Horace : A Diane (Montium custos nemorumque virgo, in Odes, III, 22)

Vierge gardienne des montagnes et des bois,
la femme en couches, qui t’invoque par trois fois
tu sais l’entendre, et la soustraire de la mort,
______déesse au triple corps :

Que le pin surplombant ma demeure soit tien,
je le gratifierai gaiment, à l’an qui vient,
d’un verrat qui déjà des coups bas ourdissant,
______l’emboira de son sang.


Montium custos nemorumque virgo,
quae laborantis utero puellas
ter vocata audis adimisque leto,
____diva triformis,

inminens villae tua pinus esto,
quam per exactos ego laetus annos
verris obliquom meditantis ictum
____sanguine donem.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

D'autres odes d'Horace sur ce blog :

Horace (65-8 av. J.-C.) : La source de Bandusie

Qui est Horace ?

Source de Bandusie, ô ruisseau cristallin,
Appelant doux vins purs et bouquets de fleurettes,
_____On t’offrira demain
_____Le chevreau que promettent

Corne jeune et front dur à l’amour, aux combats.
Vain espoir : l’héritier de la troupe fantasque
_____De sang rouge teindra
_____L’eau froide de ta vasque. 

L’atroce canicule au comble de son cours
Ne saurait te toucher : ta fraîcheur est plaisante 
_____Aux bœufs las des labours
_____Et aux bêtes errantes. 

Au nombre tu seras des sources de renom
Si je chante l’yeuse entée à la crevasse
_____Du roc d’où sourd à bond 
_____Ton flot d’onde jacasse.


O fons Bandusiae splendidior vitro,
dulci digne mero non sine floribus,
___cras donaberis haedo,
___cui frons turgida cornibus

primis et venerem et proelia destinat.
Frustra: nam gelidos inficiet tibi
___rubro sanguine rivos
___lascivi suboles gregis.

Te flagrantis atrox hora Caniculae
nescit tangere, tu frigus amabile
___fessis vomere tauris
___praebes et pecori vago.

Fies nobilium tu quoque fontium
me dicente cavis impositam ilicem
___saxis, unde loquaces
___lymphae desiliunt tuae.

(in Odes, III, 13)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Horace : A Chloé (Vitas inuleo me similis, Chloe, in Odes, I, 23)

Tu m’évites, Chloé, pareille au faon
qui sur les monts sans laies cherche sa mère
_____inquiète – et il craint
_____en vain brise et forêt

– car, au printemps venant : que s’échevèle
la mouvante ramure ou que les verts
_____lézards remuent les ronces,
_____cœur et genoux lui tremblent.

Je ne te veux pas pour, tigre terrible,
lion de Gétulie, te mettre à mal :
_____laisse un peu ta maman,
_____tu es en âge d’homme.


Vitas inuleo me similis, Chloe,
quaerenti pavidam montibus aviis
___matrem non sine vano
___aurarum et silvae metu.

Nam seu mobilibus veris inhorruit
adventus folliis, seu virides rubum
___dimovere lacertae,
___et corde et genibus tremit.

Atqui non ego te, tigris ut aspera
Gaetulusue leo, frangere persequor:
___tandem desine matrem
___tempestiva sequi viro.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

D'autres odes d'Horace sur ce blog :

Horace, Odes, I, 9 (Vides ut alta stet nive candidum)


Vois : sous une neige épaisse a blanchi
le Soracte et déjà les forêts peinent
____à supporter son poids, les fleuves
____sont pris par la rigueur du gel. 

Chasse le froid : dépose dans ton âtre
des bûches à foison, et tire – foin
____de l’avarice ô Thaliarque ! –
____du vin vieux d’un cruchon sabin.

Laisse le reste aux dieux : après qu’ils ont
calmé les vents sur la mer écumeuse
____où ils luttaient, ni les cyprès
____ne bougent plus ni les vieux ornes.

Ne cherche pas ce que sera demain ;
de tous ces jours que le sort te réserve
____tire profit ; ne te refuse,
____garçon, douces amours ni danses

tant que les tristes cheveux blancs sont loin
de ta vigueur. Pour l’heure, Champ de Mars,
____places, doux chuchotis nocturnes
____sont rendez-vous à convoquer,

et les rires charmants qui le trahissent –
d’un tendron qui se cache en un coin sombre,
____et gage qu’on dérobe aux bras
____ou à des doigts peu combattifs.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


Vides ut alta stet niue candidum
Soracte nec iam sustineant onus
__siluae laborantes geluque
__flumina constiterint acuto?

Dissolue frigus ligna super foco
large reponens atque benignius
__deprome quadrimum Sabina,
__o Thaliarche, merum diota.

