Felix Pollak (1909-1987) : Adresse au poète / Ad poetam

Qui est Felix Pollak ?

Ne dis jamais lumière,
tu ne la vois pas, que
la chose où elle tombe,
la chose qu’elle éclaire :
les fleurs et (vives
ou sombres) leurs
ombres.

Chaque poème
est un essai
de sauvegarde
d’un maintenant
dans un après.

À rien ne sert
de parler
de ta peine,
de ta joie.
Tout ce que tu peux faire
(si tu peux)
c’est de rendre
aussi triste
ou joyeux
que tu es.


Sag niemals Licht,
du siehst es nicht,
nur worauf es fällt,
was es erhellt:
die Blume und ihren
(satten oder matten)
Schatten.

Jedes Gedicht
ist ein Versuch
ein Jetzt
in ein Dann
zu retten.

Es ist nutzlos,
von deiner Trauer
oder Freude
zu sprechen.
Alles, was du kannst
(wenn du es kannst) ist,
so traurig
oder freudig
machen,
wie du bist.

(in Vom Nutzen des Zweifels [1989])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Hilde Domin (1909-2006) : Avec léger bagage / Mit leichtem Gepäck

Qui est Hilde Domin ?

Ne prends pas d’habitudes.
Tu n’as pas droit aux habitudes.
Une rose est une rose.
Mais un chez soi
ce n’est pas un chez soi.

Dis non au bichon-chose
qui te voyant remue la queue
dans les vitrines.
Il fait erreur. Tu n’as
pas l’odeur d’un qui reste.

Une cuiller vaut mieux que deux.
Suspends-la à ton cou,
tu as le droit d’en avoir une
car il est trop pénible
de puiser à la main le chaud.

Le sucre te courrait entre les doigts
comme le réconfort,
comme l’envie,
le jour
où il t’appartiendra.

Tu as le droit d’avoir une cuiller,
une rose,
peut-être un cœur
et, peut-être,
une tombe.


Gewöhn dich nicht.
Du darfst dich nicht gewöhnen.
Eine Rose ist eine Rose.
Aber ein Heim
ist kein Heim.

Sag dem Schoßhund Gegenstand ab
der dich anwedelt
aus den Schaufenstern.
Er irrt. Du
riechst nicht nach Bleiben.

Ein Löffel ist besser als zwei.
Häng ihn dir um den Hals,
du darfst einen haben,
denn mit der Hand
schöpft sich das Heiße zu schwer.

Es liefe der Zucker dir durch die Finger,
wie der Trost,
wie der Wunsch,
an dem Tag
da er dein wird.

Du darfst einen Löffel haben,
eine Rose,
vielleicht ein Herz
und, vielleicht,
ein Grab.

(in Gesammelte Gedichte [1987])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Hilde Domin (1909-2006) : Hiver / Winter

Qui est Hilde Domin ?

Les oiseaux, fruits noirs,
sur les branches nues.
Les arbres avec moi jouent à cachette,
je marche comme parmi des gens
qui masquent leurs pensées
et je demande aux sombres
rameaux leurs noms.

Je crois qu’ils fleuriront
– ils sont verts en dedans –
que tu m’aimes
et que tu n’en dis rien.


Die Vögel, schwarze Früchte
in den kahlen Ästen.
Die Bäume spielen Verstecken mit mir,
ich gehe wie unter Leuten
die ihre Gedanken verbergen
und bitte die dunklen Zweige
um ihre Namen.

Ich glaube, dass sie blühen werden
– innen ist grün –
daß du mich liebst
und es verschweigst.

(in Gesammelte Gedichte [1987])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Hilde Domin (1909-2006) : Bâtis-moi une maison / Bau mir ein Haus

Qui est Hilde Domin ?

Voici venir le vent.

Le vent qui peigne les corolles,
qui des fleurs fait des papillons,
qui lance des pigeons de vieux papier 
dans les ravins de Manhattan
vers le ciel, jusqu’au dixième étage
et qui contre les tours des gratte-ciels fracasse
les oiseaux migrateurs.

Voici venir le vent, le vent salé,
qui nous pousse sur la mer
et nous jette sur une grève
pareils à des méduses
qu’entraînera la marée de nouveau.
Voici venir le vent.
Retiens-moi fermement.

Ah, mon clair corps de sable,
à l’accord de l’image éternelle, rien que
de sable.
Voici venir le vent
qui emporte un doigt,
voici venir l’eau
qui sur moi creuse des sillons.
Mais le vent
libère le cœur
– l’oiseau rouge qui gazouille
derrière les côtes –
et de son souffle de salpètre
me brûle la peau du cœur.

