Horace : Fêtons Neptune (Festo quid potius die Neptuni faciam?, in Odes, III, 28)

____C’est fête de Neptune, et qu’ai-je
de mieux à faire ? extirpe donc de sa cachette,
____Lydé, prestement le cécube,
et force la sagesse en ses retranchements.

____Tu vois, l’après-midi s’incline,
et comme si le jour s’arrêtait en plein vol,
____tu boudes à tirer des combles
une amphore endormie depuis sous Bibulus ?

____Nous chanterons l’irréductible
Neptune, et la toison – verte – des Néréides,
____tu diras, sur la lyre courbe,
Latone, et de la Cynthienne les traits vifs.

____L’ultime chant, pour qui tient Cnide
et les Cyclades fulgurantes, et visite
____Paphos en attelage à cygnes ;
une juste berceuse, aussi, dira la nuit.


___Festo quid potius die
Neptuni faciam? Prome reconditum,
___Lyde, strenua Caecubum
munitaeque adhibe vim sapientiae.

___Inclinare meridiem
sentis ac, veluti stet volucris dies,
___parcis deripere horreo
cessantem Bibuli consulis amphoram?

___Nos cantabimus invicem
Neptunum et viridis Nereidum comas,
___tu curua recines lyra
Latonam et celeris spicula Cynthiae;

___summo carmine, quae Cnidon
fulgentisque tenet Cycladas et Paphum
___iunctis visit oloribus;
dicetur merita Nox quoque nenia.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

D'autres odes d'Horace sur ce blog :

Horace : A Chloris (Uxor pauperis Ibyci, in Odes, III, 15)

_____Femme de ce gueux d’Ibycus,
tu devrais mettre un terme à ton libertinage
_____ et à ton trop fameux métier ;
ta mort est mûre et toute proche, cesse donc
_____tes jeux avec les jouvencelles,
et tes jets de brouillard sur l’éclat des étoiles.
_____Ce qui convient à Pholoé,
n’est plus pour toi, Chloris. Ta fille, et c’est normal,
_____s’empare du toit des garçons,
telle Bacchante émue d’un frappé de tambour.
_____L’amour de Nothus la pousse, elle,
à folâtrer, pareille aux frivoles chevrettes :
_____à toi, la laine, tondue près
de Lucérie la réputée, pas la cithare,
_____ni le pourpre bouton de rose,
ni cruchon bu jusqu’à la lie, petite vieille !


___Uxor pauperis Ibyci,
tandem nequitiae fige modum tuae
___famosisque laboribus;
maturo propior desine funeri
___inter ludere virgines
et stellis nebulam spargere candidis.
___Non, si quid Pholoen satis,
et te, Chlori, decet. Filia rectius
___expugnat iuvenum domos,
pulso Thyias uti concita tympano.
___Illam cogit amor Nothi
lascivae similem ludere capreae:
___te lanae prope nobilem
tonsae Luceriam, non citharae decent
___nec flos purpureus rosae
nec poti vetulam faece tenus cadi.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

D'autres odes d'Horace sur ce blog :

Horace : J’ai vu Bacchus ! (Bacchum in remotis carmina rupibus, in Odes, II, 19)

Bacchus ! sur un écart de roches, je l’ai vu
d’hymnes instruire – il faut, Postérité, m’en croire –
__ses disciples, les Nymphes – et Satyres
__à pieds de chèvre de pointer l’oreille.

Fraîche crainte, évoé ! j’en ai l’âme qui tremble,
plein le cœur de Bacchus, c’est un émoi, c’est une
__liesse. Évoé ! Liber, fais-moi grâce,
__grâce ! – à raison je crains ton thyrse lourd.

Je peux – j’en ai le droit – entonner les Thyiades
et leur ténacité, la fontaine de vin,
__les ruisseaux regorgeant de lait, redire
__le miel s’écoulant des troncs d’arbres creux,

l’ajout – j’en ai le droit – de la couronne, aux astres,
de l’heureuse épousée, la maison de Penthée
__détruite et son cruel effondrement,
__et la chute de Lycurgue de Thrace !______

Tu soumets les cours d’eau, l’océan des Barbares,
toi le Buveur ! et au secret, dans les montagnes,
__ noues sans péril, dans un nœud de vipères,__
__les cheveux des femmes de Bistonie.

