Ludovico Ariosto (1474-1533) : Épitaphes de Philippine / epitaphia Philippae

Deux épitaphes pour la même Philippine, de moeurs sans doute assez légères…

Dans un caveau de marbre énorme est Philippine
Claquemurée : son homme a pris toutes mesures
Afin de l’empêcher de prendre la tangente…

*

La morte s’adresse, de sa tombe, à un passant :

Qui je fus ? – Sache donc que je fus Philippine.
Mais encor ? – Nulle envie d’en dire plus ; ou ça :
« Femme, rien ne me fut de la femme étranger. »
(Surtout, prends cet aveu du côté positif…)
– Mieux me connaître en mes tréfonds ? Te connais-tu
Toi-même ? Occupe-toi de tes oignons, et file !

____________________________________________________________
Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Marmoris ingenti sub pondere clausa Philippa est:
Cavit vir tandem ne ulterius fugeret.

*

Quaeris quae fuerim? Me scito fuisse Philippam:
Plura rogas? Nolo plura loqui, nisi quod
Nil alienum a me mulier muliebre putavi:
Hoc, heus! in partem accipe, quaeso, bonam.
Quid tibi vis? An me interius vis nosse? Quid ipsum
Ten noscis? Prior haec sit tibi cura, et abi.

(in Carmina [rédaction de 1494 à 1502, première édition : 1553])

%d blogueurs aiment cette page :