Julio Cortázar : Final (in Salvo el crepúsculo, Crépuscule d’automne, 1984)

Ainsi, lorsque la vie arrêtée en chemin
s’en retourne légère, à peine passagère
fugace d’un souffle, d’un nuage, d’un verre
irisant au soleil la courbe de son rien,

ainsi, mélancolie du tout petit matin
ombre de quelque oiseau traversant la verrière
moins qu’une image ou que ce qui demeure, erre
du baiser sur la bouche au souvenir éteint,

je te regarde, à l’origine de l’absence,
mandorle du jeu d’eau parmi lequel tu joues
avec l’enfance impondérable du reflet,

et se rehausse l’être dur de ton essence
en cette solitude à quoi tu me dévoues,
ô mon amour, vain dévouement de la psyché.


 

Así, cuando la vida rezagada
retorna leve, apenas en el paso
breve de un aire, de una nube, un vaso
que irisa al sol la curva de su nada,

así, grisalla de la madrugada,
sombra del ave por el cielorraso,
menos que imagen o recuerdo, paso
del beso por la boca ya olvidada,

te contemplo, naciendo de la ausencia,
halo de juego de agua donde juegas
con la infancia liviana del reflejo,

y alza otra vez su duro ser tu esencia
sobre esta soledad donde me entregas,
oh amor, la vana entrega del espejo.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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