Angelo Poliziano (1454 – 1494) : Aimer quand on est vieux / de seipso semper amante

Je viens de dépasser les trente-trois années,
Déjà je n’aime plus mon reflet sur la glace.
Vain espoir de rêver aux amours partagées,
Et sous câlineries, soupçon de foi fugace !

Malgré tout, je m’éprends, pauvret, de beaux minois,
Et sans jamais défaire, amant, ma lourde chaîne.
C’est bien assez, Vénus, assez de ces tournois :
Abrège ma jeunesse, ou montre-toi humaine !

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Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Sex ego cum plena perago trieteride lustra,
Nec placet in speculo jam mea forma mihi;
Nec responsurum spes improba fingit amorem,
Blanditiisque levem suspicor esse fidem.

Cum tamen haec ita sint, capior miser illice vultu,
Et nunquam a dura compede solvor amans.
Jam jam, militia nostrae contenta juventae,
Desinat aut ceston commodet alma Venus.

(in Epigrammata)

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