Marion Poschmann (née en 1969) : paysage artificiel 5 / künstliche Landschaften 5

Qui est Marion Poschmann ?


cette fois-là, l’univers avait forme d’une fonte de vieux verre
et de fillettes point décaties sur des poneys,
qui chevauchant dents serrées traversaient une espèce de bouillie,
protégées par la chute presque du vent
d’où sortait une tremblante pelure, une torride frise
de frisonne origine. c’était la plaine d’Allemagne du Nord,
c’était le plat pays comme sur un timbre-poste,
couleur de riesling avec de plus crus effets d’ombres.
je louais la régularité de leurs déplacements
je ne comptais, parmi d’autres, la brillance d’une crinière
sans cesse échevelée, j’écoutais un peu grognon des voix, celles
blanches des feuilles de frênes, celles des fillettes. nul n’était éveillé.


das All bestand diesmal aus eingeschmolzenem Altglas
und unbeschädigten Mädchen auf Ponys,
die zähneknirschend durch eine Art Grießbrei ritten,
beschirmt von der Beinahe-Windstille,
aus der sich ein Zittern schälte, ein Hitzefries
friesischer Provenienz. das war die norddeutsche Ebene,
das war das Flachland wie auf einer Briefmarke,
rieslingfarben mit schrilleren Auswirkungen von Schatten.
ich lobte die Gleichmäßigkeit, mit der sie sich fortbewegten.
ich zählte nicht jenen, den endlos auf Einzelhaare zerspaltenen
Glanz einer Pferdemähne, ich horchte leicht unwirsch auf
espenlaubfahle, auf Mädchenstimmen. niemand war wach.

(inédit)



					

Marion Poschmann (née en 1969) : paysage artificiel 4 / künstliche Landschaften 4

Qui est Marion Poschmann ?

dans les marais d’épuration, nous avons dépassé
un poste de douane strié de rouge et blanc. cet été caniculaire recelait
capsules et bris de bouteilles de bière s’amalgamant
au paysage. notre paradis naturel, emmantelé de
zones tampons boisées, déjà se composait d’un fond d’or embryonnaire.
c’était le vent qui sentait localement les chaussettes et nous suivait.

dans les forêts de pins fortement surveillées tu étais censément
troué de part en part. comme de l’eau usée te pénétrait
la lumière du soleil. en grande partie. c’était ta rengaine habituelle,
tu voulais t’affirmer et n’avais rien qu’une laisse au cou.
Je t’ai berné usant d’emplois trimestriels
et d’une bonne compréhension des lacs et des rivières.


in den Rieselfeldern passierten wir ein rot und weiß
gestreiftes Postenhaus. dieser Hundesommer hortete
Kronkorken, sammelte die in die Landschaft schmelzenden
Bierflaschenscherben. unser Naturparadies, ummantelt von
waldreichen Pufferzonen, bestand bereits ansatzweise aus Goldgrund.
es war der Wind, der hier nach Socken roch und uns folgte.

inmitten stark bewachter Kiefernforsten warst du wahrscheinlich
zur Gänze gelocht. in dir versickerte abwasserartig
das Sonnenlicht. großteils. so ging es dir immer,
du wolltest persönlicher werden und wurdest nur angeleint.
ich überlistete dich mit geviertelten Arbeitsplätzen
und der richtigen Auffassung von Seen und Flüssen.

(inédit)



					

Marion Poschmann (née en 1969) : paysage artificiel 3 / künstliche Landschaften 3

Qui est Marion Poschmann ?


la malle arrière se refermant d’un coup
l’odeur en est restée dans l’air quelques secondes
comme une sorte de boîte cédant à la pression brusque
tenue par chacun pour le monde extérieur

quand on compare cela au cours minutieux des devises
et aux privations constantes des bénévoles
on se remet à employer des ronds de feutre
pour éviter que sur la table les verres ne tintent


als der Kofferraumdeckel zufiel
stand der Geruch noch zwei Sekunden in der Luft
wie eine Art Box, die schnell einem Druck nachgab
den jedermann für die Außenwelt hielt

wenn man das vergleicht mit der Akkuratesse von Wechselkursen
und den fortgesetzten Entbehrungen freiwilliger Helfer
beginnt man wieder Filzuntersetzer zu benutzen
damit die Gläser auf dem Tisch nicht klirren

(inédit)





Marion Poschmann (née en 1969) : Exercice du cerf / Hirschübung

Qui est Marion Poschmann ?


rayures mouvantes sur la départementale,
blanc flotté traversant les forêts, très
strictement délimité,
et nous suivions les bonds, les allongements
de cette ligne brisée, passées,
plats, pentes, sur les aires de repos des bancs
dormaient d’un sommeil absolu, bois
gonflé d’humidité, et les crêtes
brunes et courbes des montagnes fourrures blessées,
coupes sombres, chemins à bout, et nous
à toute allure, comme simulant le vent
parmi les branches à hauteur de poitrine,
empaumures empaquetées dans des vestes en coton,
terne élucubration (rêves de chute),
cinq-cors1, pointeur :
mais
nous sentions le savon
la violette et l’eau de bassin, devant nous
la terrible complétude de l’avenir

bientôt le gel aux sabots durs


über die Landstraße treibende Streifen,
durch Wälder geflößtes, sehr streng
bemessenes Weiß,
und wir folgten den Sprüngen, den Streckungen
dieser durchbrochenen Linie, Wildwechsel,
Glätte, Gefälle, an Rastplätzen lagen
bedingungslos schlafende Bänke, von Nässe
gequollenes Holz, und die braunen gebogenen
Rücken der Berge verwundete Fellflächen,
Kahlschlag, verendete Pfade, und wir
mit Karacho, wie Simulationen von Wind
zwischen brusthohen Zweigen,
Geweihen in Wattejacken verpackt,
mattes Hirngespinst (Fallträume),
Fünfender, Fingerzeig:
aber
wir rochen nach Seife
nach Veilchen und Teichwasser, vor uns
die furchtbare Vollständigkeit des Kommenden
bald harthufig der Frost

In Grund zu Schafen (Frankfurter Verlagsanstalt, 2004)



					
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