Ah, mon corps de sable !
Retiens-moi fermement,
retiens
mon corps de sable.

Gagnons le pays intérieur,
où la terre est ancrée par les herbes menues.
Je veux un sol ferme,
vert, noué de racines
comme une natte.
Scie l’arbre,
prends des pierres
et bâtis-moi une maison.

Une petite maison
avec un mur blanc
pour le soleil du soir
et avec un puits pour servir de miroir
à la lune,
afin que comme en mer
elle ne se
perde pas.

Une maison
près d’un pommier
ou d’un palmier,
contre duquel
le vent passe
comme un chasseur dont la chasse
ne nous
concerne pas.


Der Wind kommt.

Der Wind, der die Blumen kämmt
und die Blüten zu Schmetterlingen macht,
der Tauben steigen lässt aus altem Papier
in den Schluchten Manhattans
himmelwärts, bis in den zehnten Stock,
und die Zugvögel an den Türmen
der Wolkenkratzer zerschellt.

Der Wind kommt, der salzige Wind,
der uns übers Meer treibt
und uns an einen Strand wirft
wie Quallen,
die wieder hinausgeschwemmt werden.
Der Wind kommt.
Halte mich fest.

Ach, mein heller Körper aus Sand,
nach dem ewigen Bilde geformt, nur
aus Sand.
Der Wind kommt
und nimmt einen Finger mit,
das Wasser kommt
und macht Rillen auf mir.
Aber der Wind
legt das Herz frei
– den zwitschernden roten Vogel
hinter den Rippen –
und brennt mir die Herzhaut
mit seinem Salpeteratem.

Ach, mein Körper aus Sand!
Halte mich fest,
halte
meinen Körper aus Sand.

Lass uns landeinwärts gehn,
wo die kleinen Kräuter die Erde verankern.
Ich will einen festen Boden,
grün, aus Wurzeln geknotet
wie eine Matte.
Zersäge den Baum,
nimm Steine
und bau mir ein Haus.

Ein kleines Haus
mit einer weißen Wand
für die Abendsonne
und einem Brunnen für den Mond
zum Spiegeln,
damit er sich nicht,
wie auf dem Meere,
verliert.

Ein Haus
neben einem Apfelbaum
oder einem Ölbaum,
an dem der Wind
vorbeigeht
wie ein Jäger, dessen Jagd
uns
nicht gilt.

(in Nur eine Rose als Stütze [2001])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Hilde Domin (1909-2006) : Qu’une rose où me retenir / Nur eine Rose als Stütze

Qui est Hilde Domin ?

Je m’aménage une chambre dans l’air
parmi les acrobates, les oiseaux :
mon lit sur le trapèze du sentir
comme un nid dans le vent
tout au bout de la branche.

J’acquiers un drap de la plus fine laine
des agneaux joliment coiffés qui
comme de chatoyants nuages
vont au clair de la lune
sur la terre ferme.

Fermant les yeux je m’enveloppe
dans le poil brut des bêtes sûres.
Je veux sous les petits sabots sentir le sable
et entendre le clic du loquet
fermant le soir la bergerie.

Mais allongée dans la plume, bercée haut dans le vide,
j’ai le vertige. Je ne m’endors pas.
Ma main
cherche à quoi s’agripper sans trouver
qu’une rose où me retenir.


Ich richte mir ein Zimmer ein in der Luft
unter den Akrobaten und Vögeln:
mein Bett auf dem Trapez des Gefühls
wie ein Nest im Wind
auf der äußersten Spitze des Zweigs.

Ich kaufe mir eine Decke aus der zartesten Wolle
der sanftgescheitelten Schafe die
im Mondlicht
wie schimmernde Wolken
über die feste Erde ziehn.

Ich schließe die Augen und hülle mich ein
in das Vlies der verläßlichen Tiere.
Ich will den Sand unter den kleinen Hufen spüren
und das Klicken des Riegels hören,
der die Stalltür am Abend schließt.

Aber ich liege in Vogelfedern, hoch ins Leere gewiegt.
Mir schwindelt. Ich schlafe nicht ein.
Meine Hand
greift nach einem Halt und findet
nur eine Rose als Stütze.

(in Gesammelte Gedichte [1987])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Hermann Adler (1911-2001) Corbeaux / Raben

Qui est Hermann Adler ?

