Index des auteurs traduits

A

Aedituus, Valerius  (fin IIe siècle  – début Ier sicèle av. J. C.)

Aitzema, Foppe van / Foppius Scheltonius Azema (1580-1637)

Amalteo, Cornelio (1530-1603) / Amaltheus, Cornelius

Amalteo, Giovanni Baptista (1525-1573) / Amaltheus, Johannes Baptista

Amalteo, Girolamo (1507 – 1574) / Amaltheus, Hieronymus

Angeriano, Girolamo  / Angerianus, Hieronymus  (1470-1535)

Anonyme

Anthologie palatine

Apulée (125 ? – 170 ? ap. J.-C.)

Ariosto, Ludovico (1474 – 1533)

Armitage, Simon (né en 1963)

Ausländer, Rose  (1901-1988)

Ausone (309 – 394) / Ausonius, Decimus Magnus

B

Balbi, Girolamo (1450 – 1535)

Barth, Kaspar von / Caspar Barthius (1587 – 1658) 

Beccadelli, Antonio dit Panormita  (1394 -1471)

Berni, Francesco (1498 – 1535)

Bini, Giovanni Francesco (1484 – 1556)

Blake, William (1757-1827)

Bologni, Gerolame (1454 – 1517)

Bonnefons, Jean  (1554-1614)

Bourbon, Nicolas (1503-1550) / Borbonius, Nicolaus

C

Campano, Giannantonio  (1429-1477)

Campion, Thomas (1567 – 1620)

Catulle (87 av. JC-54 av. JC)

Conrad Celtis (1459 – 1508)

Cernuda, Luis (1902-1963)

Cortázar, Julio (1914-1984)

Crane, Hart (1899-1932)

Crashaw, Richard  (1613 [?] – 1649)

D

Dazzi, Andrea  (1475-1548) / Dactius, Andreas

Ducchi, Cesare (XVIè siècle, Italie) / Ducchus, Caesar

Dunn, Douglas (né en 1942)

E

F

Favoriti, Agostino (1624-1682) / Favoritus,  Augustinus 

Flaminio, Marcantonio (1498 – 1550)

Florus, Publius Annius  ( 70 ?  – 140 ?)

Folengo, Teofilo, dit aussi Merlinus Coquus (1491-1544)

Forster, Andrew (né en 1964)

Fracastoro, Girolamo (1478-1553)

G

Gallus, Cornelius  (69-26 av. JC)

Gaona, Angye (née en 1980)

García Lorca, Federico (1898-1936)

Giraldi, Giovanni Battista (1504-1573)

Goethe, Johann Wolfgang von (1749-1832)

Gong, Alfred (1920 – 1981)

H

Hesse, Hermann (1877-1962)

Hölderlin, Friedrich (1770-1843)

Horace (65 av. JC-8 av. JC)

I

Imrou ‘l Qais (500 ?-540)

J

K

Kühn, Johannes (né en 1934)

L

Larkin, Philip (1922-1985)

Lowry, Malcolm (1909-1957)

Lucain, Marcus Annaeus Lucanus (39-65)

Lucrèce (98 ? – 55 ? av. J.C.) / Titus Lucretius Carus

M

Manilius, Marcus (?) (vers 10 av. J. C. – ?)

Martial (40-104)

Marullo, Michele / Marullus, Michael / Marulle, Michel (1453 – 1500)

Maximien l’Étrusque (VIe siècle ?) / Maximianus Etruscus

Mistral, Gabriela (1889-1957)

Molza, Francesco Maria (1489 – 1544)

N

Navagero, Andrea (Andreas Naugerius)  (1483 – 1529)

Novalis (1772-1801)

O

Ovide (43 av. J.-C – 17 ou 18 ap. J.-C) / Publius Ovidius Naso

Owen, John  (1564-1622) / Audoenus, Johannes

P

Pacificus, Maximus  (vers 1406 – vers 1500)

Paseyro, Ricardo (1925-2009)

Perse (34-62)

Pétrarque, François (1304 – 1374)

Pétrone (27 – 66)

Piccolomini, Enea Silvio (1405-1464)

Poliziano, Angelo (1454 – 1494) 

Pontano, Giovanni (Joannis Pontanus) (1429-1503)

Porcius Licinus (Ier siècle avant J.-C. [?])