Quand des Géants impies la cohorte montait
au royaume escarpé de ton père, tu fis,
__en lion changé, reculer Rhétus
__face à l’effroi des griffes, des mâchoires ;

– on te disait pourtant plutôt porté à rire,
danser, jouer ; on t’accordait peu d’aptitude
__pour le combat ; mais tu étais le même
__en temps de paix comme parmi la guerre.

Cerbère te voyant, cornu d’or, magnifique,
s’en vint, inoffensif, contre toi gentiment
__frotter sa queue, et – tu partais – lécher
__tes pieds, tes jambes, de sa langue triple.


Bacchum in remotis carmina rupibus
vidi docentem, credite posteri,
__Nymphasque discentis et auris
__capripedum Satyrorum acutas.

Euhoe, recenti mens trepidat metu
plenoque Bacchi pectore turbidum
__laetatur. Euhoe, parce Liber,
__parce, gravi metuende thyrso.

Fas pervicacis est mihi Thyiadas
uinique fontem lactis et uberes
__cantare rivos atque truncis
__lapsa cavis iterare mella;

fas et beatae coniugis additum
stellis honorem tectaque Penthei
__disiecta non leni ruina,
__Thracis et exitium Lycurgi.

Tu flectis amnes, tu mare barbarum,
tu separatis uvidus in iugis
__nodo coerces viperino
__Bistonidum sine fraude crinis.

Tu, cum parentis regna per arduum
cohors Gigantum scanderet inpia,
__Rhoetum retorsisti leonis
__unguibus horribilique mala;

quamquam, choreis aptior et iocis
ludoque dictus, non sat idoneus
__pugnae ferebaris; sed idem
__pacis eras mediusque belli.

Te vidit insons Cerberus aureo
cornu decorum leniter atterens
__caudam et recedentis trilingui
__ore pedes tetigitque crura.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

D'autres odes d'Horace sur ce blog :

Horace : A Postumus (Eheu fugaces, Postume, Postume, in Odes, II, 14)

Hélas, elles s’enfuient, Postumus, Postumus,
s’écoulent, les années, la piété ne freine
____ni rides ni vieillesse instante
____non plus que la mort indomptée

dusses-tu, tous les jours qui nous viennent, l’ami,
par trois cents bœufs fléchir Pluton l’infléchissable,
____qui retient Géryon au corps
____triple et Tityos, entourés

d’une eau triste que tous, nous qui nous repaissons
des présents de la terre, embarqués nous devrons
____traverser, que nous soyons rois
____ou misérables laboureurs.

En vain réchappons-nous aux cruautés de Mars,
aux flots brisés de la rauquante Adriatique,
____en vain redoutons-nous, l’automne,
____l’Auster mauvais pour la santé :

notre sort est de voir le cours languide errer
du noir Cocyte, et les infâmes descendants
____de Danaüs, l’éolien
____Sysiphe aux durs travaux contraint.

Terre, maison, plaisante épouse il te faudra
abandonner ; aucun des arbres que tu soignes,
____hormis le cyprès odieux
____ne te suivra, maître éphémère ;

un plus digne héritier boira tout ton Cécube
gardé par cent verrous, et teindra le pavé
____d’un glorieux vin pur, et propre
____à des agapes de pontifes.


Eheu fugaces, Postume, Postume,
labuntur anni nec pietas moram
__rugis et instanti senectae
__adferet indomitaeque morti,

non, si trecenis quotquot eunt dies,
amice, places inlacrimabilem
__Plutona tauris, qui ter amplum
__Geryonen Tityonque tristi

compescit unda, scilicet omnibus
quicumque terrae munere vescimur
__enaviganda, sive reges
__sive inopes erimus coloni.