(Écrit en 1942 au ghetto de Vilnius)

Serons-nous, nous aussi, pressés d’aimantes mains
Quand nos yeux se cloront dans l’ultime sommeil ?
Le malheur trouve-t-il son terme dans la mort ?
Gagnerons-nous aussi le repos éternel ?
Enfin répandra-t-on la terre polonaise
Sur nous ? Frères – ici, nous vécûmes quand même !
Bien qu’on nous interdît pendant longtemps d’y vivre –,
Nous donnera-t-on, morts, en son giron la paix ?

Plus loin que ne portent les yeux,
Gisent des morts sans sépulture ;
Des colonies de corbeaux vieux
Font des cadavres leur pâture !
Voyez planer les colonies,
Sur le ghetto, de vieux corbeaux
Scrutant déjà nos agonies
Pour y quêter des mets nouveaux !

Paix sur terre, à quoi tant nous croyons, espérants
Et pleins de ton désir – ne viens-tu pas bientôt ?
Messagères de paix, où donc sont les colombes,
N’y a-t-il que corbeaux, que corbeaux dans les bois ?
De repos, plus jamais ne devrons-nous avoir ?
Dieu n’existe-t-il plus pour ouïr nos suppliques ?
N’y a-t-il que corbeaux, que corbeaux, que corbeaux ?
Le monde a-t-il donc tant de pestes à nourrir ?

Plus loin que ne portent les yeux,
Gisent des morts sans sépulture ;
Des colonies de corbeaux vieux
Font des cadavres leur pâture !
Voyez planer les colonies,
Sur le ghetto, de vieux corbeaux
Scrutant déjà nos agonies
Pour y quêter des mets nouveaux !


(1942 im Ghetto Wilna geschrieben)

Drücken auch uns einst liebende Hände,
Wenn wir entschlafen die Augen dann zu?
Findet das Elend im Tode ein Ende?
Kommen auch wir einst zu ewiger Ruh?
Deckt man dann endlich die polnische Erde
Über uns? Brüder – wir lebten doch hier!
Wenn man uns längst auch das Leben verwehrte -,
Gibt man uns Toten dann Frieden in ihr?

Weiter als die Blicke reichen
Liegen Tote unbegraben;
Riesenschwärme alter Raben
Nähren sich mit Fleisch von Leichen!
Seht, wie überm Ghetto heute
Schwärme alter Raben fliegen,
Denn in unsern Todeszügen
Äugen sie schon neue Beute!

Friede auf Erden, an den wir so glauben,
Hoffend und sehnsuchtsvoll – kommst du nicht bald?
Wo sind die Boten des Friedens, die Tauben,
Gibt es nur Raben, nur Raben im Wald?
Dürfen wir Ruhe denn niemals mehr haben?
Lebt nicht mehr Gott, der das Flehen erhört?
Gibt es nur Raben, nur Raben und Raben?
Hat denn die Welt so viel Aas, das sie nährt?

Weiter als die Blicke reichen
Liegen Tote unbegraben;
Riesenschwärme alter Raben
Nähren sich mit Fleisch von Leichen!
Seht, wie überm Ghetto heute
Schwärme alter Raben fliegen,
Denn in unsern Todeszügen
Äugen sie schon neue Beute!

(in Welch ein Wort in die Kälte gerufen. Die Judenverfolgung des Dritten Reiches im deutschen Gedicht. [Directeur de publication : Heinz Seydel, Berlin, 1968])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Günther Anders (1902-1992) Chant des enfants d’Europe / Europäisches Kinderlied

Qui est Günther Anders ?

Qu’est-ce qui va nous arriver ?
Nous n’avons rien sur cette terre.
Ni vêtement, lit, ni manger.
Et nous dormons entre des pierres.
Pas sur nos fronts d’astres brillants :
en place et lieu, des feux brûlants.

Quand le matin le froid revient
nous flairons sang, déchets, ordures,
en tournillant comme des chiens.
Ce que nous trouvons de rognures,
pommes de terre ou rogatons,
avant l’voisin nous l’boulottons.


Was soll aus uns nur werden?
Wir haben nichts auf Erden.
Nicht Kleid, nicht Bett und Essen nicht.
Wir schlafen zwischen Steinen.
Und statt der Sternlein scheinen
uns rote Feuer ins Gesicht.

Kommt kalt die Morgenstunde,
dann schnüffeln wir wie Hunde
im Müll herum und Schutt und Blut.
Und welchen Dreck wir finden,
Kartoffeln oder Rinden,
wir fressen’s eh’s der Nachbar tut.

