Francesco Berni (1498 – 1535) : Élégie sur la mort de son fils (vers 51 à 68)

[…] Amour, toi qui vaincs tout, auquel tout obéit,
C’est donc là le seul mal que tu n’as pas su vaincre ?
C’est ma croix : j’aurais pu, moi, le vaincre : le cœur
Seul m’a failli ; mon fils, ne m’impute qu’un tort :
J’aurais dû m’allonger près de toi sur ton lit,
Et, ma bouche abouchée à ta bouche, couler
En moi cette sanie dont tu as tant souffert,
Pour mourir avec toi dans une mort commune.
On ne me verrait plus hanté par les Furies
Et frappé de stupeur m’enfuir devant ton spectre.

Oh, par quels châtiments pourrais-je donc calmer
Tes mânes courroucés par mes fautes impies ?
Quand de mes fautes maintes morts me puniraient,
Ces morts multipliées m’absoudraient point mes fautes.

Mon fils, pardonne-moi : sois clément pour qui t’aime :
La cruauté sied mal aux cendres des défunts.
Qu’à tes os soit léger le sol de ton sépulcre,
Et qu’y poussent les fleurs d’un éternel printemps.

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Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. 
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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[…] Ergo qui omnia vincis Amor, cui caetera parent,
Unum non potes hoc perdomuisse malum?
At poteram domuisse ego perditus: una voluntas
Defuit; una, puer, culpa putanda mea est.
Debueram tecum stratis iacuisse sub isdem,
Et conferre tuis oribus ora mea;
His etiam saevo de vulnere dira venena
Exhaurire, et tecum inde perire simul.
Non ego nunc furiis agitari nempe viderer,
Attonitusque umbras effugere ante tuas.
O quibus iratos placem pro crimine manes
Suppliciis, proque impietate mea?
Non mea multiplices veniant si in crimina mortes,
Crimina multiplici morte queam luere.
Parce puer, quaeso, atque ulcisci desine amantem:
Non decet a cinere et funere saevitia.
Sic tua non onerosa cubet super ossa sepulti,
Et tibi perpetuo florida vernet humus.

(in Carmina [1562])

Francesco Berni (1498-1535) : À une flûte

Qui est Francesco Berni ?
flutiste

Toi qu’une fille au teint de neige, flûte, embouche,
Goûtant, lorsqu’elle expire, au nectar de sa bouche,
Tu ne peux que frapper de si doux sons l’éther.
De ton timbre elle est source et source de ton air.
De sa bouche divine un souffle se propage
Dont procèdent ta vie et ta voix sans partage.
Si je pouvais puiser ne fût-ce qu’une part
À ses lèvres pourprées de l’éthéré nectar,
De si féroces feux ne me mineraient l’âme,
Ce peu ventilerait légèrement ma flamme.


Tibia, quae niveae labris inflata puellae
__Dulcem nectareo sugis ab ore animam,
Quid mirum si tam suavi feris aethera cantu?
__Illa tui est auctor carminis, illa soni.
Illius e divino effunditur halitus ore,
__A quo vox omnis vitaque ducta tua est.
Huius ego aetherei partem si nectaris unam
__Haurirem, roseis pendulus e labiis,
Non mea tam saevae popularent pectora flammae:
__Illa foret nostris ignibus aura levis.

(in Carmina [1562])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

 

Cornelius Gallus (69-26 av. JC) : A Lydie / Ad Lydiam

Belle Lydie, gamine pâle,
Damant le pion à lait, à lys,
À rose blanche veinée rouge,
À l’ivoire d’Inde poli !
Montre, montre-moi ces cheveux
Blonds brillants comme de l’or pur,
Montre, montre ce cou d’albâtre
Sur l’albâtre de tes épaules,
Montre, montre, tes yeux stellaires
Sous tes noirs sourcils recourbés,
Montre, montre ces joues de rose
Infuses de pourpre de Tyr,
Pointe tes lèvres de corail,
Donne doux baisers de colombe !
Tu suces mon âme en folie,
Tes baisers pénètrent mon cœur.

