Girolamo Angeriano / Hieronymus Angerianus (1470-1535) : Célie / de Caelia

Voulant tester nos liens de constance et d’amour,
Je t’ai mandé mon cœur : il n’est point de retour.
Si doux est ton logis que seule ta maison
Lui sied – qu’il est heureux d’habiter ton giron.

J’ai mandé un soupir s’informer de mon cœur :
Il est allé, venu, mais chez toi fait demeure.
« Où est mon cœur ? » Il n’en sait rien ; muet, s’en tient
À d’un souffle attiser le feu lourd en mon sein.

À mes questions : « Que fait mon cœur ? Que fait Célie ? »
Pas de réponse, et me laissant inerte : il fuit.
– Mon âme t’envoyant, si je ne la recouvre :
Qu’aussitôt, malheureux, de terre on me recouvre.

***

Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

***

Ut scirem quanto sim tecum junctus amore
Atque fide, misi cor tibi. non rediit.
Hospitium praedulce tuum. non amplius optat
Hos artus; gremio gaudet adesse tuo.
Post, gemitum ejeci, qui cordis nuntius esset.
Illum etiam, est quamquam saepe reversus, habes.
Nescit ubi sit cor, nec novit dicere; solum
Spirat, et exusti pectoris auget onus.
Illi saepe loquor, « quid agit mea Caelia? quid cor? »
Nil referens, linquit corpus inane, fugit.
At nunc mitto animam, quae si non ipsa redibit,
Protinus infelix hac tumulabor humo.

(in Erotopaegnion [1512])

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