Frustra cruento Marte carebimus
fractisque rauci fluctibus Hadriae,
__frustra per autumnos nocentem
__corporibus metuemus Austrum:

uisendus ater flumine languido
Cocytos errans et Danai genus
__infame damnatusque longi
__Sisyphus Aeolides laboris.

Linquenda tellus et domus et placens
uxor, neque harum quas colis arborum
__te praeter inuisas cupressos
__ulla brevem dominum sequetur;

absumet heres Caecuba dignior
servata centum clavibus et mero
__tinguet pavimentum superbo,
__pontificum potiore cenis.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Horace : A Pyrrha (Quis multa gracilis te puer in rosa, in Odes, I, 5)

Quel freluquet de galantin sur maintes roses
te presse, ruisselant de liquides parfums,
___en quelque antre, Pyrrha, charmant ?
___Pour qui noues-tu tes blonds cheveux ,

simple, élégante ? – Hélas, il va pleurer souvent
sur ta fidélité, le changement des dieux,
___abasourdi par la mer âpre
___de trombes noires , le béjaune

qui pour l’heure de toi, « sa Dorée », jouit, naïf,
t’espérant toujours sienne et toujours amoureuse,
___ignorant que les brises sont
___fourbes. Malheureux, qui te voit

briller sans te connaître ! – Un ex-voto l’indique
sur la paroi sacrée : j’ai voué, quant à moi,
___mes vêtements dégorgeant d’eau
___au dieu souverain de la mer.


Quis multa gracilis te puer in rosa
perfusus liquidis urget odoribus
___grato, Pyrrha, sub antro?
___cui flavam religas comam,

simplex munditiis? Heu quotiens fidem
mutatosque deos flebit et aspera
___nigris aequora ventis
___emirabitur insolens,

qui nunc te fruitur credulus aurea,
qui semper vacuam, semper amabilem
___sperat, nescius aurae
___fallacis. Miseri, quibus

intemptata nites. Me tabula sacer
votiva paries indicat uvida
___suspendisse potenti
___vestimenta maris deo. ___


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Horace : A Tyndaris (Velox amoenum saepe Lucretilem, in Odes, I, 17)

« Pour l’exquis Lucrétile il quitte fréquemment
le Lycée, Faune le véloce, et de l’été
___brûlant vient protéger mes chèvres
___sans trêve, et des vents pluvieux.

Sans risque, au sûr des bois, quêtant l’arbousier
des couverts, pour le thym s’écartent de la sente
___ces dames au mari punais,
___sans craindre la couleuvre verte,

ni, chevrettes, les loups – qui sont bêtes de Mars –,
chaque fois, Tyndaris, que quelque doux syrinx
___fait résonner vallées et roches
___polies de la basse Ustica.

J’ai la faveur des dieux qui ont ma piété,
ma muse à cœur. Ici, pour toi s’écouleront
___les riches fruits de la campagne
___à pleine corne d’abondance ;

Ici, au creux de la vallée, sauve d’été
caniculaire, sur la lyre de Téos
___tu diras, du même homme en peine,
___Pénélope et Circé la belle.

Ici, tu goûteras les coupes d’un gentil
lesbos, à l’ombre, et fils, Bacchus, de Sémélé
___avec Mars point ne se battra,
___tu n’auras pas à craindre l’ire,

les soupçons de Cyrus, ni qu’en une inégale
lutte il porte sur toi ses paumes frénétiques
___ et qu’il abîme ton bandeau
___floral et ta robe innocente. »


Velox amoenum saepe Lucretilem
mutat Lycaeo Faunus et igneam
__defendit aestatem capellis
__usque meis pluviosque ventos.___

Inpune tutum per nemus arbutos
quaerunt latentis et thyma deviae
__olentis uxores mariti
__nec viridis metuunt colubras

nec Martialis haediliae lupos,
utcumque dulci, Tyndari, fistula
__valles et Usticae cubantis
__levia personuere saxa.______