– Quoi, me suçant, vivant, le sang ?
Couvre ces seins, ces doubles fruits
D’où sourd du lait dès qu’on les presse !


 Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


Lydia, bella puella, candida,
Quae bene superas lac et lilium,
Albamque simul rosam rubidam,
Aut expolitum ebur Indicum!
Pande, puella, pande capillulos,
Flavos, lucentes ut aurum nitidum.
Pande, puella, collum candidum,
Productum bene candidis humeris.
Pande, puella, stellatos oculos,
Flexaque super nigra cilia.
Pande, puella, genas roseas,
Perfusas rubro purpuræ Tyriæ.
Porrige labra, labra corallina;
Da columbatim mitia basia.
Sugis amentis partem animi:
Cor mihi penetrant hæc tua basia.
Quid mihi sugis vivum sanguinem?
Conde papillas, conde gemipomas,
Compresso lacte quæ modo pullulant.


Du même auteur sur ce blog :

Deux courtes (et charmantes) épigrammes amoureuses

 

Aitzema, Foppe van / Foppius Scheltonius Azema (1580-1637) : Poèmes de jeunesse

Dis, quelle bonne idée t’enseigne, ma chérie,
À ainsi me darder des lèvres arrondies,
Et m’offrir en anneau ta bouche tendrelette ?
Personne ne pourrait donner plus rondelette
Embrassade ou pour moi de pareille valeur :
Ils peuvent bien chercher en tous lieux, barbouilleurs
Et artistes venus de l’univers entier :
Nos âmes, c’est ici qu’ensemble sont liées,
Qu’on cesse d’invoquer qui délire à la lyre !
Tes pleins et déliés, puisses-tu les unir
À mes lèvres, afin que de vagabonder
Loin de nous notre esprit n’ait point la liberté.
– Et ainsi nous vivrons, comblés, et nous mourrons.

(enregistrement du texte latin ci-dessous)

*

Cela t’amuse, Bandia, d’avoir joué
Aux bécots secs ? – tu n’y es pas habituée –
Et de ta dextre interposée
De fuir de plus profonds baisers ?

Embrasse-moi  avec originalité :
À pleine langue ; et que ma bouche pénétrée
Me fasse comme un jus sucré
Ou comme ambroisie saliver !

Après cela : de Jupiter que les godets
Ou ce qu’il peut offrir de plus sophistiqué
Me soit fadeur : mais m’enivrer,
Oh oui ! de ta liqueur miellée !

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Ces traductions originales, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.
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Dic, quae mens bona te docet, puella,
Nobis orbiculare sic labella,
Et dare annulum ab ore vinnulillo ?
Quo nemo queat aut rotundiorem,
Aut aeque mihi comparare carum :
Quamvis convolet undiquaque pictor,
Omnesque artifices ab orbe toto,
Hinc vinclum est animae utriusque nostrae.
Cedant qui fidium invocant fidelem.
Compara mihi flexuosa nostris
Labellis tua, sic ut evagandi
Non sit spiritui foras potestas ;
Et sic vivere, sic mori juvabit.

*

An usque siccis, Blandia, te juvat
Lusisse labris dissimilem tui ?
Et dexterae interjectione
Intimius fugere osculillum ?

Non usitatum da mihi basium
Natante lingua, quae mihi in abditum
Oris penetrat mustulillam, et
Ambrosiam faciat salivam.

Prae qua Tonantis vel calicem Jovis,
Aut si quid isto sit sapientius,
Libare nolim : Quin pocillo
Mulsiplui imbris inebria me ?

(in Poemata juvenilia [1605])

Agostino Favoriti (1624-1682) / Augustinus Favoritus : Fruits factices modelés dans la cire / De Pomis ex cera a fabre fictis

Ces fruits forcent, créés par quelque paume experte,
L’envie de la nature et celle d’y croquer.
Si parfaits, fraise rouge et raisins bigarrés,
Si parfaits,  tranches de pastèque et figue verte,
Pommes jurées tirées de la main du cueilleur,
Châtaignes dans leur bogue, et pruinés pruneaux !
– Que si des raisins peints trompèrent des oiseaux :
Ils pourraient bien, ces fruits, tromper leur créateur.