(inTagebücher und Gedichte [1985])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Georg Heym (1887-1912) : La messe / Die Messe

Qui est Georg Heym ?

Doucement éclairé de trois cierges
Le corps est endormi. Et de grands moines vont
Tournant à son entour et posent quelquefois
Leurs doigts sur son visage.

Heureux les morts, qui s’en retournent au repos
Et qui étendent leurs mains blanches
Vers les anges, qui vont, ombreux et grandioses,
Par la haute maison dans des claquements d’ailes.

Seuls s’entendent parfois des pleurs à travers murs,
Dans le contentement roule un profond sanglot.
On croise doucement ses mains aux maigres doigts
En un signe de paix sur le buste velu.


Bei dreier Kerzen mildem Lichte
Die Leiche schläft. Und hohe Mönche gehen
Um sie herum, und legen ihre Finger
Manchmal über ihr Angesicht.

Froh sind die Toten, die zur Ruhe kehren
Und strecken ihre weißen Hände aus,
Den Engeln zu, die groß und schattig gehen
Mit Flügelschlagen durch das hohe Haus.

Nur manchmal schallt ein Weinen durch die Wände,
Ein tiefes Schluchzen wälzt sich in der Lust.
Man kreuzet ihre hageren Finger-Hände
Zum Frieden sanft auf die verhaarte Brust.

(in Umbra vitae [1912])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Georg Heym (1887-1912) : Gaieté / Fröhlichkeit

Qui est Georg Heym ?

Vacarme et sifflements sur les grands carrousels
Qu’on dirait d’éclatants soleils d’après-midi.
Et des gens par milliers regardent, ébaudis,
Des chameaux, des chevaux tourner à un train tel,

Avec des éléphants et des cygnes figés.
Levant déjà la patte, un esprit folichon
Grogne en son ventre noir comme fait un cochon,
Et tous les animaux se mettent à danser.

Tout à côté pourtant, dans la lumière pure,
S’activent les maçons, comme des poux petits,
Assemblés pleins d’ardeur autour de leurs bâtis,
Et avec leur truelle ils marquent la mesure.


Es rauscht und saust von großen Karussellen
Wie Sonnen flammend in den Nachmittagen.
Und tausend Leute sehen mit Behagen,
Wie sich Kamele drehn und Rosse schnelle,

Die starren Schwäne und die Elefanzen,
Und einer hebt vor Freude schon das Bein
Und grunzt im schwarzen Bauche wie ein Schwein,
Und alle Tiere fangen an zu tanzen.

Doch nebenan, im Himmelslicht, dem hellen,
Gehen die Maurer rund, wie Läuse klein,
Hoch ums Gerüst, ein feuriger Verein,
Und schlagen Takt mit ihren Mauerkellen.

(in Umbra vitae [1912])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Georg Heym (1887-1912) : La ville / Die Stadt

Qui est Georg Heym ?

Très vaste est cette nuit. Et l’éclat des nuées
Se dilacère avant le coucher de la lune.
Flanquant la nuit, mille fenêtres sont dressées,
Dont clignent, rouges et petites, les paupières.

Comme un réseau veineux les rues vont par la ville,
Y sont plongés, sortant, entrant, nombre de gens.
Et toujours le son mou d’une molle existence
Sort monotonement dans le silence mat.

Mettre au monde, mourir, routine tricotée,
Bredouillis de douleur et longs cris d’agonie,
Alternent à l’aveugle et passent sourdement.

Et éclat, feu, sont là, rouge torche, incendie,
Qui menacent au loin de leur main dégaînée
Et brillent au-dessus d’un mur de nuées noires.


Sehr weit ist diese Nacht. Und Wolkenschein
Zerreißet vor des Mondes Untergang.
Und tausend Fenster stehn die Nacht entlang
Und blinzeln mit den Lidern, rot und klein.

Wie Aderwerk gehn Straßen durch die Stadt,
Unzählig Menschen schwemmen aus und ein.
Und ewig stumpfer Ton von stumpfem Sein
Eintönig kommt heraus in Stille matt.

Gebären, Tod, gewirktes Einerlei,
Lallen der Wehen, langer Sterbeschrei,
Im blinden Wechsel geht es dumpf vorbei.

Und Schein und Feuer, Fackeln rot und Brand,
Die drohn im Weiten mit gezückter Hand
Und scheinen hoch von dunkler Wolkenwand.

(in Umbra vitae [1912])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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