Ludovik Paskalić / Ludovicus Paschalis (1500-1551) : À ses amis, pour prendre congé

Accordez-moi un peu, chers amis, de présence
– Parmi les vastes flots, j’ai longue route à faire :
De l’enfance à ce jour, une éternelle entente
Nous a toujours liés fidèlement ensemble.
Donc, à vous l’on m’arrache –  à peine en ai-je eu bruit –,
Gagnant Gnosse, pays du Jupiter antique
– Le destin me l’enjoint. Dites-moi « Bonne étoile »,
Dites-moi « Bon voyage », en termes guillerets.
Donnez-moi l’accolade, et gages de nos cœurs,
Recevez ces baisers où se mêlent mes larmes.
Souvenez-vous de moi, suivez ma longue route,
Et là où n’iront point vos corps, qu’aillent vos cœurs !
– Vous, forêts d’Illyrie, montagnes, au revoir,
Et rivières que j’ai célébrées dans mes vers !
Au revoir, ma patrie, mes lares, mes pénates,
Lieux que j’ai entourés du soin de mes études.
Vous, dieux du ciel, gonflez mes voiles de bon vent
Jusqu’à mon arrivée en terre de Dicté :
Veuillez, le temps venu que je reprenne mer,
Ramener mon bateau dans le sein de mes pères.
– Mais vous voici, qui tous me prodiguez vos vœux,
Cependant que ma main largue l’ultime amarre.


Vos mihi nunc veteres paulisper adeste sodales,
Dum feror in longas per freta vasta vias:
Quos mihi adhuc teneris aeterno foedere ab annis
Una semel junxit tempus in omne fides;
Abstrahor a vobis, et vix mihi cognita fama
Sponte sequor veteris Gnosia regna Jovis,
Quo mea me fortuna vocat : vos omine laeto,
Laeta mihi, et nostrae dicite verba viae.
Jungite complexus, et nostri pignus amoris,
Accipite haec lacrimis oscula mixta meis .
Este mei memores, nec vos via longa moretur,
Et quo non poterunt membra, sequatur amor.
Et vos Illyrides silvae , montesque valete,
Cunctaque carminibus flumina nota meis .
Jam valeant Patriique lares, patriique penates;
Et loca, quae studiis culta fuere meis.
At vos caelicolae faciles in carbasa ventos
Mittite, Dictaea dum potiamur humo:
Et, cum tempus erit, pelago mea vela remenso
Ad patrios referant numina vestra sinus.
Sed jam quisquis adest, mihi vota faventia fundat,
Ultima dum nostra solvitur ora manu.

(in Carmina illustrium poetarum italorum tome 7 [1720])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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