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Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Naturae invidiam, desideriumque palato
Ista movent docta poma creta manu.
Tam bene fraga rubent cum versicoloribus uvis,
Tam bene cum pepone ficus hiante viret.
Perfica jurares modo lecta ex arbore mala,
Prunaque cum hirsutis cerea castaneis.
Qui memores uvam volucres quae picta fefellit ?
Auctorem haec possunt fallere poma suum.

(in Septem illustrium virorum poemata [1672])

Andreas Dactius / Andrea Dazzi (1475-1548) : Entre frimousse et conduite / De amicae vultu et moribus

J’aime et je hais, et je ne puis ne pas aimer
Ce que je hais, mais à l’inverse je ne puis
Tenir en haine ce que j’aime : c’est ainsi
Que mon amour se voit de haine mâtiné,
Que ma haine du fait de mon amour s’émousse,
Tandis que mon amour se voit souillé de haine.
Je te l’avoue : je hais ta conduite incertaine,
Mais à l’inverse, je t’adore – et ta frimousse.

Pour que ces apories cessent de me ronger,
De conduite ou frimousse il te faudrait changer.

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Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Odi et amo : et nequeo non illud amare, quod odi,
Rursus habere odio, non nequeo quod amo,
Sic odio miscetur amor, mulcetur amore
Sic odium, atque odio sic maculatur amor.
Te fateor, moresque tuos mutabilis odi;
Depereo rursus te faciemque tuam.
Magna titi, toties ne me contraria laedant,
Immutent mores numina, vel faciem.

(in Andreae Dactii patricii et academici florentini poemata [1549])

Amalteo, Giovanni Baptista (1525-1573) / Johannes Baptista Amaltheus : Tombeau du poète Tryphon Bentio / de Tryphone

Autels sur ton tombeau, et cyprès conifères :
Reçois mes dons, Tryphon, du profond des Enfers.
Vénérable vieillard : que le sol qui recèle
Tes cendres soit fleuri de pavots éternels.
Que l’arrose Vénus d’amome syrien,
Que l’abeille l’embue de miel sicilien.
Pour plaire après sa mort au poète sacré :
Que chante un proche oiseau dans un bois ombragé,
Et que le ru qui te berçait de son murmure,
Au rythme de ses eaux, les rêves te procure.

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Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Stant arae, stant coniferae ad tua busta cupressi ;
Tu mea ab inferiis accipe dona Tryphon.
Sic venerande senex, tua quae complectitur ossa,
Floreat aeternis terra papaveribus.
Sic Venus Assyrio tumulos irroret amomo,
Atque Hyblaea tibi munera libet apis.
Neve sacro desit vati post fata voluptas,
Proxima ab umbroso cantet avis nemore.
Et qui te blando mulcebat murmure rivus,
Nunc etiam argutis somnia portet aquis.

(in Trium fratrum Amaltheorum Hieronymi, Johannis Baptistae et Cornelii Carmina [1627])

* * *

Une autre épigramme de Giovanni Baptista Amalteo sur ce blog :

et des épigrammes de son frère aîné  Girolamo Amalteo (1507 – 1574) :

Amalteo, Giovanni Baptista (1525-1573) / Amaltheus, Johannes Baptista : Prilla / in Prilla

Quand flâne ma Prilla dans ses féconds jardins,
Je me voudrais vermeille rose fraîche éclose !
Car mollement cueilli de virginale main,
J’irais fleurir sa tresse où l’ambroisie repose,
– Ou ses seins, parfumant leurs mamelons rosés,
Partout me diffusant en muettes délices.
Si la couronne d’Ariane fut posée
Au firmament, et le trésor de Bérénice :
Peut-être, l’œil ravi, quelqu’un – lorsqu’en désastre
Je quitterai mon corps, fanés tous mes pétales –,
Me voyant luire au ciel, brillant parmi les astres,
Dira-t-il qu’ont aussi leur rose les étoiles.

