Nicolas Bourbon (1503-1550) : A une jeune fille / Nicolaus Borbonius : Ad puellam

D’où vient ce croît de flamme où s’avivent mes feux,
Belle fille, à l’instant que je mire tes yeux ?
Par ton œil droit, Vénus, rieuse, et par le gauche
Cet effronté d’Amour me dardent leurs épieux.
Pauvre de moi, que faire ? Il suffit d’une torche !
Infortuné, pourquoi devoir en subir deux ?

***

Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

***

Quid fit, ut inflammer magis, ac magis urar in horas,
Contemplans oculos pulchra puella tuos ?
Ex oculo dextro ridens Venus, ex sinistro
In me contorquet tela protervus Amor.
Me miserum, quid agam ? fax plus satis una fuisset,
Infelix, cogor cur ego ferre duas ?

(in Nugae / Bagatelles [1533])

Rose Ausländer (1901-1988) : Harlem

Mélancolique
Lune
Sur les slums

Des blues sanglotent
Dans des bars

Des canyons absorbent
Les étoiles

Rock-and-roll
Nuit-néon
Jusqu’à l’éveil
Du rêve diurne

Laisse luire
Ces tiennes
Dents de neige
Harlem

Quand la somnambule
Lune
Dans la gorge
Tombe

***

Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

***

Melancholischer
Mond
Über Slums

Blues schluchzen
In Bars

Canyons verschlucken
Die Sterne

Rock-and-roll
Neonnacht
Bis der Tagtraum
Erwacht

Lass leuchten
Deine
Schneezähne
Harlem

Wenn der Nachtwandler
Mond
In die Schlucht
Fällt

(in Hügel aus Äther unwiderruflich: Gedichte und Prosa 1966-1975)

Alfred Gong (1920 – 1981) : Manhattan spiritual

Hommes, femmes de Manhattan,
cachets, divan, sont sans secours,
farfouillez plutôt dans la Bible,
là est la voie vers la lumière.

Adam, bats-toi la côte à bleu
avec pomme et feuille de vigne.
Noé, mixte le Martini :
nous en avons assez de l’eau.
Josué, souffle en la trompette,
acier et verre, et rien ne croule.
Jonas, largue le sous-marin
et va manger à La Baleine.

À Manhattan, Babel nouvelle,
toutes langues du monde bruissent,
mais plus éloquent que les langues
ici l’argent se tait et parle.

Jacob, oublie donc ton échelle,
l’ascenseur va plus vite au but :
Rachel a de plus belles jambes –
Léa plus d’argent, de stature.
Caïn, jette ton arme au loin,
lève les mains, sors gentiment.
Petit Moïse à adopter !
– pour l’instant, aux Enfants trouvés.

Sur les radios de Manhattan
des anges chantent à poisseuse
voix de soprane, un ange chu
ronfle dans le métro sous terre.

Marie, bats ton tambour pour des
« Droits de la femme bien carrés ! »
Samson, ajuste ta perruque
et pars tout frais pour le combat.
Joseph, gentil patron de banque,
ne saisis pas notre fourbi.
Salomon, fini le harem,
tente un peu d’être monogame.

Hommes, femmes de Manhattan,
ayez toujours la Bible prête
en cuir, en lin, ou cartonnée,
ou encore en format de poche.

***

Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

***

Männlein und Weiblein Manhattans,
helfen Couch und Pillen euch nicht,
schlagt dann in der Bibel nach,
sie weist euch den Weg ins Licht.

Adam, verbleu deine Rippe
samt Apfel und Feigenblatt.
Noah, mix den Martini:
wir haben das Wasser satt.
Josua, blas die Trompete,
Stahl und Glas, sie stürzen nicht ein.
Jonas, kriech aus dem U-Boot
und kehr « Zum Walfisch » ein.

Im Neubabel Manhattan
Lärmt’s in allen Zungen der Welt,
doch beredter als Zungen
schweigt hier und spricht das Geld.

Jakob, vergiß deine Leiter,
der Aufzug führt rascher zum Ziel:
Rachel hat schönere Beine –
Lea mehr Geld und Profil.
Kain, wirf fort deine Waffe,
Hände hoch und komm brav heraus!
Wer möchte Klein Moses adoptieren?
– z.Z. im Findelhaus.

