin de Guerle, pudiquement édulcorée, prête quant à elle à sourire.

2. Il n’est pas certain qu’Ipsitille soit, comme le pensent certains commentateurs, une prude jeune fille dont Catulle se fût épris. Il s’agit plutôt semble-t-il d’une courtisane, d’une « beauté complaisante », selon l’expression de l’excellent François Noël, fréquentée à l’occasion par le poète, le vocabulaire très cru employé vers la fin du poème (fututiones, pertundo) n’étant guère de mise à l’adresse d’une amoureuse tendrement chérie…


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Tiburtinus (1er siècle après J.-C.) : Epigramme amoureuse (les feux de l’amour)



Note sur cette traduction :

Cette épigramme a été retrouvée à Pompéi, sur un des murs du « Petit théâtre ». Son auteur, qui la signe d’un « Tiburtinus epoese ( = ἐποίησε) », ne nous est pas autrement connu. Les premières syllabes de la partie gauche du texte sont partiellement effacées et ont été diversement reconstituées par les érudits. J’en ai gardé ce qui me semble le plus vraisemblable dans la logique poétique de l’opposition eau (larmes) / feu (amour).


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Catulle (84 – vers 54 av. J.-C.) : Poème 112 / Multus homo es, Naso

Qui est Catulle ?


Tu es, Nason, un « homme actif »,
Mais rare est l’homme qui s’active
En ta faveur et qui te suive :
C’est que tu es, « Nason l’actif »,
Pédé passif.

Note sur cette traduction :

Ce distique a fait couler beaucoup d’encre : il est entendu que Catulle y joue sur les sens possibles de l’adjectif « multus ». Certains exemples tirés d’autres auteurs (dont Plaute) accréditent celui, négatif, de « touche à tout », peut-être de « bavard impénitent ». Je retiens pour cette traduction celui, positif, d’ « actif » (c’est l’opinion de M. Gwyn Morgan, exprimée dans son article « Catullus 112: A Pathicus in Politics » [The American Journal of Philology, Vol. 100, No. 3]), qui permet d’opposer, chez le même Nason, l’activité de l’homme politique à la passivité du « pathicus ». Notre homme déploie sans doute toute son énergie pour se faire élire à quelque fonction publique, mais il n’y a pas foule pour le suivre (« descendere ») au forum. À cela, une raison : ses mœurs.


Autres traductions par d’autres traducteurs :

Georges Lafaye (éd. Les Belles Lettres, 1923)

Tu te multiplies, Nason ; mais les gens ne se multiplies pas pour descendre (au forum) avec toi ; Nason, tu es un homme moulu2, un giton.

2. Calembour probable sur le mot multus, qui pourrait bien être confondu, dans une intention obscène, avec un ancien participe du verbe molere. (La note est de Georges Lafaye)

Maurice Rat (Catulle Œuvres, éd. Garnier, 1931)

Tu es innombrable, Nason, mais ceux-là ne sont pas innombrables qui vont avec toi. Oui, Nason, tu es un homme innombrable, un giton.

Oliviers Sers (Le Roman de Catulle, éd. Les Belles Lettres, 2004)

Quand tu es tout à tous, personne ne veut plus
De toi, Nason : à tous, tout foutu, trop foutu.


Multus homo es, Naso, neque tecum multus homo qui  
descendit; Naso, multus es et pathicus.

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