Horace : Supplique à Mercure (Mercuri nam te docilis magistro, in Odes, III, 11)

Mercure instructeur d’Amphion, l’élève
qui sut par ses chants remuer les pierres,
et toi, tortue creuse, apte à résonner
____au septain des cordes

autrefois sans voix ni charme, et qu’on aime
aux tables du riche, au temple, aujourd’hui :
modulez vos sons, que Lydé leur prête
____sa rétive oreille,

la jeune cavale en la vaste plaine
qui, jouant, gambade et craint qu’on la touche,
libre d’alliance et point mûre encore
____pour l’époux sans tact.

Tu peux entraîner le tigre à ta suite,
les forêts, freiner les ruisseaux rapides ;
à tes chatteries céda le portier
____du palais cruel

Cerbère ; et pourtant, comme les Furies,
il a sur la tête  un cent de serpents ;
répugnante haleine et sang croupi sourdent
____de sa gueule triple.

Mieux : Ixion même et Tityos ont
ri à contre-cœur, l’urne est restée sèche
l’instant que ton chant délectable fut
____baume aux Danaïdes.

Chante pour Lydé le crime des vierges,
leur fameux supplice et le tonneau vide
d’une eau qui se perd par le trou du fond,
____les arrêts tardifs

guettant le délit même où règne Orcus.
Les impies – de pis, qu’auraient-elles fait ? –,
les impies ont mis, d’un fer inflexible,
____ leurs maris à mort.

Une seule en tout, digne des flambeaux
de son mariage, a fait à son père
parjure un mensonge insigne et sera
____célèbre à jamais :

« Lève-toi », dit-elle, à son jeune époux,
« lève-toi, qu’un long sommeil ne te vienne
d’où tu ne crains pas. Trompe ton beau-père,
____des sœurs criminelles

qui sèment la mort, telles des lionnes
chacune à son veau. Moi, plus tendre qu’elles,
je ne te tuerai ni ne te tiendrai
____sous aucun verrou.

Mon père peut bien m’accabler de chaînes
– j’ai sauvé, clémente, un malheureux homme ! –
ou bien m’embarquant me reléguer loin
____dans la Numidie.

Va par terre et mer, Vénus et Nuit sont
pour toi, va, bon vent ! et, sur mon tombeau,
grave quelque plainte où mon souvenir
____se verra gardé. »


Mercuri, – nam te docilis magistro
movit Amphion lapides canendo, –
tuque testudo resonare septem
____callida nervis,

nec loquax olim neque grata, nunc et
divitum mensis et amica templis,
dic modos, Lyde quibus obstinatas
____applicet auris,

quae velut latis equa trima campis
ludit exultim metuitque tangi,
nuptiarum expers et adhuc protervo
____cruda marito.

Tu potes tigris comitesque silvas
ducere et rivos celeres morari;
cessit inmanis tibi blandienti
____ianitor aulae

Cerberus, quamvis furiale centum
muniant angues caput eius atque
spiritus taeter saniesque manet
____ore trilingui.

Quin et Ixion Tityosque voltu
risit invito, stetit urna paulum
sicca, dum grato Danai puellas
____carmine mulces.

Audiat Lyde scelus atque notas
virginum poenas et inane lymphae
dolium fundo pereuntis imo
____seraque fata,

quae manent culpas etiam sub Orco.
Impiae (nam quid potuere maius?)
impiae sponsos potuere duro
____perdere ferro.

Una de multis face nuptiali
digna periurum fuit in parentem
splendide mendax et in omne virgo
____nobilis aevom,

« Surge », quae dixit iuveni marito,
« surge, ne longus tibi somnus, unde
non times, detur; socerum et scelestas
____falle sorores,

quae velut nactae vitulos leaenae
singulos eheu lacerant. Ego illis
mollior nec te feriam neque intra
____claustra tenebo.

Me pater saevis oneret catenis,
quod viro clemens misero peperci,
me vel extremos Numidarum in agros
____classe releget.

I, pedes quo te rapiunt et aurae,
dum favet Nox et Venus, i secundo
omine et nostri memorem sepulcro
____scalpe querellam. »


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Horace : Le retour de l’ami (O saepe mecum tempus in ultimum, in Odes, II, 7)

Nous avons frôlé bien souvent la mort
quand nous servions tous deux sous Brutus :
qui donc t’a rendu, citoyen de Rome,
au ciel d’Italie, aux dieux de nos pères,

Pompée, le meilleur de mes camarades ?
– qu’avons-nous souvent tué le temps long
buvant du vin pur, couronnes en tête
et les cheveux oints d’huile de Syrie !