In den Sendern Manhattans
singen Engel mit Sirup-Sopran,
ein gefallener Engel
schnarcht in der Untergrundbahn.

Miriam, schlag deine Trommel für
„Quadriertes Frauenrecht!“.
Simson, setz die Perücke auf
und zieh frisch ins Gefecht.
Josef, du gütiger Bankboß,
pfänd nicht unseren Kram.
Salomo, gib den Harem auf,
versuch’s mal monogam.

Männlein und Weiblein Manhattans,
habt immer die Bibel parat
in Leder, Leinen, Paperback
oder Westentaschenformat.

(in Israels letzter Psalm, 1995)

Immanuel Weissglas (1920-1979) : IL / ER

Nous levons des tombes en l’air et occupons
Avec femme et enfant l’endroit qu’on nous impose.
Fermes, nos pelletées ; eux autres au crincrin,
On excave une tombe et on part en dansant.

IL veut que plus impudemment sur ces boyaux,
L’archet passe, sévère ainsi qu’est son visage,
Joue tout doux de la mort, c’est un maître allemand,
Qui pareil au brouillard se glisse à travers champs.

Et quand, au soir, s’enfle sanglant le crépuscule,
J’ouvre en quête de sang une bouche opiniâtre,
Creusant pour tous une demeure dans les airs,
Aussi large qu’est le cercueil, aussi bornée
Qu’est l’heure de la mort.

IL joue dans la demeure avec des serpents, tonne,
et rédige des vers. Le soir en Allemagne
Tombe, il a la couleur des cheveux de Margot.
La tombe dans les nuages n’est pas étroite,
Car le trépas vaste était un maître allemand.

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Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. 
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Wir heben Gräber in die Luft und siedeln
Mit Weib und Kind an dem gebotnen Ort.
Wir schaufeln fleißig, und die andern fiedeln,
Man schafft ein Grab und fährt im Tanzen fort.

ER will, daß über diese Därme dreister
Der Bogen strenge wie sein Antlitz streicht:
Spielt sanft vom Tod, er ist ein deutscher Meister,
Der durch die Lande als ein Nebel schleicht.

Und wenn die Dämmrung blutig quillt am Abend,
Öffn’ ich nachzehrend1 den verbissnen Mund,
Ein Haus für alle in die Lüfte grabend:
Breit wie der Sarg, schmal wie die Todesstund.

ER spielt im Haus mit Schlangen, dräut und dichtet,
In Deutschland dämmert es wie Gretchens Haar.
Das Grab in Wolken wird nicht eng gerichtet:
Da weit der Tod ein deutscher Meister war.

[1] Le Nachzehrer est, dans les légendes allemandes, une sorte de vampire qui, sans sortir de sa tombe, se nourrit du sang d’autrui.

Anonyme (IIIe siècle après J. C.) : Prière à la terre / Precatio terrae (vers 1 à 18)

Terre, sainte divinité, de qui procède la nature,
De qui tout naît, qu’en même lieu tu fais renaître
– Car tu pourvois toi seule aux besoins des humains,
Divine maîtresse du ciel, de la mer et de toutes les choses –,
Grâce à qui la nature fait silence et gagne le sommeil,
Toi qui ravives la lumière et qui dissipes les ténèbres :
Tu voiles l’ombre des enfers et le chaos démesuré,
Tu retiens vents, pluies et tempêtes,
Et, à ton gré, disperses et mêles les flots,
Tu chasses le soleil, déchaînes les bourrasques,
Et accrois à plaisir le jour plein d’allégresse.
Par ton soutien constant, la vie trouve ses vivres,
Et quand notre âme se retire, en toi nous nous réfugions :
Car tout ce que donnes te revient.
Dûment t’appelons-nous Grande, ô toi, mère des dieux,
Toi qui, par ta piété vainquis les volontés divines,
Ô toi mère avérée des dieux et des humains,
Sans qui rien ne mûrit et sans qui rien ne naît […]

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Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Dea sancta Tellus, rerum naturae parens,
quae cuncta generas et regeneras indidem,
quod sola praestas gentibus vitalia,
caeli ac maris diva arbitra rerumque omnium,
per quam silet natura et somnos concipit,
itemque lucem reparas et noctem fugas :
tu Ditis umbras tegis et immensum chaos
ventosque et imbres tempestatesque attines
et, cum libet, dimittis et misces freta
fugasque soles et procellas concitas,
itemque, cum vis, hilarem promittis diem.
Tu alimenta vitae tribuis perpetua fide,
et, cum recesserit anima, in tete refugimus :
ita, quicquid tribuis, in te cuncta recidunt.
Merito vocaris Magna tu Mater deum,
pietate quia vicisti divom numina ;
tuque illa vera es gentium et divom parens.
Sine qua nil maturatur nec nasci potest […]

(Auteur inconnu ; sans doute première moitié du IIIe siècle après J.C.)

