Andrea Navagero (1483-1529) : Rocco Siffredi n’a qu’à bien se tenir…

Que fuis-tu donc, oui quoi, saloperie ?
Crains-tu le poids de mon artillerie ?
– Ou me crois-tu, plutôt, trop mal monté,
Trop chichement, pour toi, enquéquetté ?
Non, non, la miss, ne prends pas la tangente,
Car cet engin, à tes yeux maigre rente,
Mou, qui pendouille – un grenier à poussière ! –
Tripote-le de la bonne manière :
Il surgira, crête en chef, de son froc,
Et prendra telle ampleur – raide et duroc
Conjointement – que tu ne croiras pas
Que de moi c’est un bout, mais penseras
Que moi, plutôt, je suis un bout de lui.


Quid nam, pessima, quid fugis puella ?
Nostrae pondera num times columnae ?
An credor potius parum paratus
et parum tibi mentulatus esse.
Ne recte fuge, ne puella, ne ne !
Namque hic, qui tibi tantulus videtur
languens, pendulus atque araneosus,
idem, si digitis parum titilles,
cristatum caput exeret cucullo
tamque amplo pariter tumore crescet,
rectus turgidulusque ut esse nostri
jam pars non videatur hic, sed hujus
me possis potius putare partem.

(in Lusus, LXVI, in Carmina quinque illustrium poetarum [1548])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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