Nous avons vécu Philippes, la prompte
fuite où j’ai, piteux, jeté ma rondache,
quand, bravoure à bas, nos fiers combattants
mordirent un sol ignominieux.

Mercure eut tôt fait de m’ôter, tremblant,
me couvrant de brume, à nos ennemis ;
mais toi, te plongeant dans la guerre encore,
l’onde t’emporta sur ses flots houleux.

Rends à Jupiter l’agape promise ;
viens t’étendre, las d’un si long service,
dessous mon laurier ; vide sans compter
les cruchons de vin que je te destine.

D’oublieux massique emplis à ras-bord
des coupes polies, tire les parfums
des profonds écrins en forme de conque.
Qui s’empressera, tressant l’ache fraîche,

le myrte ? Et Vénus, qui nommera-t-elle
roi de ce festin ? – Je veux qu’on banquète
comme en Thrace on fait : doux m’est de fêter
jusqu’à déraison l’ami de retour.


O saepe mecum tempus in ultimum
deducte Bruto militiae duce,
__quis te redonavit Quiritem
_dis patriis Italoque caelo,

Pompei, meorum prime sodalium,
cum quo morantem saepe diem mero
__fregi, coronatus nitentis
_malobathro Syrio capillos?

Tecum Philippos et celerem fugam
sensi relicta non bene parmula,
__cum fracta virtus et minaces
_turpe solum tetigere mento;

sed me per hostis Mercurius celer
denso paventem sustulit aere,
__te rursus in bellum resorbens
_unda fretis tulit aestuosis.

Ergo obligatam redde Iovi dapem
longaque fessum militia latus
__depone sub lauru mea, nec
_parce cadis tibi destinatis.

Oblivioso levia Massico
ciboria exple, funde capacibus
__unguenta de conchis. Quis udo
_deproperare apio coronas

curatve myrto? Quem Venus arbitrum
dicet bibendi? Non ego sanius
__bacchabor Edonis: recepto
_dulce mihi furere est amico.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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John Owen (1564 ? – 1628 ?) : Épigrammes

Le sommeil et la mort

Je semble, quand je dors, mort pour un temps, pourtant
il n’y a, dans ma vie, nul aussi doux moment.
Si amère est la mort ? – Je m’en étonne fort :
si doux est le sommeil, image de la mort !

Des fleuves et des hommes

Ru de ru se distingue ainsi que nous de nous
tant que notre vie roule et que les fleuves coulent.
Les rus à l’estuaire ont tous le même goût :
nous, la mort nous confond comme la mer les ondes.

Amour grammatical

Qui aime est asservi, maître est qui est aimé :
« aimer » c’est le passif, et « être aimé » l’actif.

Le sang

Je suis vermeil que c’est merveille, et cours en corps,
roule, sanglant, pareil à sanglard, vais en veines.

L’amour

Commence doux, finit amer,
gai vient l’amour , triste s’en va,
l’eau douce accourt, voulant la mer,
mais sel goûté, amère coule.

Le secret de l’amour

Rarement est aimé qui aime,
pour être aimé, rends-toi aimable
à toutes; mais veux-tu d’aucune
n’être aimé ? Aime !

 Les amants

L’amour se terre en nous tel le feu dans le bois,
comme le feu le bois, l’amour vif nous consume.
Mais le bois devient cendre, et le feu fumeroles
– nous, cendre, et nos amours, quoi d’autre que fumée ?

La vie, l’amour

C’est une loi : tout ce qu’on fait trouve son terme,
nais la vie et l’amour ont leur terme en horreur.


In somnis quamquam simulo pro tempore mortem,
Non est pars vitae dulcior ulla meae.
Permirum est in morte igitur quid tam sit amarum,
Tam dulcis cum sit mortis imago, sopor.

Flumina fluminibus distant, sic nos quoque nobis ;
Dum sumus in vita nos, fluviique via.
Ingressis pelagum sapor amnibus omnibus idem ;
Mors omnes homines aequat, ut aequor aquas.

Quisquis amat servit, dominatur quisquis amatur ;
Quisquis amat patitur, quisquis amatur agit.

Sum crudus, vocor inde cruor ; per corpora curro.
Volvor, et in venis sanguis ut anguis eo.