Permitte diuis cetera, qui simul
strauere uentos aequore feruido
__deproeliantis, nec cupressi
__nec ueteres agitantur orni.

Quid sit futurum cras, fuge quaerere, et
quem fors dierum cumque dabit, lucro
__adpone nec dulcis amores
__sperne, puer, neque tu choreas,

donec uirenti canities abest
morosa. Nunc et Campus et areae
__lenesque sub noctem susurri
__composita repetantur hora,

nunc et latentis proditor intumo
gratus puellae risus ab angulo
__pignusque dereptum lacertis
__aut digito male pertinaci.

D'autres odes d'Horace sur ce site :

Virgile : Énéide, livre X : La Mort de Pallas (474-489) ; Le Simulacre d’Énée (633-642)

Pallas lance une pique avec toutes ses forces
Et du fourreau creux tire une épée qui fulgure.
Elle, vole où se dresse, au plus haut, l’épaulière,
Tombe, fraie son chemin au bord du bouclier
– Même en fin touche un peu le grand corps de Turnus.
Alors Turnus un fer fixé au rouvre, aigu,
Fait longtemps tournoyer, à Pallas jette et dit :
« Vois si le mien, de trait, ne pénètre pas mieux ! »
Se tait. Le bouclier bardé de fer, d’airain,
Que la peau, tant de fois, couvre et ceint, d’un taureau,
L’impact vibrant du pieu au milieu le traverse,
Et la cuirasse obstante, et la large poitrine.
Il tire – en vain – le trait cuisant de la blessure :
Avec, par même voie, sang et vie vont suivant.
S’effondre sur sa plaie, dessus ses armes bruissent,
Terre hostile ! où il croule, et meurt – sa bouche saigne.


Ayant ainsi parlé, sitôt du haut ciel elle*
s’élance et meut l’hiver, nimbée, à travers souffles,
gagne l’armée troyenne et le camp des Laurentes.
Usant du creux nuage : une ombre ténue, grêle,
qui semble Énée – à voir, c’est prodige étonnant –
des traits dardaniens elle orne ; écu, panache
du divin chef imite, et donne des mots vides,
donne une voix sans âme, et copie pas, démarche
– la mort venue : ainsi, dit-on, volent fantômes
ou songes qui se jouent de nos sens endormis.

* : il s’agit de Junon.


At Pallas magnis emittit uiribus hastam
uaginaque caua fulgentem deripit ensem.
Illa uolans umeri surgunt qua tegmina summa
incidit atque uiam clipei molita per oras
tandem etiam magno strinxit de corpore Turni.
Hic Turnus ferro praefixum robur acuto
in Pallanta diu librans iacit atque ita fatur :
« Adspice, num mage sit nostrum penetrabile telum. »
Dixerat ; at clipeum, tot ferri terga, tot aeris,
quem pellis totiens obeat circumdata tauri,
uibranti cuspis medium transuerberat ictu
loricaeque moras et pectus perforat ingens.
Ille rapit calidum frustra de uolnere telum :
una eademque uia sanguis animusque sequuntur.
Corruit in uolnus, sonitum super arma dedere
et terram hostilem moriens petit ore cruento.


Haec ubi dicta dedit, caelo se protinus alto
misit, agens hiemem nimbo succincta per auras,
Iliacamque aciem et Laurentia castra petiuit.
Tum dea nube caua tenuem sine uiribus umbram
in faciem Aeneae, uisu mirabile monstrum,
Dardaniis ornat telis clipeumque iubasque
diuini adsimulat capitis, dat inania uerba,
dat sine mente sonum gressusque effingit euntis,
morte obita qualis fama est uolitare figuras
aut quae sopitos deludunt somnia sensus.


Ces traductions originales, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


D'autres extraits
de Virgile sur ce blog :

Martial / Marcus Valerius Martialis (40 – 104 [?]) : Épigrammes 2

Un conseil : fuis les coups fourrés de Grande Pute,
Ô Gallus, plus léger que conques de Cythère !
Tu comptes sur ton cul ? – L’époux n’est pas culbute,
Et ne fait que deux trucs : il suce, ou se fait mettre.


Tu n’as souvent qu’un sou dans tout ton réticule
Et plus usé, Hyllus, que le trou de ton cul :
En verra la couleur ni boulanger ni queux
Mais qui sera nanti d’une imposante queue.
Ton pauvre ventre voit ton cul faire bombance :
Misère ! il meurt de faim ; l’autre s’emplit la panse.


