Werner Weimar-Mazur (né en 1955) : médéen / medeal


pour Bela et ses pommiers

tes ancêtres venaient du caucase
terres inconnues à bêtes sauvages
et habitants aux rudes coutumes
tu venais de la mer noire
suivais un traîne-misère de séducteur
l’aidais à barboter dérober
devins de son fait meurtrière
[c’était une autre voulaient nous faire accroire ses descendants]
il t’a laissée tomber
en retour pas un merci
oh si tu avais conservé pour toi la toison d’or
l’avais cachée dans la maison de ton grand-père
dans le buron perdu
juste derrière le col sous les glaciers
où les troupeaux de chèvres et les bergers connaissent seuls le chemin
où les sonneurs de cromornes rivalisent de souffle avec le vent
où les filles lorgnent timides par les fenêtres des huttes
quand passe à cheval un prince étranger
à la recherche d’un vieux secret
où la poétesse chante les roches
le fleuve la mer où s’écoule le fleuve
les poissons qui ne reviennent pas
quand ils ont rencontré la baleine argentée
avec sa lippe-lune
aussi grande et belle que le ciel
au-dessus de la lucarne du château rocheux
tu pourrais être étendue dans un caftan multicolore
au début de l’été sous un tilleul
ton amant embrasserait ton corps de miel
le sang des cerises se mêlerait au tien
oh si tu lui avais au traîne-misère de séducteur
planté dans le cœur la lame à tranchant double des montagnards
la mer noire son sang l’aurait encore assombrie davantage
[mais nul poète pour cela ne n’aurait chantée]


für Bela und ihre Apfelbäume

aus dem kaukasus kamen deine vorfahren
unbekannte gegenden mit wilden tieren
und menschen mit harten bräuchen
vom schwarzen meer kamst du
folgtest einem elenden verführer
halfst ihm stehlen und rauben
wurdest durch ihn zur mörderin
[wollten uns seine nachfahren mit einer anderen weismachen]
fallen ließ er dich
du erhieltest keinen dank
ach hättest du das goldene widderfell für dich behalten
es versteckt in deines großvaters haus
im entlegenen gebirgsstall
gleich hinter der passhöhe unter den gletschern
wo nur die ziegenherden und hirten den weg kennen
wo die krummhörner mit dem wind um die wette blasen
wo die mädchen scheu aus den fenstern der hütten lugen
wenn ein fremder prinz vorüber reitet
auf der suche nach einem alten geheimnis
wo die dichterin die felsen besingt
den fluss das meer in den der fluss fließt
die fische die nicht zurückkehren
wenn sie den silbernen wal getroffen haben
mit seinem mondmund
der so groß und schön ist wie der himmel
über der dachluke der felsenburg
in einem bunten kaftan könntest du liegen
im frühsommer unter einer linde
dein geliebter küsste dir den honig vom leib
das blut der kirschen mischte sich mit deinem
ach hättest du dem elenden verführer
die doppelklinge der bergbewohner ins herz gestoßen
das schwarze meer wäre noch dunkler geworden von seinem blut
[doch kein dichter hätte dich dafür besungen]


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


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