Federico García Lorca : Sonnet (Largo espectro de plata conmovida)

Spectre considérable agité d’argenture
la brise de la nuit venue dans un soupir
d’une main grise ouvrit mon ancienne blessure
et puis s’en fut ; m’allait emplissant le désir.

Meurtrissure d’amour qui me donnera vie
sang jamais épuisé, source de clarté pure.
Fissure où Philomène amuïe de tout cri
aura forêt, douleur et câlines ramures.

Quelle douce rumeur s’empare de ma tête !
Je me tiendrai tout près de cette fleur discrète
où d’âme dépourvue ta vénusté louvoie.

Et l’eau des rus errants se teindra de doré
tandis que coulera mon sang dans les sous-bois
empreints d’odeurs et de mouillure de l’orée.

***

Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

***

Largo espectro de plata conmovida
el viento de la noche suspirando
abrió con mano gris mi vieja herida
y se alejó; yo estaba deseando.

Llaga de amor que me dará la vida
perpetua sangre y pura luz brotando.
Grieta en que Filomena enmudecida
tendrá bosque, dolor y nido blando.

¡Ay qué dulce rumor en mi cabeza!
Me tenderé junto a la flor sencilla
donde flota sin alma tu belleza.

Y el agua errante se pondrá amarilla,
mientras corre mi sangre en la maleza
olorosa y mojada de la orilla.

(in Canciones [1921-1924])

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