La revue Chiendents consacre à votre serviteur sa dernière livraison

La revue Chiendents (aux éditions du Petit Véhicule) me fait le grand honneur de me consacrer son 59e numéro (décembre 2014). On y lit, entre autres, petits papiers et témoignages de Marc Villemain, de Dominique Panchèvre, Bergère Marc, et Grégory Mion, ainsi qu’un entretien donné à Frédéric Fiolof.

chiendents

A propos de Mousseline et ses doubles pour la librairie Mollat

MARTIN-Mousseline-1re-90x141Mollat

Je parle, dans un court entretien donné à la librairie Mollat,
de Mousseline et ses doubles.

Sur youtube, c’est ici ; c’est sur dailymotion.

Martial / Marcus Valerius Martialis (40 – 104 [?]) : Épigrammes 2

Un conseil : fuis les coups fourrés de Grande Pute,
Ô Gallus, plus léger que conques de Cythère !
Tu comptes sur ton cul ? – L’époux n’est pas culbute,
Et ne fait que deux trucs : il suce, ou se fait mettre.


Tu n’as souvent qu’un sou dans tout ton réticule
Et plus usé, Hyllus, que le trou de ton cul :
En verra la couleur ni boulanger ni queux
Mais qui sera nanti d’une imposante queue.
Ton pauvre ventre voit ton cul faire bombance :
Misère ! il meurt de faim ; l’autre s’emplit la panse.


Hyllus, mon gars, tu fous la femme d’un soldat,
Et de peine ne crains que ce qu’on fait aux gars.
Malheur à toi ! Jouant, seras castré ! – Tu dis :
« C’est pas permis ! » Tes faits, Hyllus, ils sont permis ?


Subdola famosae moneo fuge retia moechae,
levior o conchis, Galle, Cytheriacis.
Confidis natibus? Non est pedico maritus;
quae faciat duo sunt: irrumat aut futuit.


Unus saepe tibi tota denarius arca
cum sit et hic culo tritior, Hylle, tuo,
non tamen hunc pistor, non auferet hunc tibi copo,
sed si quis nimio pene superbus erit.
Infelix venter spectat convivia culi,
et semper miser hic esurit, ille vorat.


Uxorem armati futuis, Puer Hylle, tribuni,
supplicium tantum dum puerile times.
Vae tibi! dum ludis, castrabere. Jam mihi dices
‘Non licet hoc’. Quid? tu quod facis, Hylle, licet?


(in Epigrammatum libri II [47 ; 51 ; 60])


Ces traductions originales, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


D'autres épigrammes 
de Martial sur ce blog :

Des rencontres cet automne, autour de « Nativité cinquante et quelques » et de « Mousseline et ses doubles »

En novembre, en Poitou-Charente,
dans le cadre de l’opération Les auteurs se font une toile ! :

 

Capture 1


En décembre à Paris :

 

Rencontre avec LEM 3

Mousseline et ses doubles dans Transfuge de ce mois

Transfuge 2

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Sur Mousseline et ses doubles, un très bel article — et d’une pleine page — signé de Sophie Pujas dans la livraison de novembre du magazine culturel Transfuge : « Une saga familiale au XXe siècle, de racines paysannes à la conquête de la capitale. Le projet pourrait sembler désuet ou étriqué. Il est ample, subtil, passionnant, par la grâce de la plume puissante de Lionel-Édouard Martin ».

Mousseline et ses doubles lu/vu par Anne Bolenne (sur Babelio)

MARTIN-Mousseline-1re-90x141« Vers midi partout cette odeur de bougeoir, on mangeait de la lumière » : et voilà, je suis partie dans le roman. Immédiatement, j’ai envie de me plonger dans la lecture de Mousseline et ses doubles. Je sais que j’aime déjà les mots – pas l’histoire, non, les mots du roman. L’écriture de Lionel-Édouard Martin, je la reçois comme une force, de plein fouet. Quelque chose qui est de l’ordre du rythme, du son. C’est beau, les mots s’enroulent, se nouent se dénouent, s’agrippent, se tordent, se déchirent, happent, montent, descendent, crescendo, decrescendo, se cristallisent, s’immobilisent, s’enracinent puis reprennent leur route, leur course, parlent, se taisent, s’écoutent même dans le silence.

« Tu n’as pas bien dormi, le silence est un silence que tu ne connais pas. Les silences ne sont pas tous les mêmes: c’est un silence, ici, de voitures et de machines, de foules, jamais complet, tandis que chez toi, c’est un silence de bête. » Il y a, chez l’auteur, une appréhension subtile des théories, des sensations, de la génération qui l’a précédé, et j’ai envie de dire que j’ai abordé la méthode de l’écrivain (et je prends le risque d’être dans l’erreur du monde du lecteur) comme celle des peintres ou des musiciens pour faire le portrait (multiple) de Mousseline (Mousseline, Marielle, Marie).

Des portraits de mots ?

Des portraits de femmes ?

Le portrait d’une femme comme l’auteur sait si bien le faire (je pense aussi à La Vieille aux buissons de roses, à Anaïs ou les gravières). Des noms inventés, des êtres de fiction ? Mousseline offre généreusement au portraitiste sa personne bien incarnée pour l’aider à mettre en pleine lumière l’indéchiffrable continent des femmes qui n’a pas fini de mettre en émoi le continent des hommes. Toutes forment cette chaîne d’êtres singuliers qui ont mis en situation un homme, un écrivain parmi les femmes, la femme.

