Envisager sa mort (inédits 1995)


Entré la tête
sorti les pieds
devant
terre mère
nourricière
mangeuse
ventre ou boîte
où s’inscrit
l’homme de
mous confins
(sa semence est lisière
de forêts sans oiseaux

racine du
flagelle)


Mise en
sac
_____bois
à cru sous le cul du terreau
cuite à
la pierre
(vrac des yeux
______________lèvres plèvres)
barrique où ça
______________barbouille (-ur de cru)
les cinq sens distillés en même eau
même
_______mot
morte viande
corps
_______mort
allitéré atterré altéré
– autre terre


Creuse un peu aide à
l’hoyau du fos-
soyeur

bêche-toi carré de choux
soque-
toi planche de raves

que faire
(creusé le trou)
de la terre en surplus
(boisseaux d’humaine carne
contre autant de glaiseuse)

en marque du
trop vrai charnier
rien qu’un
talus d’asperges

(rhizomes
debout)


Tombe en puits __bouc __lourd
(ripant contre margelle)
avec le seau pour mordre l’eau miam
miam bonne à mâcher
déglutis l’ombre __au fond
avale
la pierre
qu’une brindille
chue à demi
pourrie
te reste entre molaires
humblement concédée
à ton pas
grand chose


C’est au grenier que ça
pourrait bien advenir
parmi les tresses d’ail
pis que bouc barbelées
et les
ailés
de descendre encaver
la somme des voyelles
(yeux sucs cervelle)
à grands
froufrous de plumes
de mettre en crypte
tout le
grotesque désormais
langage
crachant ses concrétions
par le travers
des os
consonantiques


Ou dans la neige après
un long voyage en train
les pas laissés gravent notre épitaphe
en bien crissantes lettres
sur le marbre friable
à moins que l’on s’arrête
la phrase fait ruisseau
suit comme une ombre en eau glacée

reviens aux sources du babil roule
(inutile tapis) la présence marchée
– mais elle ocelle les bouleaux
écrit en flaques noires
le livre sur les troncs


Toute ma chair est chue délivrant le squelette
veinules gisent contre humus paillasson de coco
quel musicien perforant mes tibias
par sept trous flûtera la stridence du merle
quel amateur de champignons
pour bolets cueillera mes rotules
et les rendra dédaigneux à l’ortie
mais laissez aux fourmis l’abondance
aux chouettes l’orme creux de ma poitrine
que le ruisseau frétille
du frai de mes phalanges
dans l’instant stupéfait
il n’est plus d’avenir
que leur
grouillant manège

(© LEM 1993)

 

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