Pline le Jeune : Gloire ou loisir, un choix de vie (Lettre à son ami Paulinus)


Qui est Pline le Jeune ?


Pour un autre, c’est autrement : pour ma part, je tiens pour comblé qui, pouvant se prévaloir d’une bonne et durable réputation, en jouit pleinement, et qui, assuré de la postérité, vit en compagnie de sa gloire future. J’ajoute que, si je n’avais sous les yeux l’éternité pour prime, ce fameux paresseux, profond loisir, c’est cela qui me plairait. Car à mon sens tout homme doit penser, soit à être immortel (et tâchant alors de le devenir), soit à rester mortel (et s’abandonnant alors à l’oisiveté) – sans accabler une vie brève de travaux sans fruits, comme j’en vois beaucoup, qui, s’activant, portés par une illusion de misère et sans retour, finissent par s’avilir. Cela, je le partage avec toi – comme je fais chaque jour avec moi-même – pour cesser de le faire avec moi-même, si de ton côté cela ne t’agrée pas ; mais cela t’agrée, à toi qui ne médites jamais rien que de notable et d’immortel.


Alius aliud: ego beatissimum existimo, qui bonae mansuraeque famae praesumptione perfruitur, certusque posteritatis cum futura gloria vivit. Ac mihi nisi praemium aeternitatis ante oculos, pingue illud altumque otium placeat. Etenim omnes homines arbitror oportere aut immortalitatem suam aut mortalitatem cogitare, et illos quidem contendere eniti, hos quiescere remitti, nec brevem vitam caducis laboribus fatigare, ut video multos misera simul et ingrata imagine industriae ad vilitatem sui pervenire. Haec ego tecum quae cotidie mecum, ut desinam mecum, si dissenties tu; quamquam non dissenties, ut qui semper clarum aliquid et immortale meditere. Vale.

in Lettres, livre IX, 4


Ces traductions originales, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Pline le Jeune : Lettres à son épouse, Calpurnia


Qui est Pline le Jeune ?


Jamais je ne me suis tant plaint de mes occupations, qui n’ont pas souffert que je te suive partant pour la Campanie pour raison de santé – ou, partie, de t’y suivre sans attendre. C’est surtout maintenant que je voudrais que nous soyons ensemble, pour de mes yeux m’assurer que tu recouvres tes chères forces et qu’entre plaisirs de ta retraite et richesse de la région tu vaques sans encombre. Pour ma part, fusses-tu rétablie que j’aurais de toi un amoureux souci : car on s’inquiète, s’angoisse, quand on est quelque temps sans nouvelles de qui l’on chérit ardemment. Pour l’heure, penser tour à tour à ton absence et à ton mal me tourmente de toutes sortes d’incertitudes et me terrifie. Je crains tout, j’imagine tout, et comme le veut la nature des anxieux, je me figure les pires choses des pires que j’abomine. Aussi je t’en prie instamment : prends mes frayeurs en compte, et écris-moi une fois par jour, voire deux : car rasséréné te lisant, je retomberai tout de suite dans mes peurs t’ayant lue. Bien à toi.

1 De nombreux traducteurs traduisent ici nunc par alors, au motif qu’il est employé avec cupiebam. Je préfère lui garder son sens habituel de maintenant, et donner à cupiebam la valeur d’un optatif – cela sans compter que, sur les quelque 200 emplois de nunc dans ce qu’il nous reste des œuvres de Pline, il est, dans l’immense majorité des cas, presque toujours employé au présent (ou à l’accompli du présent). Il me semble du reste que la signification du texte en gagne en clarté.
2 Transmittere est à prendre au sens de passer à travers.

*

Tu m’écris n’être pas, de mon absence, médiocrement touchée et n’avoir pour unique réconfort que de tenir, m’y substituant, mes livres contre toi – souvent même de les mettre à ma place. J’aime te manquer, j’aime que ces remèdes t’apaisent. En retour, je lis, relis tes lettres, les prends sans cesse en main comme de nouvelles : mais ce faisant je ne m’embrase que davantage de ton désir : car celle dont la correspondance a autant de douceur, autant de charme réside en sa conversation. Écris-moi malgré tout le plus souvent possible, mon plaisir dût-il me conduire à la souffrance. Bien à toi.

