Saint Augustin : Comment la beauté divine s’empare de l’homme

Sur le tard je t’ai aimée, ô beauté si antique et si nouvelle ! Sur le tard je t’ai aimée ! Et voici : tu étais dans et j’étais hors, et c’est hors que je t’allais cherchant ; et sur toutes formes belles par toi créées, informe me ruais. Avec moi tu étais, avec toi point n’étais. Loin de toi me tenait cela qui, si en toi n’était, point ne serait. Tu appelas, crias, tu rompis ma surdité. Tu fus ardeur, tu fus splendeur, tu mis en fuite ma cécité. Tu fus parfum, et j’approchai mon souffle –  je t’inspire. Je goûtai – rien ne calme ma faim, rien ne calme ma soif. Tu me touchas – je fus flamme vers ta sérénité.

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Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Sero te amavi, pulchritudo tam antiqua et tam nova! sero te amavi! Et ecce intus eras, et ego foris, et ibi te quærebam; et in ista formosa quæ fecisti, deformis irruebam. Mecum eras, et tecum non eram. Ea me tenebant longe a te, quæ si in te non essent, non essent. Vocasti, et clamasti, et rupisti surditatem meam. Coruscasti, splenduisti, et fugasti cæcitatem meam. Fragrasti, et duxi spiritum, et anhelo tibi. Gustavi, et esurio, et sitio. Tetigisti me, et exarsi in pacem tuam.

(in Les Confessions (Livre 4, XVII, 38)

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