Q

R

Raine, Kathleen (1908 – 2003)

Rilke, Rainer Maria (1875-1921)

S

Sachs, Nelly (1891-1970)

Saint Augustin (354-430)

Sannazaro, Jacopo (1458-1530) / Sannazarius, Jacobus

Scannell, Vernon (1922 – 2007)

Second, Jean (Johannes Secundus) (1511 – 1536)

Sénèque (4-65)

Shakespeare, William (1564-1616)

Sporeni, Giuseppe (1490 – 1562)

Strozzi, Tito Vespasiano  (1425 – 1505)

Sulpicia (1er siècle avant JC) :

T

Taglietti, Giovanni Antonio (Italie, XVIe siècle)

Tennyson, Alfred (1809-1892)

Thomas, Dylan (1914 – 1953)

Toscano, Giovanni Matteo  (ca. 1500-1580) :

Trakl, Georg (1887 – 1914) :

U

V

Virgile (Publius Vergilius Maro) (70-19 av. J.C.)

W

Walser, Robert (1878-1956)

Weissglas, Immanuel  (1920-1979)

X

Y

Z

Zbigniew, Herbert (1924-1998)

Dylan Thomas (1914-1953) : Dira-t-on que les dieux rouent de coups les nuages / Shall gods be said to thump the clouds

Dira-t-on que les dieux rouent de coups les nuages
Quand les nuages sont maudits par le tonnerre,
Les dira-t-on pleurer quand l’ouragan fait rage ?
Les arcs-en-ciel teinteront-ils leurs vêtements ?

Lorsque tombe la pluie, où se trouvent les dieux ?
Quelqu’un dira-t-il donc qu’ils font rejaillir l’eau
De cuves de jardin, qu’ils libèrent les crues ?

Quelqu’un dira-t-il donc qu’à l’instar de Vénus
Les trayons d’un vieux dieu sont pressés et crevés,
Que la nuit moite me rabroue comme une nurse ?

Autant dire plutôt que les dieux sont des pierres.
Sous la pierre lancée, le sol résonne-t-il,
Tinte-t-il, le semis de gravier ? Parlez, pierres
Avec des langues s’exprimant en toutes langues.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


Shall gods be said to thump the clouds
When clouds are cursed by thunder,
Be said to weep when weather howls?
Shall rainbows be their tunics’ colour?

When it is rain where are the gods?
Shall it be said they sprinkle water
From garden cans, or free the floods?

Shall it be said that, venuswise,
An old god’s dugs are pressed and pricked,
The wet night scolds me like a nurse?

It shall be said that gods are stone.
Shall a dropped stone drum on the ground,
Flung gravel chime? Let the stones speak
With tongues that talk all tongues.

(in Collected Poems. New York, N.Y.: New Directions, 1957)

D'autres poèmes de Dylan Thomas sur ce blog : 

Sénèque : Thyeste (tragédie), vers 903 – 1009

Thyeste (Sénèque) — Wikipédia


(Par vengeance, Atrée, roi d’Argos, a tué les enfants de son frère Thyeste, et les lui a fait manger à son insu lors d’un banquet donné en son honneur ; la coupe que Thyeste s’apprête à porter à ses lèvres contient du vin mêlé au sang de ses enfants)

Thyeste :
Mais que se passe-t-il ? Mes mains, mes mains refusent

D’obéir, le poids croît, m’alourdissant la paume,
Approchée de mes lèvres la coupe s’enfuit,
Près de ma bouche coule et me frustre la gorge !
Et la table, la table se met à trembler !
Le flambeau brille à peine ; et le ciel lourd lui-même
Sans lumière est frappé de stupeur : jour ou nuit ?
Quoi ? Proie d’une spirale de terreur, la voûte
Céleste oscille, l’ombre épaissie devient denses
Ténèbres et la nuit se cache dans la nuit :
Tous les astres ont fui. – Qui que tu sois, épargne
Mon frère et mes enfants, détourne ton orage
Sur ma personne impie !
(s’adressant à Atrée)
                                                  Ah, rends-moi mes enfants !

Atrée :
Tu les auras, à tout jamais tu les auras !

Thyeste :
Quel est ce trouble qui m’agite les entrailles ?

