Johannes Kühn (né en 1934) : Attablé désormais / Nun mit den Raben am Tisch

Attablé désormais à la campagne avec les corbeaux et quémandant
eux du pain
moi de l’amitié.

Elle est morte, l’époque
où nous nous retrouvions
pour louer la beauté,
jour ou fête,
jeune fille,
chanson nouvelle
traversant la campagne
en marche triomphale.

L’hiver a fait son nid
dans l’œil et dans la bouche,
opprimant le jardin
où nous nous asseyions naguère
et où l’étoile du berger
parvenait sans encombre parmi nous.

Sachant
que plus va l’âge il nous transforme et nous plonge dans le malheur,
sachant
que le souffle le plus ardent meurt brusquement sur la bouche la plus rouge,
je ne mendie
devenu sourd, aucun ciel.

***

Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. 
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

***

Nun mit den Raben am Tisch des Lands und klagend,
sie nach Brot,
ich nach Freundschaft.

Gestorben ist die Zeit,
wo wir uns fanden,
ein Schönes anzuloben,
Tag oder Fest,
ein Mädchen,
ein neues Lied,
das in Siegsfahrt
durchs Land zog.

Es hat sich der Winter eingenistet
in Aug und Mund.
Er knechtet den Garten,
in dem wir sonst saßen,
und wo der Abendstern
gut in unsere Mitte kam.

Wissend,
daß das Alter uns weiter ändert ins Unglück,
wissend,
daß der heißeste Atem wegstirbt am rötesten Mund,
bettle ich,
stumm geworden, an keinem Himmel.

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