Maria Luise Weissmann (1899-1929) : Les Marionnettes / Die Marionetten


Nos poupées efflanquées, nous les aimons beaucoup,
‒ Dont les visages blancs sont portés, solitaires,
Au-dessus de leurs corps, pieusement brisables ‒,
Nous jouons à plaisir des attaches bizarres

De leurs bras, tandis qu’elles s’aiment.
La posture tragique est à leur avantage,
Leur sombre destin nous rejette,
Elles sont sous d’autres planètes.

Leur mutisme parfois vient nous poindre le cœur,
Jaillit alors ‒ chaude surprise ! ‒
Le cri puissant de notre ardeur
Hors de leur bouche épanouie.


Wir lieben unsre schlanken Puppen sehr
– Ihre weißen Gesichter sind einsam
Über Leibern, fromm von Zerbrechlichkeit –
Und spielen gern die seltsamen Verkettungen

Ihrer Arme, wenn sie sich lieben.
Tragische Gebärde ist ihnen zuteil,
Ihr dunkles Schicksal verstößt uns,
Sie sind unter fremden Sternen.

Manchmal greift uns ihr Schweigen ans Herz.
Dann springt – heiße Verwunderung! –
Tönender Schrei unsrer Inbrunst
Von ihrem entfalteten Mund.

(in Das frühe Fest, 1922)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

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