*

On ne peut croire quel désir de toi me tient. En cause : l’amour, d’abord, puis notre inhabitude à être séparés. De là vient que mes nuits, pour une grande part, c’est, t’imaginant, à veiller que je les passe ; de là que de jour, aux heures où j’avais coutume d’aller te voir, c’est vers ta chambre que d’eux-mêmes, comme on dit à raison, mes pieds me portent ; qu’ensuite souffrant et triste et comme exclus je me retire de la pièce vide. N’échappe à ces tourments que le temps que je passe au forum et aux procès de mes amis. Prends la mesure de ma vie : le repos : dans le travail ; dans l’inquiétude et les tracas : le réconfort. Bien à toi.


Numquam sum magis de occupationibus meis questus, quae me non sunt passae aut proficiscentem te valetudinis causa in Campaniam prosequi aut profectam e vestigio subsequi. Nunc enim praecipue simul esse cupiebam, ut oculis meis crederem quid viribus quid corpusculo apparares, ecquid denique secessus voluptates regionisque abundantiam inoffensa transmitteres. Equidem etiam fortem te non sine cura desiderarem; est enim suspensum et anxium de eo quem ardentissime diligas interdum nihil scire. Nunc vero me cum absentiae tum infirmitatis tuae ratio incerta et varia sollicitudine exterret. Vereor omnia, imaginor omnia, quaeque natura metuentium est, ea maxime mihi quae maxime abominor fingo. Quo impensius rogo, ut timori meo cottidie singulis vel etiam binis epistulis consulas. Ero enim securior dum lego, statimque timebo cum legero. Vale.

Livre 6, 4

*

Scribis te absentia mea non mediocriter affici unumque habere solacium, quod pro me libellos meos teneas, saepe etiam in vestigio meo colloces. Gratum est quod nos requiris, gratum quod his fomentis acquiescis; invicem ego epistulas tuas lectito atque identidem in manus quasi novas sumo. Sed eo magis ad desiderium tui accendor: nam cujus litterae tantum habent suavitatis, hujus sermonibus quantum dulcedinis inest! Tu tamen quam frequentissime scribe, licet hoc ita me delectet ut torqueat. Vale.

Livre 6, 7

*

Incredibile est quanto desiderio tui tenear. In causa amor primum, deinde quod non consuevimus abesse. Inde est quod magnam noctium partem in imagine tua vigil exigo; inde quod interdiu, quibus horis te visere solebam, ad diaetam tuam ipsi me, ut verissime dicitur, pedes ducunt; quod denique aeger et maestus ac similis excluso a vacuo limine recedo. Unum tempus his tormentis caret, quo in foro et amicorum litibus conteror. Aestima tu, quae vita mea sit, cui requies in labore, in miseria curisque solacium. Vale.

Livre 7, 5


Ces traductions originales, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Pline le Jeune : Faute de grives on a du style (Lettre à Calpurnius Flaccus)


Qui est Pline le Jeune ?


J’ai reçu de bien belles grives et ne puis en retour poser pareille ligne sur mes comptes1 en puisant, de Laurentin2, dans Rome ni dans la mer par des temps si venteux. Voici donc en réponse une lettre inféconde et tout bonnement ingrate, qui n’imite pas même l’habileté de Diomède3 dans l’échange des présents. Mais ce sera le fait de ton indulgence que de lui accorder d’autant plus le pardon qu’elle avoue ne pas le mériter. Bien à toi !

1 Cela signifie bien sûr « te rendre la pareille », comme l’écrivent la plupart des traducteurs. J’essaie pour ma part de conserver la métaphore « comptable » du latin.
2 Ville du Latium, près de la côte adriatique, à quelque 14 km de Rome, où Pline avait une propriété.
3 Allusion à un épisode de la guerre de Troie, où Diomède échange ses armes de bronze contre celles de Glaucos, qui sont en or massif.


Accepi pulcherrimos turdos, cum quibus parem calculum ponere nec urbis copiis ex Laurentino nec maris tam turbidis tempestatibus possum. Recipies ergo epistulas steriles et simpliciter ingratas, ac ne illam quidem sollertiam Diomedis in permutando munere imitantes. Sed, quae facilitas tua, hoc magis dabis veniam, quod se non mereri fatentur. Vale.

in Lettres, livre 5, 2


Ces traductions originales, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Pline le Jeune : Littérature et chasse aux sangliers (Lettre à Cornelius Tacite)


Qui est Pline le Jeune ?