Principium dulce est, at finis amoris amarus;
laeta venire Venus, tristis abire solet.
Flumina quaesitum sic in mare dulcia currunt;
postquam gustarunt aequor, amara fluunt.

Rarus amatur amans; ut ameris, amabilis esto
omnibus; a nulla vis ut ameris? Ama!

Est amor in nobis, in lignis ut latet ignis,
ignis uti lignum, nos levis urit amor.

ligna sed in cineres vanescunt, ignis in auras;
nos cinis, et noster, quid nisi fumus, amor?

Omnis ad extremum properet licet actio finem;
oderunt finem vita Venusque suum.

(in Epigrammata [1606])


Ces traductions originales, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Bolaño et ses doubles (à propos du Roman de Bolaño, d’Éric Bonnargent et de Gilles Marchand, aux éditions du Sonneur)

BolañoIl y a des livres qu’on aborde avec circonspection, doutant, comme eût dit Swann, qu’ils soient notre « genre », dès lors qu’on n’a guère d’appétence, d’ordinaire, pour la cocotte anglomaniaque (ou latina) outrageusement fardée, peu soucieuse de la langue dont elle use à profusion. Je n’ai jamais lu Bolaño, et si j’ai des projets de lecture, il n’en fait pas partie ; j’ai bien tenté d’aller vers Pynchon et quelques autres héros contemporains d’une certaine littérature : mais en vain, cette certaine littérature n’est décidément pas « mon genre ».

Pour Le Roman de Bolaño, en un mot : ce n’était pas gagné d’avance ; d’autant qu’il en allait de surcroît d’un roman épistolaire, et d’un roman épistolaire écrit à quatre mains.

De roman épistolaire, le dernier que j’avais lu, c’était Eux sur la photo qui ne m’avait laissé qu’un assez bon souvenir – on a en tête, pour avoir un peu lu, de si parfaits modèles ! comment, sinon les dépasser, sinon les égaler, au moins leur arriver ne fût-ce qu’à la cheville ? La technique, dont on comprend bien en quoi elle a pu, à telle époque, innover, semble actuellement sans grande possibilité d’évolution – ou alors, qu’on me dise comment on écrit de nos jours des romans par lettres autrement qu’ont fait Choderlos de Laclos et Rousseau de leur temps.

L’écriture à quatre mains, quant à elle, n’a plus guère d’adeptes aujourd’hui, sans doute parce qu’on attend moins, dans une certaine conception de la littérature, une histoire racontée à deux bouches sur fond de projet vaguement naturaliste, qu’une langue où l’auteur se fait entendre en sa singularité – le style est, plus que le vu, la vision du monde. Qu’on me dise qui lit encore les Erckmann-Chatrian, frères Marguerite, frères Tharaud et autres Goncourt ? Pas grand monde à coup sûr, et pour cause : comment synthétiser deux voix, même fraternelles, si ce n’est par l’estompe de toute inflexion personnelle, au profit d’une voix de synthèse, parfaitement impersonnelle – et par trop fonctionnelle ?

*

C’est dans ces dispositions a priori peu favorables que j’ai lu Le Roman de Bolaño, sous la double signature d’Éric Bonnargent et de Gilles Marchand.

Pas lu : dévoré.

Et devant me retenir, dans ma manducation gloutonne, pour prendre le temps d’annoter ça et là : parce que ça me parlait à voix non pas de duo fondu dans l’unicité, comme j’avais pu le craindre, mais à voix multiples, en chœur, dans une intertextualité d’où émergeaient Verlaine, Dante, Baudelaire, Zola, Cendrars et bien d’autres encore – dont certains m’ont sans doute échappé –, conjurant de la sorte la simple et banale narration pour aller vers autre chose de bien plus complexe et plus intéressant, comme il est stipulé p. 135 : Un roman qui reprendrait votre histoire, ce serait trop narratif… Trop lisible, vous voyez ? Il se réduirait à des péripéties. Or, ce qui m’intéresse, c’est la vérité, la vérité patibulaire du monde. Et on n’est pas là, en effet, dans une simplicité romanesque, dans une réduction narrative, qui se satisferaient d’une intrigue bien ficelée – et qui l’est d’ailleurs, et même excellemment, puisque le livre vous tient en haleine jusqu’à la dernière page, sans jamais d’ennui, pour répondre à la question posée p. 106 : [Je dois] comprendre ma présence dans les romans signés Roberto Bolaño ; pas que dans une histoire, non, mais dans une épaisseur intellectuelle qui, à mon sens, donne à ce livre une part essentielle de sa force et de sa beauté.