Di me tuentur, dis pietas mea__
et Musa cordi est. Hic tibi copia
__manabit ad plenum benigno
__ruris honorum opulenta cornu;

hic in reducta valle Caniculae
vitabis aestus et fide Teia
__dices laborantis in uno
__Penelopen vitreamque Circen;

hic innocentis pocula Lesbii
duces sub umbra nec Semeleius
__cum Marte confundet Thyoneus____
__proelia nec metues protervum

suspecta Cyrum, ne male dispari
incontinentis iniciat manus
__et scindat haerentem coronam
__crinibus inmeritamque vestem.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Horace : A une amphore (O nata mecum consule Manlio, in Odes, III, 21)

Née avec moi quand Manlius était consul,
toi qui portes en toi les plaintes et les jeux,
____les rixes, les folles amours,
____pieuse amphore somnifère,

À quelque fin que vendangé fût le Massique
que tu contiens : descends, digne qu’on te dérange
____au jour J : Corvinus ordonne
____qu’on verse un vin qu’assagit l’âge.

Cet homme, tout confit en sermons socratiques,
n’est point du genre abrupt et à te repousser :
____sa vertu, l’antique Caton
____l’échauffait, dit-on, de vin pur.

Dans un cœur dur à l’ordinaire, tu remues
une douce torture et dévoiles des sages
____les tracas, les pensées secrètes
____chaque fois qu’est en joie Bacchus.

Tu ramènes l’espoir aux âmes tourmentées,
et de force taurine accrois le miséreux
____après toi sans peur des rois à
____plumet, des soldats en armes.

Et Liber et Vénus – si joyeuse elle en est –,
et les Grâces inséparables, les flambeaux
____vivants t’escorteront à l’heure
____où vient Phébus, chassant les astres.


O nata mecum consule Manlio,
seu tu querellas sive geris iocos
_seu rixam et insanos amores
_seu facilem, pia testa, somnum,

quocumque lectum nomine Massicum
servas, moveri digna bono die,
_descende, Corvino iubente
_promere languidiora vina.

Non ille, quamquam Socraticis madet
sermonibus, te negleget horridus:
_narratur et prisci Catonis
_saepe mero caluisse virtus.

Tu lene tormentum ingenio admoves
plerumque duro; tu sapientium
_curas et arcanum iocoso
_consilium retegis Lycaeo.

Tu spem reducis mentibus anxiis
viresque et addis cornua pauperi
_post te neque iratos trementi
_regum apices neque militum arma.

Te Liber et si laeta aderit Venus__
segnesque nodum solvere Gratiae
_vivaeque producent lucernae,
_dum rediens fugat astra Phoebus.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

D'autres odes d'Horace sur ce blog :

Horace : Au Faune (Faune, Nympharum fugientum amator, in Odes, III, 18)

Faune, toi qui aimes les fuyantes Nymphes :
parmi mes confins, mes champs ensoleillés,
marche sans colère, et repars-t’en sans nuire
________aux petits des bêtes,

si à l’année pleine un tendre chevreau tombe,
si dans le cratère, intime de Vénus,
le vin coule à verse, et si le vieil autel
________de maint encens fume.

Dans la plaine herbue tout le troupeau folâtre,
quand pour toi décembre et ses Nones reviennent,
le village vaque, en fête, aux prés avec
________le bœuf inactif ;

Entre les hardis moutons le loup musarde,
la forêt pour toi déploie d’agrestes dais,
le manant, ravi, frappe trois fois du pied
________la terre abhorrée.


Faune, Nympharum fugientum amator,
per meos finis et aprica rura
lenis incedas abeasque parvis
______aequus alumnis,

si tener pleno cadit haedus anno
larga nec desunt Veneris sodali
vina craterae, vetus ara multo
______fumat odore.

Ludit herboso pecus omne campo,
cum tibi Nonae redeunt Decembres,
festus in pratis vacat otioso
______cum bove pagus;

inter audacis lupus errat agnos,
spargit agrestis tibi silva frondes,
gaudet invisam pepulisse fossor
______ter pede terram.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

D'autres odes d'Horace sur ce blog :

Horace : A Néobulé (Miserarum est neque amori, in Odes, III, 12)

Des malheureuses c’est le lot :_-point de jeux amoureux, de vin
_____doux pour laver leurs maux, mais craindre de se faire
_____fouailler de sermons proférés de voix d’oncle.