Tu vas rire, et tu pourras bien rire. Moi, ce grand homme que tu connais, j’ai pris des sangliers, trois, et de fort beaux. « Toi-même ? » dis-tu. Moi-même ; toutefois sans me départir de toute ma calme indolence. J’étais assis près des filets ; à ma portée, d’épieu, de pique : point, mais style et tablettes, je tâchais d’écrire quelque chose pour, si les mains vides, rentrer au moins les pages pleines. Ne raille pas ce genre d’activité intellectuelle ; on s’étonne de voir combien l’esprit s’anime quand le corps s’agite et se meut ; forêts à l’entour, solitude et même ce silence requis par la chasse stimulent fort la pensée. Aussi, quand tu iras chasser, suis mon exemple : emporte, outre panière et gourde, des tablettes : tu verras par toi-même que dans les montagnes, Minerve n’erre pas moins que Diane. Bien à toi !


Ridebis, et licet rideas. Ego, ille quem nosti, apros tres et quidem pulcherrimos cepi. ‘Ipse?’ inquis. Ipse; non tamen ut omnino ab inertia mea et quiete discederem. Ad retia sedebam; erat in proximo non venabulum aut lancea, sed stilus et pugillares; meditabar aliquid enotabamque, ut si manus vacuas, plenas tamen ceras reportarem. Non est quod contemnas hoc studendi genus; mirum est ut animus agitatione motuque corporis excitetur; jam undique silvae et solitudo ipsumque illud silentium quod venationi datur, magna cogitationis incitamenta sunt. Proinde cum venabere, licebit auctore me ut panarium et lagunculam sic etiam pugillares feras: experieris non Dianam magis montibus quam Minervam inerrare. Vale.

in Lettres, livre I, 6


Ces traductions originales, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Pline le Jeune : Littérature itinérante (Lettre à Maecilius Nepos)


Qui est Pline le Jeune ?


Mes opuscules que tu t’es empressé d’acquérir, tu me demandes de les faire relire et corriger. Je vais le faire. Est-il rien que je doive entreprendre de meilleur gré – surtout quand c’est toi qui m’y pousses ? Car lorsque un homme comme toi, des plus graves, des plus savants, des plus diserts, de surcroît des plus occupés, bientôt gouverneur d’une grande province, accorde tant de valeur à mes écrits que de les emporter partout, combien dois-je veiller à ce que, dans ses bagages, cette part, comme inutile, ne l’embarrasse ! Je vais donc m’employer : d’abord à te faire trouver le plus grand charme à tes accompagnateurs ; ensuite à te fournir à ton retour ceux que tu voudrais leur adjoindre. Car je ne prends pas à la légère qu’un lecteur de ta qualité ne m’exhorte à de nouveaux ouvrages. Bien à toi !


Petis ut libellos meos, quos studiosissime comparasti, recognoscendos emendandosque curem. Faciam. Quid enim suscipere libentius debeo, te praesertim exigente? Nam cum vir gravissimus doctissimus disertissimus, super haec occupatissimus, maximae provinciae praefuturus, tanti putes scripta nostra circumferre tecum, quanto opere mihi providendum est, ne te haec pars sarcinarum tamquam supervacua offendat! Adnitar ergo, primum ut comites istos quam commodissimos habeas, deinde ut reversus invenias, quos istis addere velis. Neque enim mediocriter me ad nova opera tu lector hortaris. Vale.

in Lettres, livre IV, 26


Ces traductions originales, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Pline le Jeune : Le rapport d’une maison de campagne (Lettre à Julius Naso)


Qui est Pline le Jeune ?


Toscane fouaillée de grêle, en région transpadane abondance extrême mais bas prix à l’avenant, voilà les nouvelles : seule ma propriété de Laurentum me rapporte. Je n’y possède rien, c’est vrai, qu’une demeure avec un parc (après, tout de suite des sables), mais elle seule me rapporte, car j’y écris beaucoup, cultive non pas des terres que je n’ai pas mais moi-même par le travail intellectuel ; et déjà, de pleine, je puis te montrer, comme ailleurs une grange, ici une écritoire. Par conséquent : si toi aussi tu guignes un domaine fertile et d’un sûr rapport, achète quelque chose sur cette côte. Bien à toi !

NB : Je prends cette lettre pour ce qu’elle me semble être : une sorte de poème en prose à la Max Jacob (raison pour laquelle je la traduis), sous l’apparence d’une démonstration logique.


Tusci grandine excussi, in regione Transpadana summa abundantia, sed par vilitas nuntiatur: solum mihi Laurentinum meum in reditu. Nihil quidem ibi possideo praeter tectum et hortum statimque harenas, solum tamen mihi in reditu. Ibi enim plurimum scribo, nec agrum quem non habeo sed ipsum me studiis excolo; ac iam possum tibi ut aliis in locis horreum plenum, sic ibi scrinium ostendere. Igitur tu quoque, si certa et fructuosa praedia concupiscis, aliquid in hoc litore para. Vale.

in Lettres, livre IV, 6


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Giorgio Cichino (1509-1599) : Source, lune et pâtre


Qui est Giorgio Cichino ?


