Fragment de la « mouâallaqah » d’Imrou ‘l Qais

– Quand elles se levaient, des arômes de musc
S’épandaient, et d’œillet dans un souffle d’effluves

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Imrou ‘l Qais est un poète arabe d’avant l’Islam (6ème siècle après JC) ; son ode la plus connue appartient au groupe des sept « mouâallaqat »‘ (les « suspendues »), si fameuses que le texte en fut accroché, dit-on, aux tentures recouvrant la Kaâbah. Le fragment ci-dessous en traduit les premiers vers (deux alexandrins rimés ou assonancés pour un vers « long » arabe).

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Halte ! Et pleurons, pensant à l’aimée qui campa
Dans un creux de la dune, entre Dakhoul, Harmal,

Toudiha et Migrat… Vents du nord et du sud
Ont tissé leur lacis, mais les traces perdurent…

Mes amis près de moi ont stoppé leur monture,
Disant : « Du cœur !, et fuis ce mal qui te consume !

– Ma guérison, mes bons, c’est d’épancher mes pleurs…
– Faut-il pleurer, devant ce qui point ne demeure ?

Tu aimas avant elle Oummou ‘l-Houwayeth ; à
Ma’sal derechef la belle Oummou’l Rabab…

– Quand elles se levaient, des arômes de musc
S’épandaient, et d’œillet dans un souffle d’effluves…

Quand je dus les quitter, quelle atroce torture !
Ma gorge en fut mouillée, et jusqu’à ma ceinture… […]

***

Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


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