Nathan Chytraeus (né Nathan Kochnafe) (1543-1598) : La violence de Violette

Qui est Nathan Chytraeus ?

Je croyais ton beau nom tiré de « violette »
Violette, le jour où mes yeux t’ont perçue.
Mais devant ton esprit, la beauté de ton dire,
L’ardeur de ton regard, tes mains vénusiennes :
« Violette » ? ai-je dit, « Non, le feu violent
Qui m’ard ne peut venir de fleurs, de violettes.
Trop vive est ta vigueur, sans rapport à la mienne :
Violence tu es, point Violette : adieu ! »


Nobile de violis te nomen habere putabam,
___Cognita quando oculis es, Violetta, meis.
Sed postquam ingenium sensi fandique leporem,
___Ardentes oculos, Cyprigenasque manus
Cedite iam violae dixi: violentius uror,
___Quam violae aut florum germina ferre queant.
Vis tibi maior inest et nostris viribus impar
___Sic violenta mihi, non Violetta, vale.


NB : L’épigramme développe une série de jeux de mots sur violette et violence (et d’autres termes commençant par vi-). C’est un sujet assez fréquent en poésie néo-latine. On le retrouve par exemple chez Nicolas Bourbon (1503-1550) en ces termes, très proches de ceux de Nathan Chytraeus :

Que veux-tu donc, par cet envoi de violettes ?
Que je brûle pour toi d’un feu plus violent ?
Faut-il, hélas, hélas ! que tu sois violente
Pour me violenter avec tes violettes !

Cur violas mittis? Nempe ut violentius urar.
Heu, violor violis, ô violenta, tuis.


Les traductions originales de ce blog, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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