Bonne source d’où sourd l’onde au sommet des puys,
Source digne en mes vers d’être à jamais louée,
Et toi, Lune, secours des forêts et des nuits,
Refusant d’être jointe à ta belle lignée1 :

Considérez les feux fusant du pauvre cœur
Du pâtre, ôtez la soif à sa bouche asséchée,
Tandis qu’il mire au bord du Noncello2 le chœur,
Merveille ! de la Dame et sa suite mêlée.

Car vous pouvez calmer ses flammes et leur croît,
Source, de tes flots clairs, Lune, de ta rosée.
Il te fera pour gré, Divine, en marbre un toit
Avec, gravés dessus, tes quarts, Lune dorée.


1 : Diane, déesse de la lune, n’apparaît jamais en même temps que son frère, Apollon, dieu du soleil.

2 : Il s’agit d’un cours d’eau du Frioul, dont est originaire Cichino.


Qui nympham, bone fons, altis in collibus edis,
_versibus aeternum fons celebrande meis,
et nemorum custos et noctis, Luna, parentem
_ quae pulchrae subolis non semel esse jubes,

aspicite ah misero jactantem pectore flammas
_ pastorem et sicco pellite ab ore sitim,
Naucelli ad ripas dominam mixtasque puellas
_ dum spectat mira ducere ab arte choros.

Nam modo surgentes facile est sedare vapores,
_ fontem undis vitreis, rore geluque, deam.
Dive, tibi gratus statuet de marmore tectum,
_ inscribens signis, aurea Luna, tuis.

__________In Carmina (première édition : Trieste, Università degli. Studi,1976)


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Berardino Rota (1509-1574) : Adresse aux naïades


Qui est Berardino Rota ?


Naïades, qui gardez la source avoisinante
Si l’eau, de votre fait, ne vient pas à manquer
Mais aux clos desséchés se prodigue abondante,
Si en été la soif n’est plus à redouter :

Des jardins altérés vous aurez les prémices,
Primes lis, primes fruits, prime fleur des rosiers.
Vous recevrez, ma foi !, plus de vos bons offices
Que vous ne donnerez aux fragiles vergers.


Naïades, fontis quibus est tutela propinqui,
_Si vestra veniet lympha perennis ope,
Largus ut arentes foecundet rivulus hortos,
_Pellat ut aestivam villica turba sitim :


Prima dabit vobis sitiensis cultor agelli
_Lilia, prima olerum munera, prima rosae.
Nec tantum teneris dabitis, mihi credite, plantis,
_Quantum donata vos capietis humo.

__________Delle poesie del signor Berardino Rota parte II (Naples, 1737) p. 153


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Laurenzo Gambarra (1495-1585) : Paroles de fontaine



Reste loin de mes eaux, passant, n’y porte pas
Ta dextre si jamais du sang l’a maculée.
Aux doux dons de Bacchus j’aime à être mêlée,
Mais répugne aux canons des féroces soldats.

NB : Le traducteur ne dédaigne pas d’emprunter dans le dernier vers un passage de La Marseillaise ni de jouer sur les mots, les pocula (coupes, verres à boire) du latin devenant facilement des canons sous sa plume s’il s’agit d’abreuver des guerriers…


Hos latices ne accede meos, nec tange viator
_Sanguine foedata est si tua dextra manus.
Nostrae etenim lymphae Bacchi gratissima miscent
_Munera; non saevi pocula Martis amant.


Ces traductions originales, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Goethe : Chant nocturne du voyageur I / Wandrers Nachtlied I



Toi qui demeures dans les cieux,
Calmant tout mal, toute souffrance,
Comblant le deux fois malheureux
D’un doublement de renaissance,
Ah, je suis las de tout ce faix !
À quoi bon joies et ce qui mine ?
Ô douce paix,
Descends, descends dans ma poitrine.

Der du von dem Himmel bist,
Alles Leid und Schmerzen stillest,
Den, der doppelt elend ist,
Doppelt mit Erquickung füllest,
Ach, ich bin des Treibens müde!
Was soll all der Schmerz und Lust ?
Süßer Friede,
Komm, ach komm in meine Brust !


Ces traductions originales, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.