Caspar Barthius / Kaspar von Barth (1587 – 1658) : l’épine et la rose

Pourquoi te couronner d’épines,
Rose, dis-moi, toi si badine ?
L’épine est rude, elle est cruelle,
Quand tu es, toi, flexible et frêle.
– C’est que je ne veux point, badine,
Qu’en badinant, badin, tu mines
Ce qui sans un labeur posé
Ne saurait être réparé.
Si posément quelque caprice
Te mène à mon serein calice,
Il te faudra verser un peu
D’un sang qui te soit douloureux :
C’est là ce que l’épine ordonne
– Qui toute rose chaperonne.

***

Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

***

Cur spina te coronat,
Rosa, dic mihi, jocosa ?
Spina aspera atque saeva,
Mollem atque delicatam ?
– Ne tu mihi jocosae
Ioco, iocosa, tollas
Quod serio labore
Reparari non possit.
Si serio serenos
Cupis meos odoreis,
Liba mihi cruoris
Pauxillum et doloris :
Hoc spina poscit omnis
Custos rosae severa.

(in Amphitheatrum gratiarum [1613] : deliciae [XII, I)])

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