Maria Luise Weissmann (1899-1929) : Juin 1919 / Juni 1919

petit-pont-de-bois


L’aube sombre me porte en son sein, lourdement,
Elle se meurt, me faisant naître au matin blême ;
Parmi des églantiers je grandis lentement,
Le mont doit m’allouer le bleu de ses ombrages
Lorsque midi me blesse en son ardeur abrupte.
Mène au soir le ponceau, chargé de lassitude,
Qui oscille, craintif, au-dessus du ruisseau.
Dans la nuit les murs blancs s’écroulent en silence,
Tout autour de mon lit marchent les forêts noires.


Die dunkle Frühe trägt mich schwer im Schoß,
Sterbend die mich gebar dem blassen Morgen;
Mit Heckenrosen werd ich langsam groß,
Berg muß mir seine blauen Schatten borgen,
Wenn Mittag mich in steiler Glut versehrt.
Zum Abend führt, von müder Last beschwert,
Bachüberwankend scheu das schmale Brett.
Stumm stürzen nachts die weißen Wände ein,
Die schwarzen Wälder schreiten um mein Bett.

(in Das frühe Fest, 1922)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

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