L’enfant-oiseau de Cythérée__-te vole toiles et corbeille,
_____te vole le travail de l’adroite Minerve,
_____Néobulé, si point Hebrus de Lipara,

qui baigne dans les eaux du Tibre,_-enduites d’huile, ses épaules :
_____meilleur cavalier que Bellorophon même,
_____et dont poings et pieds vifs ne sont jamais vaincus ;

habile aussi à harceler_-de traits une troupe de cerfs
_____fuyant à découvert – et prompt à recevoir
_____le sanglier caché dans la broussaille épaisse.


Miserarum est neque amori dare ludum neque dulci
____mala vino lavere aut exanimari
____metuentis patruae verbera linguae.

Tibi qualum Cythereae puer ales, tibi telas
____operosaeque Mineruae studium aufert,
____Neobule, Liparaei nitor Hebri,

simul unctos Tiberinis umeros lavit in undis,
____eques ipso melior Bellerophonte,
____neque pugno neque segni pede victus;

catus idem per apertum fugientis agitato
____grege cervos iaculari et celer arto
____latitantem fruticeto excipere aprum.


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Horace : A Astérie (Quid fles, Asterie, quem tibi candidi, in Odes, III, 7)

Pourquoi donc, Astérie, pleurer celui que te
rendront les purs zéphyrs au début du printemps,
riche des biens de la Thynie,
le jeune, fidèle et constant,

Gygen ? poussé par le Notus vers Oricum,
après les astres de la Chèvre et leurs tempêtes
il passe insomnieux des nuits
froides baignées de maintes larmes.

Le messager, pourtant, d’une hôtesse troublée
lui contant que Chloé soupire, l’âme en peine,
et brûle de tes feux, roué
le tente de mille façons.

« Par calomnie, mensonge, une femme perfide,
a acculé Prétus, le crédule, à mûrir,
l’assassinat », je te rappelle,
« du très prude Bellérophon ;

Pélée a bien failli tomber dans le Tartare,
fuyant en Magnésie chastement Hippolite » :
le fourbe l’instruit de légendes
pouvant l’amener à fauter.

Mais en vain : il l’écoute qui parle, inchangé,
plus sourd que les rochers d’Icaros. Mais toi gare !
que ton voisin, cet Énipée,
plus qu’il ne faut n’aille te plaire !

Il a beau se montrer mieux que personne habile
à mener un cheval sur le gazon de Mars,
nager plus vite que nul autre
dans le courant du fleuve étrusque :

ferme à la nuit tombée ta maison sans regard
pour la rue s’il y chante une flûte plaintive.
« Ah cruelle ! » te dira-t-il
souvent : mais demeure inflexible.


Quid fles, Asterie, quem tibi candidi
primo restituent vere Favonii
Thyna merce beatum,
constantis iuvenem fidei

Gygen? Ille Notis actus ad Oricum
post insana Caprae sidera frigidas
noctes non sine multis
insomnis lacrimis agit.

Atqui sollicitae nuntius hospitae,
suspirare Chloen et miseram tuis
dicens ignibus uri,
temptat mille vafer modis.

Ut Proetum mulier perfida credulum
falsis inpulerit criminibus nimis
casto Bellerophontae
maturare necem, refert;

narrat paene datum Pelea Tartaro,
Magnessam Hippolyten dum fugit abstinens,
et peccare docentis
fallax historias monet.

Frustra: nam scopulis surdior Icari
vocis audit adhuc integer. At tibi
ne vicinus Enipeus
plus iusto placeat cave;

quamvis non alius flectere equum sciens
aeque conspicitur gramine Martio,
nec quisquam citus aeque
Tusco denatat alveo,

prima nocte domum claude neque in vias
sub cantu querulae despice tibiae
et te saepe vocanti
duram difficilis mane.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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