Giovanni Pontano (Joannis Pontanus) (1429-1503) : Pour Focilla / Ad Focillam

Pourquoi me comptes-tu tes regards polissons,
N’as-tu donc pas pitié de mon âge avancé ?
Aime tous ces blancs-becs, donne-leur tes faveurs,
Mais ne fuis pas le vieillard que je suis, fillette.
Tu peux bien les aimer, tous ceux-ci, tous ces autres,
Mais ne repousse pas, fillette, ton amant.
Plaisirs et voluptés ? Là n’est pas mon désir :
Tes regards polissons, c’est tout ce que je veux,
Ces regards polissons que tu coules sur moi,
Riant en même temps, mais empreints de douleur,
Qui me rendent, vois-tu, ma vigueur de jeune homme.
Crois-tu ? J’oublie que je suis vieux, si par trois fois,
Ma douce Focilla, je te peux embrasser,
Fourrer deux fois ma langue en ta bouche si tendre,
– Si tu pends à mon cou l’enroulé de tes bras.

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Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Lascivos male temperas ocellos,
Nec nostrae miseret tamen senectae ;
Quantumvis juvenes ama, foveque,
Dum ne me fugias senem puella,
Atque hos, atque alios ames licebit,
Dum ne me abjicias puella amantem.
Nolo delicias, libidinesque,
Lascivos oculos volo, precorque.
Lascivos quoties reflectis in me,
Et rides simul, et doles, ocellos,
Inspiras juvenis mihi vigorem.
Quin omnem simul exuo senectam,
Si ter blanda Focilla suaviaris,
Si linguam tenero bis ore sugis,
Si collo quoque complicata pendes.

(in Amores, 1513)


D'autres textes de Pontano sur ce blog :

Maximus Pacificus (vers 1406 – vers 1500) : Au sommeil / Ad somnum

Sommeil, redonne-moi de telles nuits d’amour,
Et des rêves pareils ou des rêves meilleurs.
Le rêve rend heureux, le rêve est un bonheur,
Et vain soit qui dira que les rêves sont vains.
Les miens sont bien réels, non, je n’ai pas rêvé,
Ne dites pas qu’est rien ce qui est sans effet.
Son visage était vrai, l’image point trompeuse,
Mille étreintes données, donnés mille baisers.
Je l’ai tenue sous moi, encor, encor, la fille
Qui s’est à moi donnée, comblant tous mes désirs.
Pourquoi sinon le lit serait-il encor chaud ?
Ma place était ici, elle occupait cette autre.
Tous deux sur la couchette, et y dormant tous deux :
L’empreinte de deux corps y est bien perceptible,
Et ces marques de pied, ce ne sont pas les miennes,
Mais d’un pied fait au tour, plus petit que le mien.
Sa tête était ici ; là, ses mains, droite et gauche.
Et ici l’arrondi de ses genoux tendus.
La goutte d’un récent commerce a teint les draps,
Le matelas, qui était sec, en est taché.
Pourquoi cette fatigue et ces reins… éreintés,
Pourquoi cette langueur dans tous mes autres membres ? […]


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


Somne, precor, repetas nostrum sic saepe cubile
Somnia sic iterum vel meliora refer.
Somnia felicem facere, et somnia laetum,
Vanaque qui dicit somnia, vanus erit.
Vera quidem mea sunt, nec me deceperat error,
Quod caret effectu, dixeris esse nihil.
Vera fuit facies, nec falsa fefellit imago,
Mille dedi amplexus, basia mille dedi.
Saepe ego compressi, rursusque iterumque puellam,
Et mihi quo volui se dedit illa modo.
Unde tepet lectus ? Calet hac quod parte cubile ?
Hic jacui, alterius pars fuit illa tori.
Lectulus hic ambos tenuit, requievimus ambo,
Pressa sub amborum corpore signa manent.
Quae video, non sunt nostrae vestigia plantae,
Est pede caelatus pes minor iste meo.
Hic caput adposuit ; dexta haec manus, illa sinistra,
Hic utroque fuit nixa recurva genu.
Linteaque officii variavit gutta recentis,
Sordida siccato culcita facta loco est.
Quid jaceo fessus ? Latus hoc quid debile rupit ?
Membraque qui lentus caeteta langor habet ? […]