Hyllus, mon gars, tu fous la femme d’un soldat,
Et de peine ne crains que ce qu’on fait aux gars.
Malheur à toi ! Jouant, seras castré ! – Tu dis :
« C’est pas permis ! » Tes faits, Hyllus, ils sont permis ?


Subdola famosae moneo fuge retia moechae,
levior o conchis, Galle, Cytheriacis.
Confidis natibus? Non est pedico maritus;
quae faciat duo sunt: irrumat aut futuit.


Unus saepe tibi tota denarius arca
cum sit et hic culo tritior, Hylle, tuo,
non tamen hunc pistor, non auferet hunc tibi copo,
sed si quis nimio pene superbus erit.
Infelix venter spectat convivia culi,
et semper miser hic esurit, ille vorat.


Uxorem armati futuis, Puer Hylle, tribuni,
supplicium tantum dum puerile times.
Vae tibi! dum ludis, castrabere. Jam mihi dices
‘Non licet hoc’. Quid? tu quod facis, Hylle, licet?


(in Epigrammatum libri II [47 ; 51 ; 60])


Ces traductions originales, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


D'autres épigrammes 
de Martial sur ce blog :

Hölderlin, Friedrich (1770-1843) : Socrate et Alcibiade

Pourquoi toujours à ce jeune homme, saint Socrate,
……Rends-tu honneur ? Ne connais-tu rien de plus grand ?
…………Pourquoi d’un œil énamouré
………………Le regarder comme les dieux ?

Qui pense au plus profond aime le plus vivant ;
……Fleur de l’âge comprend qui regarde le monde,
…………Et à la fin souvent se penchent
………………Les sages sur ce qui est beau.


Warum huldigest du, heiliger Sokrates,
……Diesem Jünglinge stets? kennest du Größers nicht?
…………Warum siehet mit Liebe,
………………Wie auf Götter, dein Aug´ auf ihn?“

Wer das Tiefste gedacht, liebt das Lebendigste,
……Hohe Jugend versteht, wer in die Welt geblickt,
…………Und es neigen die Weisen
………………Oft am Ende zu Schönem sich.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Andrea Navagero (1483-1529) : Rocco Siffredi n’a qu’à bien se tenir…

Que fuis-tu donc, oui quoi, saloperie ?
Crains-tu le poids de mon artillerie ?
– Ou me crois-tu, plutôt, trop mal monté,
Trop chichement, pour toi, enquéquetté ?
Non, non, la miss, ne prends pas la tangente,
Car cet engin, à tes yeux maigre rente,
Mou, qui pendouille – un grenier à poussière ! –
Tripote-le de la bonne manière :
Il surgira, crête en chef, de son froc,
Et prendra telle ampleur – raide et duroc
Conjointement – que tu ne croiras pas
Que de moi c’est un bout, mais penseras
Que moi, plutôt, je suis un bout de lui.


Quid nam, pessima, quid fugis puella ?
Nostrae pondera num times columnae ?
An credor potius parum paratus
et parum tibi mentulatus esse.
Ne recte fuge, ne puella, ne ne !
Namque hic, qui tibi tantulus videtur
languens, pendulus atque araneosus,
idem, si digitis parum titilles,
cristatum caput exeret cucullo
tamque amplo pariter tumore crescet,
rectus turgidulusque ut esse nostri
jam pars non videatur hic, sed hujus
me possis potius putare partem.

(in Lusus, LXVI, in Carmina quinque illustrium poetarum [1548])


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

D'autres textes d'Andrea
Navagero sur ce blog :
D'autres épigrammes obscènes
d'expression latine
de la Renaissance et de l'Antiquité sur ce blog :

Epigrammes votives extraites de l’Anthologie palatine

L'Anthologie palatine est un recueil 
d'épigrammes grecques de l'Antiquité.
Les titres indiqués pour chacune de celles qui suivent 
correspondent au nom de leur auteur.

APOLLONIDAS

Prélevant du rucher la douceur de saison
Cliton le vieil apiculteur t’a fait, ô Pan,
Large libation d’un miel vierge soustrait
Aux rayons parfumés, don du troupeau volant
Sans borne ni berger. Multiplie à foison
Ses essaims, et emplis de nectar mordoré
Les alvéoles – faits de cire – de ses ruches.


ZONAS ( ?)

Cette grenade dont l’écorce se craquèle
Et ce coing duveteux, cette figue ridée
Avec sa queue, son ombilic, et cette grappe
Enivrante et de pourpre, aux grains innumérables,
Cette noix dégagée de son écale verte :
Ces fruits, le jardinier les consacre à Priape,
Dieu des jardins taillé dans un billot de bois,
En offrande rustique et champêtre à la fois.


