Nicolas Bourbon / Nicolaus Borbonius (1503-1550) : Variations autour du thème du chasseur et de l’amant

Comme un chasseur souvent
Tend ses rets pour proie vaine,
Ainsi le pauvre amant
Consume en vain sa peine.

*

Le chasseur a coutume
De tendre en vain ses rets :
Souvent l’amant consume
Sa peine à misérer.

*

Le chasseur fréquemment
Pose en vain ses filets :
Fréquemment un amant
Perd sa peine à brûler
D’un amour trop ardent.

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Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Ut saepe incassum venator retia tendit,
Sic frustra infelix saepe laborat amans.

*

Retia saepe solet venator tendere frustra :
Non raro miseram ludit amans operam.

*

Saepe fit ut frustra venator retia ponat :
Saepe operam perdit, quem ferus urit Amor.

(in Nugae / Bagatelles [1533])

Nicolas Bourbon (1503-1550) : A une jeune fille / Nicolaus Borbonius : Ad puellam

D’où vient ce croît de flamme où s’avivent mes feux,
Belle fille, à l’instant que je mire tes yeux ?
Par ton œil droit, Vénus, rieuse, et par le gauche
Cet effronté d’Amour me dardent leurs épieux.
Pauvre de moi, que faire ? Il suffit d’une torche !
Infortuné, pourquoi devoir en subir deux ?

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Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Quid fit, ut inflammer magis, ac magis urar in horas,
Contemplans oculos pulchra puella tuos ?
Ex oculo dextro ridens Venus, ex sinistro
In me contorquet tela protervus Amor.
Me miserum, quid agam ? fax plus satis una fuisset,
Infelix, cogor cur ego ferre duas ?

(in Nugae / Bagatelles [1533])

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