Le phénix


… C’est cyclique, on le sait, la rivière succombe
en été pour renaître en octobre : mais toi, 
plus proche à chaque instant de ta mort, ton visage
a décembre pour terme et son trente-et-un sombre,
le mois noir où ça siffle au mitan des cyprès
en vieux clown incisif qui te mordra l’aorte
quand tu t’égareras près de ses crocs perçants,
et ton cou rougira du sang que tu renfermes ;

tandis qu’elle a son cours vers l’autre goutte d’eau,
touillant l’éternité de ses deux molécules
et se renouvelant de pluies, de poissons gourds,
parmi les nénuphars ‒ tandis tandis que tout
vous oppose et vous joint dans le mouvement sourd
des deux marteaux forgeant le creux de ta poitrine
et des rames sans aile en l’août de canicule
où se tait le Phénix ‒ mais qu’importe son cri ?

(© LEM  3 août 2017)

 

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