Angye Gaona : Sud / Sur

La route rêve qu’elle mène à la mer
tandis qu’elle escalade le volcan
ou qu’elle traverse le grand marais
La route en bordure d’océan
se souvient de la neige et de la cécité,
du secret de la lagune,
du verbiage de la selve.
Nomade est la mémoire de la route :
passent les souvenirs en chaque sens du temps,
menant plus près, plus loin.
La route cueille des arômes en-allés,
laisse trousseaux oubliés près de regards brisés,
recèle des adieux multiples
que reflète le rétroviseur.
Elle s’en retourne à l’occasion, la route,
entraînant
paysage âge empreinte.

***

Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

***

Sur

La carretera sueña que lleva al mar
mientras asciende al volcán
o cruza el gran pantano.
La carretera de orilla oceánica
recuerda la nieve y la ceguera,
el secreto de la laguna,
la palabrería de la selva.
La memoria de la carretera es nómada:
transitan los recuerdos en cualquier sentido del tiempo,
llevan más acá, más allá.
La carretera recoge aromas idos,
deja enseres olvidados junto a miradas rotas,
contiene adioses que múltiples
se refractan en el retrovisor.
Retorna en ocasiones la carretera
trayendo consigo
paisaje edad huella.

Hierophanie ~ Angye Gaona

Aigle,
tu le vois, dis-tu,
s’enfuir de la putréfaction,
courir à griffes enflammées
– prémonition incandescente –
et tête évaporée quand il se retourne
vers le passé.
Tu as vu
sa trace de bleu fugitif hors d’haleine
et derrière lui
les troupes harcelant son destin.
Tempétueux
sur le sentier nocturne il avance.
Passionné
il mène les tonnerres,
Il te cherche,
Aigle
tu l’as vu
construire un navire dans les montagnes,
des étoiles mûrissent dans ses rêves,
des explosions de symboles,
imperceptibles,
voilà ses ostensions
et il fait montre d’attention,
le cosmos est un code qu’il comprend,
le centre de la galaxie dans son corps,
tel est son ressentir.
Il te suit

***
Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Hierofanía

Águila,
dices que le ves,
que huye de la putrefacción [1],
que corre con garras encendidas
–pálpito candente–
y cabeza evaporada cuando se vuelve
hacia el pasado.
Has visto
su rastro de azul prófugo anhelante
y tras él
las tropas que asedian su destino.
Tempestuoso
por el sendero de noches avanza.
Apasionado
conduce los truenos,
Te busca,
Águila
le has visto,
construye un navío en las montañas,
estrellas maduran en sus sueños,
explosiones de símbolos,
imperceptibles,
le son manifiestas
y atiende,
el cosmos es un código que entiende,
el centro de la galaxia en su cuerpo,
así lo siente.
Te sigue

Angye Gaona, extrait de Nacimiento Volátil, Éd. Rizoma, 2009

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[1] Ce vers est une reprise de la traduction en espagnol d’un vers d’Ossip Mandelstam tiré de « Trois poèmes à Staline »

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Sur Angye Gaona > éléments biographiques et une sélection de poèmes en espagnol
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