La Priapée : Disons crûment les choses.

Priape


L’auteur s’adresse à Priape :

Je pourrais dire, abscons : « Ô donne-moi ce que
Tu donnes sans faillir et sans rien perdre au change ;
Donne-moi ce qu’en vain tu voudras me donner
Quand une barbe hostile assiègera tes joues ;
Que donne à Jupiter celui qui de bons coups
Proie de l’oiseau sacré, abreuve son amant ;
Qu’à son mari pressant, donne, la nuit des noces,
L’empoté de tendron craignant l’autre blessure.
– Qu’on dise « Encule-moi » : c’est français, bien plus simple,
Pour qui est comme moi balourd de la cervelle.


Obscure poteram tibi dicere: ‘da mihi, quod tu
des licet assidue, nil tamen inde perit.
da mihi, quod cupies frustra dare forsitan olim,
cum tenet obsessas invida barba genas,
quodque Iovi dederat, qui raptus ab alite sacra
miscet amatori pocula grata suo,
quod virgo prima cupido dat nocte marito,
dum timet alterius vulnus inepta loci.’
simplicius multo est ‘da pedicare’ Latine
dicere: quid faciam? crassa Minerva mea est.

(in Priapeia, 3)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

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