La rivière et les nymphes


… Pleine de chair, jadis, invisible de nymphes
et impalpable aux mains des quelques embarqués
pêchant leur solitude à l’aube où se concrète
le reflet du nuage en nues baignant leurs aîtres
‒ et l’algue pour cheveux : plus rien, pas plus qu’en l’arbre
la colline ou la source excavée sous l’ombrage…

Et on est là qui vague avec au cœur l’accord
brisé de ciel et terre où l’eau tenait la tierce,
le grand orgue baroque à hautes voix de femmes
n’a plus ce souffle tiède où pantelait le ventre

‒ là, même les grillons se taisent au soleil,
à peine un froissement de libellule en l’air
te fait lever des yeux bredouilles d’au-delà.

(© LEM 10 août 2017)

 

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