Je détourne volontiers la citation de Simone de Beauvoir, « On ne naît pas homme, on le devient… » Par quel chemin, par quelles voies semées d’amour, de rêveries, d’embûches, un homme est-il devenu homme, un homme est-il devenu écrivain ? – Et cet homme-écrivain, et cet écrivain-homme c’est Michel, Michel et son double.

*

Une histoire triste, des obstacles à franchir par l’enfant promis à sa carrière d’homme. La profondeur, la musique, le corps viscéral, la belle singularité de l’écriture de Lionel-Édouard Martin, m’entraînent toujours vers cette magie de la lecture, une lecture de transport, à cette capacité étrange que possèdent certains livres de nous faire voyager sur une barque et suivre une rivière ou une machine à explorer le temps. Un autre espace et un autre temps, dans un autre paysage, dans une autre langue. Je pense ici à cette citation de Proust : « En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même. L’ouvrage d’un écrivain n’est qu’une espèce d’instrument optique qu’il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que sans le livre il n’eût peut-être pas vu en soi-même. » Les cinq sens sont stimulés tour à tour selon les chapitres qui nous font vivre l’expérience, les désirs (conscients ou inconscients) du corps. Le livre s’offre au lecteur dans une juste et touchante dimension sensible.

Mousseline est une écorce, Michel un arbre. Le lecteur ramène la vie sous l’écorce. La lecture en est la sève. Mousseline n’est pas double, elle est multiple ! Trois M, Marielle, Mousseline, Marie Une trinité : Marie, Joseph, Michel.

Il n’y a donc pas besoin d’être savant pour lire, il faut sentir les mots quand ils vous appellent, vous emportent : c’est cela, la lecture d’un beau livre.

Sincèrement, je pense que Mousseline, à travers le contact et la pulsation des phrases de « Michel », découvre ou retrouve charnellement quelque chose de lui, et plus précisément de son expérience du monde.

Ma petite touche, ma petite note (atonale) : j’ai eu le sentiment que Mousseline et ses doubles était un roman écrit pour les femmes.

Anne Bolenne est peintre.
(posté sur Babelio)

Hölderlin, Friedrich (1770-1843) : Socrate et Alcibiade

Pourquoi toujours à ce jeune homme, saint Socrate,
……Rends-tu honneur ? Ne connais-tu rien de plus grand ?
…………Pourquoi d’un œil énamouré
………………Le regarder comme les dieux ?

Qui pense au plus profond aime le plus vivant ;
……Fleur de l’âge comprend qui regarde le monde,
…………Et à la fin souvent se penchent
………………Les sages sur ce qui est beau.


Warum huldigest du, heiliger Sokrates,
……Diesem Jünglinge stets? kennest du Größers nicht?
…………Warum siehet mit Liebe,
………………Wie auf Götter, dein Aug´ auf ihn?“

Wer das Tiefste gedacht, liebt das Lebendigste,
……Hohe Jugend versteht, wer in die Welt geblickt,
…………Und es neigen die Weisen
………………Oft am Ende zu Schönem sich.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Mousseline et ses doubles (éd. du Sonneur) est en librairie

Bannière Mousseline

Ce qu’en dit Marc Villemain sur son blog : « […] une écriture à nulle autre pareille, où les à-coups de la respiration viennent se nicher dans une phrase de grande amplitude, où la justesse du mot et la suggestivité de la syntaxe donnent aux images tous leurs échos, toutes leurs résonances, et où s’entend le rythme ténu mais obsédant d’une gorge qui palpite, d’une voix qui, pour énoncer précisément, n’est jamais loin de trembler. L’écriture romanesque de Lionel-Edouard Martin, dont on sait que la poésie occupe la moitié de l’œuvre, n’aura peut-être jamais été aussi évocatrice ; populaire et savant, d’une composition dont la minutie n’altère jamais l’intensité de personnages très touchants, ce drame de l’amour en témoigne de manière aussi sensible que magistrale. »

Andrea Navagero (1483-1529) : Rocco Siffredi n’a qu’à bien se tenir…

Que fuis-tu donc, oui quoi, saloperie ?
Crains-tu le poids de mon artillerie ?
– Ou me crois-tu, plutôt, trop mal monté,
Trop chichement, pour toi, enquéquetté ?
Non, non, la miss, ne prends pas la tangente,
Car cet engin, à tes yeux maigre rente,
Mou, qui pendouille – un grenier à poussière ! –
Tripote-le de la bonne manière :
Il surgira, crête en chef, de son froc,
Et prendra telle ampleur – raide et duroc
Conjointement – que tu ne croiras pas
Que de moi c’est un bout, mais penseras
Que moi, plutôt, je suis un bout de lui.


Quid nam, pessima, quid fugis puella ?
Nostrae pondera num times columnae ?
An credor potius parum paratus
et parum tibi mentulatus esse.
Ne recte fuge, ne puella, ne ne !
Namque hic, qui tibi tantulus videtur
languens, pendulus atque araneosus,
idem, si digitis parum titilles,
cristatum caput exeret cucullo
tamque amplo pariter tumore crescet,
rectus turgidulusque ut esse nostri
jam pars non videatur hic, sed hujus
me possis potius putare partem.

(in Lusus, LXVI, in Carmina quinque illustrium poetarum [1548])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Navagero sur ce blog :
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