C’est un jour de rivière… (inédit)


C’est un jour de rivière et tes petons d’enfant
barbotent sur les bords drus d’iris des marais,
tu as combien, cinq ans ? d’une existence pâle
où la terre a mangé ton grand-père,

tu jouais près du corps encor chaud, les voisins
l’ondoyaient d’eau bénite, un croc d’averse brune
mordait les toits d’ardoise avec pigeons lugubres.

Là c’est l’été frugal, la Gartempe a grand faim,
pourrait bien te croquer, t’avaler Pinocchio,
la vase sent le sang du tout proche abattoir,
l’écrevisse à tes pieds t’électrise,

aussi la libellule accrue d’un bruit d’élytres,
et tu la suis des yeux dans le ciel où les morts
se gorgent du murmure apprivoisé des astres.

(© LEM 31 juillet 2017)

 

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