Je ne connais pas de grand roman qui ne reflète, d’une manière ou d’une autre, une conception de la littérature, et de l’art romanesque en particulier : cela, nos deux auteurs – dont l’un est, ne l’oublions pas, critique littéraire, fait mis du reste en exergue p. 105 où est mentionné son blog – non seulement le savent mais ne manquent pas de le mettre en pratique, allant jusqu’à le marteler p. 136 : Moi, si je devais me servir de vous, je vous réinventerais, je ne garderais que quelques éléments de votre histoire et en profiterais pour parler d’autre chose – de littérature, certainement.

C’est là sans doute – cette mise en abyme – ce qui fait du Roman de Bolaño un de ces textes qu’on retiendra : parce qu’il pense ce qu’il dit, sans pour autant – c’est toujours un danger potentiel – tomber dans le didactisme. J’ai souri à mes préventions initiales en lisant, p. 105 […] les déclarations contradictoires de Bolaño et de Porta à propos de la rédaction à quatre mains. Elles ont confirmé mes soupçons au sujet du procédé : je tiens pour impossible la réussite d’un livre ainsi écrit par deux personnes, nécessairement différentes dans leur manière de travailler et de penser.  et p. 136, Le roman épistolaire est un genre oublié, que je n’ai d’ailleurs encore jamais exploité, et qui me permettrait d’introduire de la discontinuité dans le récit, de jouer au chat de Schrödinger. Preuves qu’elles étaient, mes préventions, bien peu fondées, bien mal venues.

Et preuves, s’il en fallait, que la vraie littérature n’est jamais dupe d’elle-même, qu’elle se pense, se réfléchit, s’écrit sans naïveté. On a là un vrai roman, relevant de la vraie littérature, celle nourrie des voix antécédentes – des fameuses voix chères qui se sont tues citées p. 64, et qui ont, peu ou prou, relaté la même chose : Je crois que la littérature s’abreuve à la source du mal. Tous les grands écrivains ont plongé leur regard dans le mal de leur époque, tous ont sondé le bouillonnement de la cruauté humaine : Homère, Sophocle, Dante – et Bolaño bien entendu. (p.92)

C’est que la littérature n’est pas affaire d’invention mais de mémoire (cf. p. 112 : […] pour écrire des romans, il n’est pas tant nécessaire d’avoir de l’imagination que de savoir combiner des souvenirs) – le classicisme français n’est ainsi qu’une vaste paraphrase des auteurs de l’Antiquité –, mais qu’elle s’apparente à quelque chambre d’échos où elle amplifie, distord, recrée les sons du monde plutôt qu’elle ne les enregistre et ne les restitue : Le roman réaliste ? Ce n’est qu’une reconstruction artificielle de la réalité, sa réinvention. Il contente le lecteur parce qu’il lui fait croire que le monde est simple, linéaire, logique. […] Le réel est anarchique, kaléidoscopique. (p. 135).

Le Mal est ainsi, dans Le Roman de Bolaño dont il est le thème central, incarné dans une de ses plus anciennes figures : celle du Minotaure, dont les premières évocations littéraires, couplées à celles du labyrinthe, sont vieilles de quelque vingt-trois siècles : mais constamment reprise par les auteurs d’Europe et d’ailleurs tout au long de ces deux millénaires qui nous séparent d’Apollodore, parce que c’est un mythe, et que les mythes nous parlent des hommes et de leur psychisme, et qu’il n’est pas besoin d’inventer ex nihilo puisque l’existant nous est fourni par la tradition, qu’on l’a sous les yeux, dans les livres. L’éternel humain est la matière de l’éternelle littérature, laquelle varie au sens de la variation musicale : la même, mais différente, et ce sont ces légères différences qui nous plaisent, autant que la phrase initiale – qu’on pense au jazz.

C’est ce qu’on découvre en lisant ce roman : une vaste variation, remarquablement construite, remarquablement intelligente, et qu’on goûte avec un plaisir multiple – intellectuel, esthétique, narratif, sans que soit close la liste des qualificatifs.

*

Bref, on l’aura compris : je bats ma coulpe, Le Roman de Bolaño a renvoyé dans leurs cordes mes a priori. J’aimerais avoir convaincu celles et ceux qui pourraient avoir les mêmes de leur tordre le cou : on est là face à un texte puissant, pensé, de forte orchestration, qui travaille l’esprit, la sensibilité, qui peut se prévaloir d’une dimension cathartique.

