Shakespeare, sonnet 98

Je fus bien loin de toi durant tout le printemps
Quand avril bigarré, paré de ses atours,
Mettait en toute chose un tel air de vingt ans
Qu’avec riait, dansait, Saturne le balourd.

Mais ni les lais d’oiseaux, ni les suaves parfums
Des si diverses fleurs en odeurs et nuances
De conte des beaux jours ne m’ont fait dire aucun
Ni de leur fier giron dérober la croissance.

Je ne m’écriais pas à la blancheur des lis,
Ni n’accordais d’estime aux roses vermillon :
Ce n’étaient là qu’exquises formes de délices

Faites à ton instar, de toutes le patron !
– Mais me croyant encore en hiver, esseulé,
J’ai comme avec ton ombre avec elles joué.

***

Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

***

From you have I been absent in the spring,
When proud-pied April dress’d in all his trim
Hath put a spirit of youth in every thing
That heavy Saturn laugh’d and leap’d with him.

Yet nor the lays (chants, lais) of birds nor the sweet smell
Of different flowers in odor and in hue
Could make me any summer’s story tell.
Or from their proud lap pluck them while they grew;

Nor did I wonder at the lily’s white,
Nor praise the deep vermilion in the rose;
These were but sweet, but figures of delight;

Drawn after you, you pattern of all those.
Yet seem’d it winter still, and, you away,
As with your shadow I with these did play.

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