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Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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O ego dum nitidos errat mea Prilla per hortos,
Quam vellem rutilae flos novus esse rosae!
Qui seu virgineo decerptus molliter ungue,
Ornarem ambrosiae florida serta comae :
Sive sinum, et roseas perfunderem odore papillas,
Afferrem tacitas undique blanditias.
Gnosiaque ut quondam stellis illata corona est,
Et Beronicaei verticis exuviae :
Sic jam aliquis forsan felici lumine, cum me
Linqueret aridulis forma cadens foliis,
Observans caelo fulgentem, astrisque micantem,
Diceret ipsa suam sidera habere rosam.

(in Trium fratrum Amaltheorum Hieronymi, Johannis Baptistae et Cornelii Carmina [1627])

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Une autre épigramme de Giovanni Baptista Amalteo sur ce blog :

et des épigrammes de son frère aîné  Girolamo Amalteo (1507 – 1574) :

Girolamo Angeriano / Hieronymus Angerianus (1470-1535) : A propos de lui-même / De se ipso

Touchant du plectre ma cithare, je chantais
Seul aux portes, dans la nuit tue, de mon aimée.
J’entendis une voix. Elle disait : « Amant,
Que tu es sot ! Les mots d’aigreur s’en vont au vent. »
« Qu’importent mes propos, lui fis-je, l’affligé
Voit ses maux en parlant bien souvent s’alléger.
Adressés à moi seul, en sont destinataires
Les astres : s’ils sont sourds, j’implorerai les pierres,
Les vents, et les nuages noirs, et ce seuil-même
Qui me bannit : ce sont mots de douleur – car j’aime. »

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Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Dum canerem et citharam pulsarem pectine solus,
Solus apud dominae, nocte silente, fores,
Audivi, fateor, vocem. sic dixit: « amator,
Stultus es. in ventos irrita verba fluunt. »
Respondi « nil esse loquor quodcumque, sed aegrum
Saepe iuvat poenas promere voce suas.
Haec mihi, non aliis refero. sint sidera testes,
Et, si surda manent sidera, saxa precor,
Et ventos, nubesque atras, et limina, quae me
Excludunt: sunt haec verba doloris; amo. »

(in Erotopaegnion [1512])

Girolamo Angeriano / Hieronymus Angerianus (1470-1535) : L’Amour / De Amore

« Le premier qui peignit l’Amour en tendre enfant
Manqua de connaissance et de discernement.
Un enfant ne saurait surpasser Pan, dompter
La mer, la terre et l’air, et toute immensité.
Est-il aveugle ? Non, ses armes sont des dards :
Mouche fait-on, sans faire mouche du regard ?
Il ne fend pas l’éther de ses ailes nocives :
Dès qu’à nous agriffé, jamais il ne s’esquive.
Je ne le vois pas nu : lui qui dépouille dieux
Et hommes, comment donc serait-il loqueteux ? »
– À ces mots, Célie rit, me dit : envisages-
Tu de peindre l’Amour ? Mire et peins mon visage !

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Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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In tabula primus tenerum qui pinxit Amorem,
Ingenio et docta non fuit ille manu.
Non puer est qui Pana potest superare fretumque
Qui domat et terras, aera, quique polos.
Non caecum dicam: pungentibus utitur armis,
Et quicumque ferit, num sine luce ferit?
Non findit latum pernicibus aethera pennis;
Sic nunquam a nostro corpore fixus abit.
Non mihi nudus erit: spoliat qui membra deorum
Quique hominum, nunquid veste carebit inops?
Dum loquor id, ridens inquit mihi Caelia, « Amorem
Pingere vis? Vultus aspice! pinge meos. »

(in Erotopaegnion [1512])