Ce n’est pas rien dans le concert actuel.

Je vous fiche mon billet que vous ne regretterez pas de vous plonger dans cette écriture – à deux voix et par lettres – de l’universel humain.

Horace : Phyllis est invitée (Est mihi nonum superantis annum, in Odes, IV, 11)

J’ai chez moi un cruchon plein d’un vin d’Albe vieux
de plus de neuf années, j’ai dans mon potager
de l’ache pour, Phyllis, t’en tresser des couronnes
_____et du lierre à foison

pour, liant tes cheveux, rehausser ton éclat ;
ma maison resplendit d’argenterie, l’autel
ceint de chaste verveine aspire au sang d’agneau
_____que je vais y verser ;

en tout, la main s’empresse, et çà, et là, c’est une
mêlée de serviteurs, de servantes, qui courent
– les flammes, vacillant, font tourner sur leurs crêtes
_____une fumée noirâtre.

Que tu saches au moins pour quelle occasion
tu es priée : tu viens pour célébrer les Ides
– dont c’est le premier jour, mi-avril, mois voué
_____à Vénus la marine ;

je les fête à raison – mon propre anniversaire
ne m’est pas plus sacré –, puisque mon cher Mécène
y est venu au monde et compte depuis lors
_____de nombreuses années.

Télèphe que tu veux, ce jeune homme point fait
pour toi, est possédé par une fille riche
dont la frivolité le retient dans des chaînes
_____où il prend son bonheur.

Phaéton foudroyé s’effrayant et chassant
ses avides espoirs et Pégase l’ailé
chargé d’un cavalier mortel – Bellérophon
_____t’engagent gravement

à rechercher toujours ce qui te correspond,
et à te refuser trop différent de toi
– dis-toi que c’est néfaste. Allez, viens, toi qui mets
_____un terme à mes amours

(je ne brûlerai point après toi pour une autre),
instruis-toi de ces airs, répète-les à voix
belle ; les noirs soucis n’ont plus la même ampleur
_____devant les mélodies.


Est mihi nonum superantis annum
plenus Albani cadus, est in horto,
Phylli, nectendis apium coronis,
___est hederae vis

multa, qua crinis religata fulges,
ridet argento domus, ara castis
vincta verbenis avet immolato
___spargier agno;

cuncta festinat manus, huc et illuc
cursitant mixtae pueris puellae,
sordidum flammae trepidant rotantes
___vertice fumum.

Ut tamen noris quibus advoceris
gaudiis, Idus tibi sunt agendae,
qui dies mensem Veneris marinae
___findit Aprilem,

iure sollemnis mihi sanctiorque
paene natali proprio, quod ex hac
luce Maecenas meus affluentis
___ordinat annos.

Telephum, quem tu petis, occupavit
non tuae sortis iuvenem puella
dives et lasciva tenetque grata
___compede vinctum.

Terret ambustus Phaethon avaras
spes et exemplum grave praebet ales
Pegasus terrenum equitem gravatus
___Bellerophontem,

semper ut te digna sequare et ultra
quam licet sperare nefas putando
disparem vites. Age iam, meorum
___finis amorum

(non enim posthac alia calebo
femina), condisce modos, amanda
voce quos reddas; minuentur atrae
___carmine curae.


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Horace : un flambeau qui n’est plus que cendre (Audivere, Lyce, di mea vota, in Odes, IV, 13)

Les dieux ont entendu mes vœux, Lycé, les dieux
me les ont entendus : tu deviens vieille femme
_____mais veux paraître belle,
__jouant, buvant, non sans toupet,

d’un chant tremblant, pompette, appelant Cupidon
– lequel traîne le pas, découchant chez Chio
_____aux belles joues, si fraîche,
__et si brillante citharède.

Intraitable, il traverse en sa volée les chênes
secs et te fuit : c’est que ne sont pour t’embellir
_____tes dents jaunies, tes rides,
__ni la neige de tes cheveux.

Ni la pourpre de Cos, ni les gemmes de prix
ne te ramèneront ces années reléguées
_____par le jour fugitif
__dans un passé où il les cèle.

