Magma : une critique de Basile Rouchin (revue Diérèse, n° 61)

Lionel-Édouard Martin, Magma, Publie Papier, 2013, 129 p.

Ce « poème symphonique transposé dans la langue » s’inspire d’une part, d’une littérature élégiaque mue par des sentiments contraires et d’autre part, s’en éloigne. Un homme trompé quitte « la capitale » où sa compagne résidait pour rejoindre la demeure familiale et provinciale. Romancier reconnu, il n’ose pas y ouvrir son ordinateur et « son caillot de paroles »… Sa « Lesbie » l’obsède et il sait n’être pas « Catulle ». Aussi, traverse-t-il son désert sentimental à force de vin, de solitude, de visites aux ancêtres enterrés, de contacts avec la Nature : « l’eau coule grosse et sombre crespelée de lueurs (…) abandonnant sa mue d’écume aux branches immergées des vieux arbres » (p 39). Maintes références religieuses émaillent son calvaire et son deuil masque / marque une renaissance. A mesure que les souvenirs d’enfance émergent, l’auteur chemine vers le cœur de son histoire et de cette relation. En insistant pour connaître ses aventures passées n’a-t-il pas conduit « sa Carmen » à prendre amant ? « Son imaginaire toujours en désir de crucifixion », sa curiosité assouvie, il se détache de sa mélancolie. Des dialogues parfois crus succèdent au monologue et une conversion intérieure s’opère. On notera l’art maîtrisé de la mise à distance : un narrateur parlant du personnage principal (un double ? lui même ?) à la deuxième personne du singulier, des protagonistes sans nom, une topographie parfois imprécise (la retraite du poète, « près de la Gartempe ») et ce, sous le patronage d’auteurs latins et classiques. Pour autant, cet homme cultivé, floué se sent dépossédé de son langage et doit « sortir du balbutiement » (p 96). Son phrasé souvent précieux se déroule en de longs segments jouant avec les temps, la ponctuation, les conjonctions. Le style trahit alors un dégout de vivre, de la confusion (« la Tour Montparnasse » devient «  la cour »). La passion ravageuse fait place à l’uniformité, au « rien ». « Toutes les villes se ressemblent, grandes, moyennes, petites » signe le début du texte et figure en bandeau sur la 4ème de couverture.

Pris dans un duo/duel avec son histoire, l’auteur donne un tour inattendu à sa peine : jeux avec le langage, introspection et dialogue, érotisme et abstinence, huis clos urbain, pèlerinage sur la concession familiale, traductions libres et à quatre mains de Catulle, propos sur la géographie, la grammaire, la rhétorique, alternance d’argot et de subjonctif jalonnent cette plongée vers l’essentiel – le sentiment amoureux, ses différentes formes et expressions.

Basile Rouchin

(revue Diérèse, n° 61 [été automne 2013], page 283)

D’autres critiques sur le même texte ici,
sous la plume de :

Actualités novembre 2013

Magma vu par Gregory Mion, sur Critiques Libres.

« […] le sujet est séculaire, un homme qui se fait larguer, qui se sent minable, c’est même un des thèmes de prédilection de Jean Echenoz et de toute une clique de romanciers imposants, et voilà que L-É. Martin se ramasse la patate chaude, ce « magma qui palpite, profond, dans le cœur de la terre » (p. 15), voilà qu’il en accepte les dépositions et les prolongements, les profondeurs communes et les manifestations casanières, qu’il en rédige un rapport à tout le moins éblouissant, aussi vif que les nausées du volcan qui s’apprête à rendre les puissances de ses tripes. […] »

Magma vu par Gregory Mion, sur Critiques Libres

Magma sur La Lectrice à l’oeuvre

« Magma est un grand texte, dont on ne sait dire s’il est poème, prose, exercice de traduction latine, ou traité d’écriture. »
Un article à propos de Magma sous la plume de Christine Balbo sur La Lectrice à l’oeuvre.

Nouvel article sur Magma

Bel article sur Magma (éd. publie.net / publie.papier),
dû à la plume et à l’oeil perspicaces de Selenacht (@selenacht) sur Les Glossolalies :

« C’est […] ce que l’on peut déduire du roman, qui évite cepen­dant de se perdre en de tels détours psy­cho­lo­giques pour, beau­coup plus direc­te­ment, jouer de la force seule de l’image poé­tique – se fiant, s’abandonnant presque à la langue, qui semble alors dévi­der un trop-plein (images, conno­ta­tions et échos, de jeux de mots où s’empoisonne la dou­leur, d’impressions fugi­tives attra­pées au vif pour essayer d’obtenir un tableau com­plet, ou d’encore empri­son­nantes répé­ti­tions) tout en ouvrant la voie à une poé­sie plus réglée, mesu­rée et sereine. »

Magma numérique (2)

Anaïs ou les Gravières pour illustrer Poitiers sur « La France vue par les écrivains »

Des extraits de mon Anaïs ou les Gravières pour illustrer Poitiers et ses alentours, ainsi que du très beau roman de l’ami Georges Bonnet, Les Yeux des chiens ont toujours soif. 

C’est ici, sur La France vue par les écrivains, et c’est une très belle initiative, fort bien commentée par Gwenaëlle Abolivier sur son blog.

Artis Mirabilis

Quand Artis Mirabilis présente
La Vieille au buisson de roses
et
Brueghel en mes domaines,
cela donne
ça et ça.

Et quand Artis Mirabilis présente
L’Orgie latine de Félicien Champsaur
que  viennent de republier les éditions du Vampire Actif
cela donne ça.

Le 7 février 2013

à 20 h 30

à la Coursive

à La Rochelle

dans le cadre de l’association Quai des lettres

La Rochelle

Magma, chez publie.net / publie papier

Magma numérique (2)

Parution de Magma en version numérique

avec sa parution en version « papier » le 1er février.

C’est chez publie.net

et ce sera chez remue papier.

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