(in Elegiae jocosae et festivae [1489])

Maximus Pacificus (vers 1406 – vers 1500), Il ne faut pas attendre / Non differendum (vers 15 – 28)

Aucun jour ne revient, qui va d’un pas rapide,
Le jour emporte, impétueux, l’heure agréable.
Cela qui fut n’est plus ; ce qui est, passera ;
L’avenir est peu sûr : savoure ce qui est.
Le champ fécond n’a pas toujours de lourds épis,
Ni la vigne toujours de pondéreuses grappes.
Occasions perdues, vous êtes ma douleur,
Atermoiements, lenteur, vous êtes mes supplices.
Je n’ai, ballot, pas su profiter de ma vie,
Quand filles et garçons à moi s’offraient d’eux-mêmes.
Baisers tendus que je n’ai su cueillir, refusant,
Insensé, de saisir les fruits de mes dessertes !
J’en souffre ; s’il n’est pas trop tard, réparerons ce
Gâchis, jouissons de nos délaissements anciens.

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Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Non redit ulla dies, pedibus volat illa citatis,
Et celeri facilis labitur hora die.
Quod fuit, hoc non est ; quod adest, non erit unquam ;
Quodque erit, ambiguum est, utere quidquid adest.
Non gravidas semper laetus fert campus aristas,
Nec pingues uvas vinea semper habet.
Multa miser potui, quae non fecisse dolori est,
Torqueor in lenta me tenuisse mora.
Tempora non novi stultus mea ; sponte favebat
Quisque puer votis, quaeque puella meis.
Oscula non sumpsi totiens porrecta, negabam
De mensis vecors sumere poma meis.
Paenitet, et si non serum est reparabimus omne
Tempus, et amissum quod fuit ante, fruar.

(in Elegiae jocosae et festivae [1489])

Pétrone (27-66) : Il est un lieu où bée un gouffre très profond / Est locus excuso penitus demersus hiatu

Il est un lieu où bée un gouffre très profond
En plaine, entre Naples et la grande Pouzzoles,
Gorgé d’eau des enfers : un souffle en sort, furie
Qui dissémine une funeste aridité.
À l’automne le sol n’y verdit point, les prés
Dépouillés de gazon n’y nourrissent point d’herbe,
Ni ne bruissent de chants au printemps, point d’arbuste
Flexible qui babille à gazouillis discords :
Mais chaos et rochers barbés de ponce noire
S’égaient, massés autour, du funèbre cyprès.


Est locus excuso penitus demersus hiatu,
Parthenopen inter magnaeque Dicarchidos arva,
Cocyta perfusus aqua ; nam spiritus extra
Qui furit, effusus funesto spargitur aestu.
Non haec automno tellus viret, aut alit herbas
Cespite laetus ager ; non verno persona cantu,
Mollia discordi strepitu virgulta loquuntur :
Sed chaos, et nigro squalentia pumice saxa
Gaudent ferali circum tumultata cupressu.

(in De mutatione reipublicae romanae, vers 66 – 75)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Pétrone ailleurs sur ce blog :

 

Catulle : XXVII, à son échanson / XXVII. Ad pincernam suum

De ce vieux cru fameux, verse-moi,
Échanson, de plus amers hanaps :
De dame Postumie, c’est la loi,
– Plus ivre que n’est ivre la grappe.

Vous, les eaux, décampez, exécrées
Du vin, détalez chez Pisse-froid :
Ici, l’on boit pur le jus sacré.

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Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. 
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

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Minister vetuli puer Falerni
inger mi calices amariores,
ut lex Postumiae jubet magistrae
ebriosa acina ebriosioris.

At vos quo lubet hinc abite, lymphae
vini pernicies, et ad severos
migrate. Hic merus est Thyonianus.