Où donc ont fui Vénus, hélas ! carnation,
harmonieux maintien ? Qu’as-tu de celle, celle
_____qui, respirant l’amour,
__m’avait à moi-même arraché,

heureuse après Cinare – on savait les mimiques
de ton charmant minois ? Le destin a donné
_____peu d’années à Cinare,
__mais il te gardera longtemps,

Lycé, d’âge semblable à la vieille corneille,
pour que nos jeunes gars puissent voir, enjoués,
_____riant à pleine gorge,
__un flambeau qui n’est plus que cendre.


Audivere, Lyce, di mea vota, di
audivere, Lyce: fis anus, et tamen
____vis formosa videri
__ludisque et bibis impudens

et cantu tremulo pota Cupidinem
lentum sollicitas. Ille virentis et
____doctae psallere Chiae
__pulchris excubat in genis.

Importunus enim transvolat aridas
quercus et refugit te quia luridi
____dentes, te quia rugae
__turpant et capitis nives.

Nec Coae referunt iam tibi purpurae
nec cari lapides tempora, quae semel
____notis condita fastis
__inclusit volucris dies.

Quo fugit Venus, heu, quoue color, decens
quo motus? Quid habes illius, illius,
____quae spirabat amores,
__quae me surpuerat mihi,

felix post Cinaram notaque et artium
gratarum facies? Sed Cinarae brevis
____annos fata dederunt,
__servatura diu parem

cornicis vetulae temporibus Lycen,
possent ut iuvenes visere fervidi
____multo non sine risu
__dilapsam in cineres facem.


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Horace : il est doux parfois d’être fou (Iam veris comites, in Odes, IV, 12)

Compagnons du printemps, déjà les vents de Thrace
poussent les bâtiments sur la mer apaisée ;
plus de gel dans les prés ; plus de fleuves grondants,
_____gonflés de neiges hivernales.

L’hirondelle, pleurant Itys à voix contrite,
fait son nid, malheureuse, et sans cesse invective
la maison de Cécrops – s’étant vengée, cruelle,
_____des désirs barbares des rois.*

Dans le tendre gazon, les gardiens d’agneaux
dodus sur leurs pipeaux modulent des chansons,
dont le dieu se délecte à qui plaisent troupeaux,
_____noires collines d’Arcadie.

Cette saison, Virgile, nous ramène la soif,
mais si tu veux humer d’un cru que l’on pressa
à Calès : protégé de nobles jeunes gens,
_____paie de nard le prix de ton vin !**

Un petit pot de nard tirera le cruchon
des chais sulpiciens qui le gardent pour l’heure,
bon à rendre l’espoir et propre à effacer
_____les tracas et leur amertume.

Te rendant sans attendre à nos réjouissances,
apporte ton cadeau, car je n’ai pas envie
de te laisser toucher sans rien donner mes coupes
_____comme un riche à maison prospère.

Cesse d’atermoyer, laisse ton goût du lucre,
souviens-toi des feux noirs***, et tant que tu le peux,
mêle pour un moment sagesse et badinage :
_____il est doux parfois d’être fou.

*

* : Allusion à la légende de Philomèle et Procné ;  ** : les vins de Calès jouissaient d’une excellente réputation ; le sens global, à prendre sur le ton de la plaisanterie, est que Virgile, s’il veut boire en compagnie d’Horace à l’occasion du retour du printemps, doit payer son écot sous forme d’un petit pot de nard (en onyx, précise le texte latin – il s’agit d’un lieu commun de la poésie badine de cette époque, cf. Catulle Canabis bene apud me. *** : les feux noirs des bûchers funéraires.


Iam veris comites, quae mare temperant,
impellunt animae lintea Thraciae,
iam nec prata rigent, nec fluvii strepunt
____hiberna nive turgidi.

Nidum ponit, Ityn flebiliter gemens,
infelix avis et Cecropiae domus
aeternum obprobrium, quod male barbaras
____regum est ulta libidines.

Dicunt in tenero gramine pinguium
custodes ovium carmina fistula
delectantque deum, cui pecus et nigri
____colles Arcadiae placent.

Adduxere sitim tempora, Vergili;
sed pressum Calibus ducere Liberum
si gestis, iuvenum nobilium cliens,
____nardo vina merebere.

Nardi parvus onyx eliciet cadum,
qui nunc Sulpiciis accubat horreis,
spes donare novas largus amaraque
____curarum eluere efficax.

Ad quae si properas gaudia, cum tua
velox merce veni; non ego te meis
inmunem meditor tinguere poculis,
____plena dives ut in domo.

Verum pone moras et studium lucri,
nigrorumque memor, dum licet, ignium
misce stultitiam consiliis brevem:
____dulce est desipere in loco.