MUCIUS

À toi Priape qui protèges cette plage,
Pour une prise au creux de leurs solides rets
De maints thons bondissant dans ce golfe aux eaux glauques,
En marque de reconnaissance, des pêcheurs
Ont fait d’humbles présents : une tasse de hêtre,
Un banc dur de bois blanc, une coupe de verre,
Pour que tu puisses délasser après la danse
Ton corps et rafraîchir tes lèvres assoiffées.


PHILIPPE

Une grenade à l’écorce dorée, des figues
À la peau qui se ride, une grappe aux grains roses,
Une pêche odorante au duvet délicat,
Une noix dépassant de son écale verte,
Un concombre soyeux déposé sur ses feuilles,
Et une olive presque mûre en habit d’or :
Lamon le jardinier, Priape, t’en fait don ;
À ses arbres, à lui, donne santé et force.


PHANIAS

Hermès gardien de ce chemin, nous te donnons
Cette grappe de beau raisin, cette portion
D’un onctueux gâteau que l’on cuisit au four,
Une figue bien mûre, une friande olive,
Des parts de tomme ronde, une mesure d’orge,
Des grenades en masse, un verre de vin doux
– Tous mets qui plairaient même à Cypris, ma déesse ;
Et vous, je vous suggère, amis, de sacrifier
Sur le bord du rivage une chèvre aux pieds blancs.


CRINAGORAS

Les roses autrefois fleurissaient au printemps,
Mais au gros de l’hiver nous ouvrons maintenant
Nos calices de pourpre, en sourire à ce jour
De ton anniversaire et du proche hyménée.
Mieux vaut parer le front de la reine d’amour
Que d’attendre un rayon de soleil printanier.


THÉÉTÈTE

– Enfants, soyez heureux ! Quel pays vous vit naître,
Vous qui êtes si beaux, comment vous nomme-t-on ?
– Moi, je suis Nicanor, mon père est Épiorète
Ma mère est Hégéso ; je viens de Macédoine.
– Et moi, je suis Phila, Nicanor est mon frère.
Ces statues de nous deux furent ici placées
À la suite d’un vœu que firent nos parents.


ANTIPHILE

Je suis un coing bien conservé – dirait-on pas
Comme un fruit de saison ? – dans ma première fleur
Et ma jeune pelure, immaculé, bien lisse
Et duveté comme une joue adolescente,
Noué encore à ma native belle branche,
Rare prérogative en ce temps de froidure !
– Mais c’est qu’en ton honneur, ô Suprême déesse,
L’hiver même acquiesce à pareil fruit d’automne.


APOLLONIDAS

Moi, Ménis le pêcheur, je te fais, Diane, don
D’un mulet cuit au gril et d’un goujon du port.
J’ai pour toi de vin pur rempli jusques au bord
Une coupe, et tranché dans ma miche un quignon
– L’offrande est miséreuse, il est vrai, mais pieuse.
Donne-moi – don pour don ! – des nasses toujours pleines
– Car est-il un filet qui point ne t’appartienne ?


PLATON

Moi la fière Laïs qui affolais la Grèce,
Qui avais à ma porte afflux de prétendus,
Je consacre à Vénus mon miroir : car il laisse
Voir celle que je suis, plus celle que je fus.


Ces traductions originales, dues à Lionel-Édouard Martin, relèvent du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de les diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Jacopo Sannazaro (1458 [?] – 1530) : Tu es trop vieux pour aimer Cassandre / De Cassandra Marchesia

Cesse de décompter les talents de la Belle,
Cesse de remuer des flambeaux bien éteints :
Car à te rappeler cheveux, front, bras et mains,
Toi-même tu construis tes propres tombe et stèle.
Cassandre emplit tes yeux, Cassandre emplit ton cœur,
Cassandre a tous les droits, hélas, sur ton esprit !
– Le caressant Amour nous gangrène sans bruit.
C’est ainsi que l’on œuvre à – même – son malheur.


Desine formosae dotes numerare puellae ;
Desine jam exstinctas sollicitare faces.
Nam dum saepe comas, frontemque, humerosque, manusque
Commemoras ; proprios exstruis ipse rogos.
Dumque oculis Cassandra, animo Cassandra recursat ;
Cassandra heu mentis jus habet omne tuae ;
Blandus Amor tacitis subrepsit in ossa venenis.
Sic sibi vel fatum quilibet esse potest.

(in Epigrammaton liber II, Actii sinceri Sannazarii opera omnia latine scripta nuper edita [1535] p. 69)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.  Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


D'autres poèmes, sur ce blog, 
de Jacopo Sannazaro :