Natale Rondinini (1628?-1657) : Je dors, mais point mon cœur


La nuit peut bien couvrir la flamme de mes yeux,
Et vaincre de sommeil leur flambeau lumineux,
Ces yeux que les Amours entourent de décence
Et la Pudeur, la Grâce en sa triple présence :

Accablé de soucis, je ne suis point dispos,
La nuit charge mes yeux d’un repos sans repos,
Et l’apaisant sommeil devra se faire attendre
Tant qu’il ne couchera ma tête et mon cœur tendre¹.

¹ : Le texte imprimé porte sternas (qui impliquerait la présence d’un vocatif dont il n’y a pas trace). J’ai corrigé en sternat, plus satisfaisant pour la syntaxe. Capiti est une forme poétique, pour des raisons de métrique, de l’ablatif de caput.


Nox quamvis oculorum ignes premat atra nitentes,
__Et condant somno lumina victa faces;
Lumina, quae circum casti glomerantur Amores,
__Et Pudor, & triplici Gratia nexa choro:
Nox tamen assiduis lacerat praecordia curis,
__Imperat atque oculis irrequieta quies.
Nec prius obrepet, qui laxet pectora, somnus,
__Quam sternat capiti molle cor ipse meo.

(in Carmina illustium poetarum italorum tome XI, p. 94 [1721])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


 

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