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Horace : « N’attends rien d’immortel » (Diffugere nives, in Odes, IV, 7)

Les neiges sont allées _voici qu’aux champs l’herbe repousse,
_____comme aux arbres les feuilles ;
la terre fait peau neuve _et en décrue les fleuves coulent
_____le long de leurs rivages ;
la Grâce et ses deux sœurs _en compagnie des Nymphes osent
_____conduire nues leurs chœurs.
« N’attends rien d’immortel » _prêche l’année comme le jour
_____clément que l’heure emporte.
Le zéphyr adoucit _les froids ; printemps foulé, l’été
_____mourra dès qu’à l’automne
fructifère afflueront _les récoltes, l’hiver inerte
_____va bientôt revenir.
Mais les dégâts du ciel _les lunes vite les réparent :
_____nous, lorsque nous tombons
où sont le vieil Énée _et le riche Tullus, Ancus,
_____sommes ombre et poussière.
Les dieux d’en haut _qui sait s’ils vont grossir de lendemains
_____la somme d’aujourd’hui ?
Un avide héritier _va saisir tout ce qu’en ami
_____tu te seras donné.
Lorsque tu seras mort _et que Minos t’aura rendu
_____sa sentence éclatante,
ni race, Torquatus _éloquence ni piété
_____ne te feront revivre ;
des enfers ténébreux _Diane ne libère point
_____le pudique Hyppolyte,
Thésée ne peut briser _les fers qui tiennent au Léthé
_____son cher Pirithoüs.


Diffugere nives, redeunt iam gramina campis
_____arboribusque comae;
mutat terra vices et decrescentia ripas
_____flumina praetereunt;
Gratia cum Nymphis geminisque sororibus audet
_____ducere nuda chorus.
Inmortalia ne speres, monet annus et almum
_____quae rapit hora diem.
Frigora mitescunt Zephyris, ver proterit aestas,
_____interitura simul
pomifer autumnus fruges effuderit, et mox
_____bruma recurrit iners.
Damna tamen celeres reparant caelestia lunae:
_____nos ubi decidimus
quo pater Aeneas, quo dives Tullus et Ancus,
_____puluis et umbra sumus.
Quis scit an adiciant hodiernae crastina summae
_____tempora di superi?
Cuncta manus avidas fugient heredis, amico
_____quae dederis animo.
Cum semel occideris et de te splendida Minos
_____fecerit arbitria,
non, Torquate, genus, non te facundia, non te
_____restituet pietas;
infernis neque enim tenebris Diana pudicum
_____liberat Hippolytum,
nec Lethaea valet Theseus abrumpere caro
_____vincula Pirithoo.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Horace : Un anniversaire (Martis caelebs quid agam Kalendis, in Odes, II, 8)

Me voir célibataire aux Calendes de mars*
me répandre en bouquets, encenser à plein vase,
disposer du charbon sur du gazon tout frais,
____c’est là ce qui t’étonne,

toi qui connais si bien chacune des deux langues ?
– J’avais promis régal de chatteries et bouc
à Liber**, blanc, m’étant trouvé près de mourir
____percuté par un arbre***.

Cela fait juste un an : c’est un jour qui se fête,
et qui verra sauter la bonde ointe de poix
de quelque amphore mise à boire la fumée****
____quand Tullus fut consul.

Lève, Mécène, cent cyathes à l’ami
sauvé ; si tu veux bien, les lampes veilleront
jusques au point du jour ; qu’à distance l’on tienne
____tout bruit, toute fureur.

Mets au ban ces tracas civils dont Rome est cause :
l’armée de Cotison de Dacie a péri ;
le Mède est de lui-même ennemi, déchiré
____de douloureux combats ;

le Cantabre espagnol, notre vieil adversaire,
est soumis, contenu sous des chaînes tardives ;
– et débandant son arc, déjà le Scythe songe
____à nous céder ses plaines.

Regagnant tes privés, réfrène ton souci
que le peuple indolent ne soit point à la peine,
et de l’heure présente : enjoué, prends les dons,
____laisse les embarras.

*

* : Époque des Matrimalia, fête des femmes mariées, qui, entre autres activités, offraient des fleurs à Junon ; ** : autre nom de Bacchus ; *** : sur cet épisode de la vie d’Horace, voir l’ode II, 13 ; **** : on laissait vieillir (l’amphore en question a quelque 40 ans…) les meilleurs vins dans des fumoirs aménagés dans les greniers (cf. ode III, 28)


Martis caelebs quid agam Kalendis,
quid velint flores et acerra turis
plena miraris positusque carbo in
____caespite vivo,

docte sermones utriusque linguae.
Voveram dulcis epulas et album
Libero caprum prope funeratus
____arboris ictu.