Que sens-je trembler dans mon ventre ? Un poids m’écrase,
Ma poitrine gémit de gémissements tiers.
Venez, ô mes enfants, votre malheureux père
Vous appelle, venez, apaisez sa douleur !
Mais d’où me parlent-ils ?

Atrée, apportant les restes des enfants de Thyeste :
                                                      Ouvre tes bras de père :

Les voici. Tes enfants, les reconnais-tu bien ?

Thyeste :
Je reconnais mon frère ! Ô Terre, peux-tu donc

Porter forfait si monstrueux sans le plonger
Aux enfers avec nous, et par la faille immense
Jeter dans le chaos ce royaume et son roi ?


(Thyestes) Capio fraternae dapis
donum. Paternis vina libentur deis,
tunc hauriantur. Sed quid hoc? Nolunt manus
parere, crescit pondus et dextram grauat;
admotus ipsis Bacchus a labris fugit
circaque rictus ore decepto fluit,
et ipsa trepido mensa subsilvit solo
vix lucet ignis; ipse quin aether gravis
inter diem noctemque desertus stupet.
Quid hoc? Magis magisque concussi labant
convexa caeli; spissior densis coit
caligo tenebris noxque se in noctem abdidit:
fugit omne sidus. Quidquid est, fratri precor
natisque parcat, omnis in vile hoc caput
abeat procella. Redde iam natos mihi!

(Atreus) Reddam, et tibi illos nullus eripiet dies.

(Thyestes) Quis hic tumultus viscera exagitat mea?
Quid tremuit intus? Sentio impatiens onus
meumque gemitu non meo pectus gemit.
Adeste, nati, genitor infelix vocat,
adeste. Visis fugiet hic vobis dolor.
Unde obloquuntur?

(Atreus) Expedi amplexus, pater;
venere. Natos ecquid agnoscis tuos?

(Thyestes) Agnosco fratrem. Sustines tantum nefas
gestare, Tellus? Non ad infernam Styga
te nosque mergis rupta et ingenti via
ad chaos inane regna cum rege abripis?


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Novalis : Hymne III à la nuit / Hymnen an die Nacht III

NB : Cette traduction se veut respectueuse de la syntaxe et de la ponctuation, très émotionnelles, de Novalis, et des répétitions qui trament le texte en réseaux sémantiques. D’autres, excellentes mais plus interprétatives, dues entre autres à Armel Guerne et à Gustave Roud, sont à lire ici.

Un jour que je versais des larmes amères, qu’en douleur résolue mon espérance allait s’épuisant, et je me tenais près de la colline aride où, dans un étroit, obscur espace, s’abritait la forme de ma vie – seul comme jamais on ne fut seul, agité d’une indicible angoisse – privé de force, juste une pensée de détresse. – Comme, du regard, à l’entour je cherchais quelque aide, ne pouvant avancer ni reculer, et m’en tenant, dans un interminable désespoir, à cette vie fugitive, éteinte – vint alors des lointains bleus – des hauteurs de mon ancienne béatitude un frisson crépusculaire – et d’un coup se déchira le lien natal, l’entrave de la lumière. Avec, s’enfuirent la splendeur terrestre et mon affliction – avec, la mélancolie prit l’aval vers un nouvel, un insondable monde – toi, l’enthousiasme nocturne, demi-sommeil céleste, tu vins à mon surplomb – les parages doucement se soulevèrent, au-dessus des parages planait mon esprit nouveau-né, désentravé. Nuée de poussière se fit la colline – à travers la nuée, je vis, sublimés, les traits de la Bien Aimée. Dans ses yeux reposait l’éternité – j’étreignis ses mains, et les larmes se firent lumineux, indéchirable lien. Les siècles reculèrent au loin, tels des orages. À la vie nouvelle, je pleurais contre son sein des larmes d’extase. – Ce fut le premier, le seul rêve –  et depuis je crois, d’une croyance éternelle, indéfectible, au ciel nocturne et à sa lumière, la Bien Aimée.


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.


