Marion Poschmann (née en 1969) : usage de l’hiver avec bougies chauffe-plats / winterliche Anwendung mit Teelichtern

Qui est Marion Poschmann ?


s’ensuit une tendresse, un cœur battant, presque
arrangement (petite flûte) :
du givre épars, du papier d’aluminium, la
brillance aux yeux
« comme peu à peu ces zones instables
se détachent de nous »

Imitations et camouflages, demi-halte
comme sur photocopie de neige (endroit
discret : ton unique verre de lunette
embué, j’ai pour la forme
continué d’avancer) et tous contacts
laissés de côté : vite encore
penchée sur toi

lieux de tremblote, cœur battant
plein de bougies chauffe-plats, bandages légers : je palpe
les chaussures, les taches de neige
s’ensuit une tendresse, quelques points de fuite
doucement déplacés, je me suis verni les bouts de doigts
comme s’ils résistaient à l’hiver


eine Zartheit befolgt, ein Herzklopfen, beinah
Anordnung (Flageolett):
ein versprengter Frost, ein Stanniol, das
Aufblitzen in den Augen
„wie sich diese unsteten Gegenden nach und nach
lossagen von uns“

Imitate und Tarnungen, halber Aufenthalt
wie auf fotokopiertem Schnee (die geheimen
Verstecke: dein einzeln beschlagenes
Brillenglas, ich bin anstandshalber
bald wieder gegangen) und alle Berührungen
fallengelassen: noch rasch
an dich angelehnt

flackernde Orte, ein Herzklopfen
voller Teelichter, leichte Bandagen: ich taste
die Schuhe, die Schneeränder ab
eine Zartheit befolgt, ein paar Fluchtpunkte
sachte verschoben, ich habe die Fingerspitzen lackiert
als wären sie winterfest

in Verschlossene Kammern (zu Flampen! Verlag, 2002)



					

Marion Poschmann (née en 1969) : Pièce magnétisée / magnetisiertes Zimmer

Qui est Marion Poschmann ?


tu as compté les cernes de croissance
dans le métal des boîtes de fruits,
chaque couvercle rotative inertie
tel un ventilateur qui vibre –

cet endroit désormais semble plus clandestin depuis
que tu t’y trouves comme s’il était enfin rendu
à la tranquillité, tempête (toutes pièces
plongées dans la lumière, tout
surchauffé d’angoisse) :

je te regarde à ta seconde
tentative d’ouvrir une boîte,
amadouant, malhabile ou
comme si tu attendais un
changement d’atmosphère, que tu avais
déplacé sans bruit tes mouvements ciblés

nous nous ressemblons lorsque parfois
un bâillement en déclenche un autre –
puis de nouveau des corps
hermétiques intacts, une aire ici de jeux faite de fer-blanc,
remplie de déconvenues


du hast die metallischen Jahresringe
der Obstkonserven gezählt,
jede Oberseite rotierender Stillstand
wie flimmernde Ventilatoren –

dieser Ort scheint verborgener jetzt, seit
du hier bist, als sei endlich Ruhe
eingekehrt, Sturm (alle Zimmer
ins Licht getaucht, alles
aus Angst überheizt):

ich beobachte dich, deinen zweiten
Versuch eine Dose zu öffnen,
beschwichtigend, ungeschickt, oder
als wartetest du, daß die
Stimmung sich ändert, als hättest du
deine gezielten Bewegungen leise verlegt

wir ähneln einander wenn manchmal
ein Gähnen ein anderes auslöst –
dann wieder die Unversehrtheit
verschlossener Körper, ein Blechspielplatz hier,
voller unverrichteter Dinge

in Grund zu Schafen (Frankfurter Verlagsanstalt, 2004)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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