Pline le Jeune : Le rapport d’une maison de campagne (Lettre à Julius Naso)


Qui est Pline le Jeune ?


Toscane fouaillée de grêle, en région transpadane abondance extrême mais bas prix à l’avenant, voilà les nouvelles : seule ma propriété de Laurentum me rapporte. Je n’y possède rien, c’est vrai, qu’une demeure avec un parc (après, tout de suite des sables), mais elle seule me rapporte, car j’y écris beaucoup, cultive non pas des terres que je n’ai pas mais moi-même par le travail intellectuel ; et déjà, de pleine, je puis te montrer, comme ailleurs une grange, ici une écritoire. Par conséquent : si toi aussi tu guignes un domaine fertile et d’un sûr rapport, achète quelque chose sur cette côte. Bien à toi !

NB : Je prends cette lettre pour ce qu’elle me semble être : une sorte de poème en prose à la Max Jacob (raison pour laquelle je la traduis), sous l’apparence d’une démonstration logique.


Tusci grandine excussi, in regione Transpadana summa abundantia, sed par vilitas nuntiatur: solum mihi Laurentinum meum in reditu. Nihil quidem ibi possideo praeter tectum et hortum statimque harenas, solum tamen mihi in reditu. Ibi enim plurimum scribo, nec agrum quem non habeo sed ipsum me studiis excolo; ac iam possum tibi ut aliis in locis horreum plenum, sic ibi scrinium ostendere. Igitur tu quoque, si certa et fructuosa praedia concupiscis, aliquid in hoc litore para. Vale.

in Lettres, livre IV, 6


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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