Einst da ich bittre Thränen vergoß, da in Schmerz aufgelöst meine Hoffnung zerrann, und ich einsam stand am dürren Hügel, der in engen, dunkeln Raum die Gestalt meines Lebens barg – einsam, wie noch kein Einsamer war, von unsäglicher Angst getrieben – kraftlos, nur ein Gedanken des Elends noch. – Wie ich da nach Hülfe umherschaute, vorwärts nicht konnte und rückwärts nicht, und am fliehenden, verlöschten Leben mit unendlicher Sehnsucht hing: – da kam aus blauen Fernen – von den Höhen meiner alten Seligkeit ein Dämmerungsschauer – und mit einemmale riß das Band der Geburt – des Lichtes Fessel. Hin floh die irdische Herrlichkeit und meine Trauer mit ihr – zusammen floß die Wehmuth in eine neue, unergründliche Welt – du Nachtbegeisterung, Schlummer des Himmels kamst über mich – die Gegend hob sich sacht empor; über der Gegend schwebte mein entbundner, neugeborner Geist. Zur Staubwolke wurde der Hügel – durch die Wolke sah ich die verklärten Züge der Geliebten. In ihren Augen ruhte die Ewigkeit – ich faßte ihre Hände, und die Thränen wurden ein funkelndes, unzerreißliches Band. Jahrtausende zogen abwärts in die Ferne, wie Ungewitter. An Ihrem Halse weint ich dem neuen Leben entzückende Thränen. – Es war der erste, einzige Traum – und erst seitdem fühl ich ewigen, unwandelbaren Glauben an den Himmel der Nacht und sein Licht, die Geliebte.

Catulle, VII : le nombre des baisers / Quaeris quot mihi basiationes

Combien, demandes-tu, Lesbie, de tes baisers
Me faudrait-il pour m’assouvir et me combler ?
Compte les grains de sable où pousse la férule
En Libye, à Cyrène, entre le temple où brûle
Jupiter et la tombe antique de Battos ;
Ou les astres nombreux, quand se tait le cosmos,
Qui scrutent les amours furtives des mortels :
C’est autant de baisers qu’il faut, à un fou tel
Que moi, donner pour l’assouvir et le combler.
Leur nombre ? Cachons-le, de peur qu’un indiscret
Ou quelque médisant n’aille nous envoûter.

***

Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

***

Quaeris, quot mihi basiationes
tuae, Lesbia, sint satis superque.
Quam magnus numerus Libyssae harenae
lasarpiciferis iacet Cyrenis
oraclum Iovis inter aestuosi
et Batti veteris sacrum sepulcrum;
aut quam sidera multa, cum tacet nox,
furtivos hominum vident amores:
tam te basia multa basiare
vesano satis et super Catullo est,
quae nec pernumerare curiosi
possint nec mala fascinare lingua.

Catulle, XVI : contre Aurelius et Furius / ad Aurelium et Furium

Je vous enculerai, vous sucerez ma queue,
Tarlouze d’Aurélius, et toi, Furius, pédé :
Vous avez lu mes vers, assez pour vous fonder
À me croire impudique : ils sont licencieux.
Un poète bien sûr doit être chaste et pieux,
Mais pourquoi faudrait-il que le soient ses poèmes ?
Eux sont plus amusants – et plus jolis, quand même ! –
S’ils défient la pudeur et sont licencieux,
Et s’ils ont le pouvoir d’exciter de picots
Certes pas le blanc bec, mais l’adulte poilu
Ankylosé de reins qui le tiennent perclus !
Vous deux, pour avoir lu mon « milliers de bécots »*,
Vous me jugez à peine mâle ou juste un peu ?
– Je vous enculerai, vous sucerez ma queue.

* : allusion à un célèbre poème de Catulle.

***

Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

***

Pedicabo ego vos et irrumabo,
Aureli pathice et cinaede Furi,
qui me ex versiculis meis putastis,
quod sunt molliculi, parum pudicum.
Nam castum esse decet pium poetam
ipsum, versiculos nihil necesse est;
qui tum denique habent salem ac leporem,
si sunt molliculi ac parum pudici,
et quod pruriat incitare possunt,
non dico pueris, sed his pilosis
qui duros nequeunt mouere lumbos.
Vos, quod milia multa basiorum
legistis, male me marem putatis?
pedicabo ego uos et irrumabo.

Catulle, XXXIII : contre les Vibennius, père et fils

Prince des rapineurs en bains-douches, tonton
Vibennius et toi, son pédé de fiston
(Car si la main du père est culottée de crasse,
Le fils a quant à lui le cul plutôt vorace) :
Mais fichez donc le camp sous de tristes tropiques !
Dès lors que les larcins du père sont connus
De chacun, et du fils le popotin velu,
Pour en tirer des sous, désormais, c’est bernique !