Hic dies anno redeunte festus
corticem adstrictum pice dimovebit
amphorae fumum bibere institutae
____consule Tullo.

Sume, Maecenas, cyathos amici
sospitis centum et vigilis lucernas
perfer in lucem; procul omnis esto
____clamor et ira.

Mitte civilis super urbe curas.
Occidit Daci Cotisonis agmen,
Medus infestus sibi luctuosis
____dissidet armis,

servit Hispanae vetus hostis orae
Cantaber sera domitus catena,
iam Scythae laxo meditantur arcu
____cedere campis.

Neglegens ne qua populus laboret,
parce privatus nimium cavere et
dona praesentis cape laetus horae,
____linque severa.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Horace : Bamboula d’hiver (Quantum distet ab Inacho Codrus, in Odes, III, 19)

_____Tu dis combien d’années séparent
Inachus de Codrus, mort avec grand courage
_____pour sa patrie, race d’Éaque,
hostilités menées sous Ilion la sainte,
_____mais à quel prix nous achetons
le cruchon de Chios et qui fait chauffer l’eau,
_____qui sera notre hôte, à quelle heure
me passera ce froid péligne, tu le tais*.

_____Buvons ! à la lune nouvelle !
à la mi-nuit ! buvons ! garçon, vite ! à l’augure
_____Murena ! – Trois ou neuf cyathes**
à ras bord de vin pur à mélanger à l’eau ?
_____Aimant l’imparité des Muses,
le poète, exalté, veut trois fois trois cyathes,
_____« N’en ajoutez pas plus de trois »,
s’oppose, redoutant les bagarres, la Grâce
_____accompagnée de ses sœurs nues.

Qu’il est bon d’être fou !… Mais d’où vient que la flûte
_____de Bérécynthe perde souffle  ?
qu’est pendu le syrinx, que la lyre est sans voix ?
_____Je déteste qu’on ait la main
chiche, moi ! Fais pleuvoir les roses, qu’ils entendent
_____un fier chahut, jaloux, Lycus,
et la voisine, au vieux Lycus mal assortie !
_____ Paré de tes cheveux épais,
tu ressembles, Télèphe, au pur astre du soir.
_____Rhodê t’appelle, en âge d’homme :
mon amour pour Glycère à feu lent me consume.

*

* : Un fâcheux (Télèphe ?) y va de son érudition ; or l’important, c’est pour Horace de savoir où se tiendra le banquet du soir, en l’honneur d’un certain Murena, qui vient d’être nommé augure ; les amis ont pour l’occasion acheté à grand frais du vin de Chios, et espèrent bien se réchauffer dans la maison de leur hôte : on est en hiver, le froid est qualifié de « péligne », c’est-à-dire comme il en règne dans les montagnes du pays samnite (Italie centrale).
** : il en va des pratiques traditionnelles du banquet romain : le vin ne se buvait pas pur, mais mêlé d’eau selon des proportions données, plus ou moins enivrantes. Ce qui est ici proposé, c’est, soit trois parties de vin pur pour neuf d’eau, soit l’inverse.  


___Quantum distet ab Inacho
Codrus, pro patria non timidus mori,
___narras, et genus Aeaci,
et pugnata sacro bella sub Ilio.
___Quo Chium pretio cadum
mercemur, quis aquam temperet ignibus,
___quo praebente domum et quota
Paelignis caream frigoribus, taces.
___Da lunae propere novae,
da noctis mediae, da, puer, auguris
___Murenae. Tribus aut novem
miscentur cyathis pocula commodis?
___Qui Musas amat imparis,
ternos ter cyathos attonitus petet
___vates, tris prohibet supra
rixarum metuens tangere Gratia
___nudis iuncat sororibus.
Insanire iuvat . . . Cur Berecyntiae
___cessant flamina tibiae?
Cur pendet tacita fistula cum lyra?
___Parcentis ego dexteras
odi: sparge rosas; audiat invidus
___dementem strepitum Lycus,
et vicina seni non habilis Lyco.
___Spissa te nitidum coma,
puro te similem, Telephe, Vespero
___tempestiva petit Rhode:
me lentus Glycerae torret amor meae.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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