***
Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

***

O furum optime balneariorum
Vibenni pater et cinaede fili
(nam dextra pater inquinatiore,
culo filius est voraciore),
cur non exilium malasque in oras
itis? quandoquidem patris rapinae
notae sunt populo, et natis pilosas,
fili, non potes asse venditare.

Perse (34-62 ap. JC) : la lecture publique (Satires, I, 12-21)

Que faire ? J’ai la rate explosée de fous rires :
Prose ou vers, on se claquemure pour écrire
Ce toc où s’asphyxient les plus amples poumons.
Face au public, coiffé, portant nouveau veston
Et chevalière blanche ainsi qu’aux jours de fête,
On lit, juché bien haut, déliée la luette
D’un coup de gargarisme, et l’œil comme en orgasme.
Et là, sans retenue, la voix pleine de spasmes,
L’élite a le frisson si quelque vers s’arrime
À sa croupe fouillée du va-et-vient des rimes.

***

Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

***

Quid faciam? sed sum petulanti splene cachinno.
Scribimus inclusi, numeros ille, hic pede liber,
Grande aliquid, quod pulmo anime prælargus anhelet.
Scilicet hæc populo, pexusque, togaque recenti,
Et natalitia tandem cum sardonyche albus,
Sede leges celsa, liquido quum plasmate guttur
Mobile collueris, patranti fractus ocello.
Hic neque more probo videas, neque voce serena,
Ingentes trepidare Titos, quum carmina lumbum
Intrant, et tremulo scalpuntur ubi intima versu.

Malcolm Lowry (1909-1957) : Pas de route calme / No still path

Hélas, aucune route calme dans mon âme,
– Je suis mauvais –, aucune dans mes souvenirs ;
Aucune que ne tienne ou la goule ou le diable,
Où mes amours touchent des ailes et soupirent,
L’empruntant pour entrer en silence où le rêve
A sa place embrasée de fruits d’or, de clarté
Qui nimbe le visage irradié sans trêve
De l’amour – l’amour-même – et troue l’obscurité.

Il n’y a pas de route, aucune route, non
Sauf celle peut-être où va l’abstraction,
Où monte le précepte, où la métaphysique
S’écroule, où, délaissés, les principes claudiquent.
Aucune route, non, mais comme un fleuve en crue
Où se noyant, traînées, des formes gesticulent.


Alas, there is no still path in my soul,
I being evil, none of memory;
No path, untenanted by fiend or ghoul,
Where those I have loved best touch wings and sigh,
And passing enter silently the place
Of dream, illumined by bright fruit, and light,
That circles from the always brightest face
Of love itself, and dissipates the night.

There is no path, there is no path at all,
Unless perhaps where abstract things have gone
And precepts rise and metaphysics fall,
And principles abandoned stumble on.
No path, but as it were a river in spate
Where drowning forms, downswept, gesticulate.

(in Selected Poems of Malcolm Lowry, City Lights Books, San Francisco, 1962)


Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle. Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

Nelly Sachs (1891-1970) : Dos tourné je t’attends / Abgewandt warte ich auf dich

Dos tourné
je t’attends
bien loin des vivants tu séjournes
ou près d’eux.

Dos tourné
je t’attends
car point n’ont les libérés
par le nœud de mélancolie
à se voir retenus
ni couronnés
de la couronne en poussière d’étoile –

l’amour est une plante de sable
qui dans le feu sert
et n’est pas dévorée –

Dos tourné
je t’attends –

***

Cette traduction originale, due à Lionel-Édouard Martin, relève du droit de la propriété intellectuelle.
Il est permis de la diffuser, à la condition expresse que le nom du traducteur soit clairement indiqué.

***

Abgewandt
warte ich auf dich
weit fort von den Lebenden weilst du
oder nahe.

Abgewandt
warte ich auf dich
denn nicht dürfen Freigelassene
mit Schlingen der Sehnsucht
eingefangen werden
noch gekrönt
mit der Krone aus Planetenstaub –

die Liebe ist eine Sandpflanze
die im Feuer dient
und nicht verzehrt wird –

Abgewandt
wartet sie auf dich –

(in Flucht und Verwandlung, 1958)